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Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Elle s'appelait Sarah

Publié par Choupynette de Restin sur 8 Septembre 2010, 22:29pm

Catégories : #Ma bibliothèque

 

Lorsque la police française fait irruption dans leur appartement en pleine nuit, Sarah enferme son petit frère dans un placard et emporte la clé, persuadée qu’elle reviendra le libérer très vite. Mais elle fait partie des milliers de juifs arrêtés lors de la rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942.

http://www.livredepoche.com/photos-couvertures/LgfLivreDePoche/2008/9782253122081-G.jpgSoixante ans plus tard, Julia Jarmond, journaliste d'investigation, retrouve sa trace. Dès lors, le visage de la petite fille ne la quitte plus. Contre l'avis de son mari – dont la famille cache un terrible secret –, elle veut à tout prix savoir ce qu’il lui est arrivé. La petite Sarah a-t-elle survécu ? Vit-elle peut-être encore ?

Alors, voilà, je vous préviens tout de suite, ce billet contient des traces de spoilers (et pas que des traces) et de jurons (pardon, maman). Et je sais déjà que je risque de m’attirer des coms sanglants.

Bref, lançons-nous. Entre ce roman et moi, tout à mal commencé. La faute à une accumulation de clichés en veux-tu, en voilà pendant les premiers chapitres : la gentille Julia, Américaine, blonde, élancée, sportive, mariée à « l’archétype » du Français – et là, ce sont mes mots, ce que j’ai ressenti à la description qu’on (Julia) en fait dans le roman- un gros connard égoïste et m’as-tu-vu, victime, of course, de la crise de la cinquantaine et qui trompe sa femme avec Amélie, la femme parisienne ultime (parfum capiteux, appart ultra moderne etc) mais qui est un sacré bon coup (eh oui, messieurs, sachez-le, un bon coup, ça rattrape pas mal de choses) ; la belle famille bourgeoise coincée, avec les belles-sœurs qui fument et bronzent seins nus autour de la piscine, les amis gays et forcément… fashion victims, etc, etc, etc. Tout ça, évidemment, avec un profil psychologique de l’épaisseur de papier à cigarette.

Mais quand même, malgré ces personnages, j’ai lu le livre presque d’une traite car l’écriture de T. de Rosnay est agréable. Surprenant, non ? Moi aussi, cela m’a étonnée.

Revenons à l’histoire. Qui fait un aller-retour quasi incessant jusqu’à plus de moitié du roman, et nous raconte donc l’histoire de Sarah, depuis le petit matin fatidique du 16 juillet 1942, jusqu’à son retour à l’appartement familial de Paris pour trouver le cadavre de son petit frère. Evidemment, vous vous doutez bien que les deux histoires sont liées. Et même sans avoir lu la 4ème de couverture (comme moi, si, si, je vous assure), dès le second chapitre, on sait exactement le lien entre les deux histoires ; Donc pour le suspense, on repassera. Pour la leçon d’histoire aussi. Enfin, en ce qui me concerne. Car j’ai étudié au lycée la rafle, je savais tout ce que le roman raconte de cette période.

Par moments, on trouve des pages émouvantes, intéressantes, surtout quelques passages vers la fin, quand la belle-famille est divisée entre ceux qui veulent que le passé reste dans le passé, et ceux qui soutiennent au contraire Julia dans sa démarche. Et c’est probablement très représentatif de la société française, passée et présente. Mais revenons à Julia, et sa démarche justement. Happée apparemment par le destin de Sarah, elle n’a cesse de retrouver cette petite fille devenue femme, multipliant les voyages : Etats-Unis, Italie, où elle finit par trouver William, le seul fils de Sarah… Julia m’a semblé presque égoïste dans sa manière de faire, dans sa poursuite de la vérité. Elle balance tout à William, alors que celui-ci ne savait rien de l’histoire de sa mère. Elle arrive tel le vengeur masqué ; pour faire la lumière sur la vie de cette femme sans se demander une seconde ce que ses actions peuvent avoir comme conséquence sur les autres.

« Je désirais plus que tout montrer à cet homme à quel point tout cela comptait pour moi, à quel point ce qui était arrivé à sa mère avait changé ma vie ». « Je m’aperçus que j’aurais voulu le voir s’effondrer […] Pourquoi ? Sans doute parce que j’avais moi-même besoin de me libérer, de pleurer pour évacuer la douleur […] » p368.

« J’ai besoin de savoir si ce que j’ai fait l’a aidé. Est-ce trop demander ? » (p388)

Et tout nous ramène à elle, Julia. Et c’est d’autant plus prégnant, dans mon ressenti du moins, que le récit est à la première personne…Julia nous raconte sa vie, sa quête, ses soucis quotidiens avec son vilain mari français, avec ses blagues lourdingues sur les Américains, qui lui demande en plus d’avorter parce qu’il ne se voit pas être de nouveau père à 50 ans. Et quant elle appelle cet enfant, Sarah...pfiouuu

Au final, malgré le style très agréable de l’auteure (la preuve, j’ai fini le roman) et si  la lecture ne fut pas déplaisante, je trouve deux gros défauts à l’œuvre: les personnages, et l’Histoire : les deux sont peu/mal exploités. Et c’est fort dommage, d’une part car c’est un sujet terrible, qui est trop longtemps resté dans le silence et les ombres du passé, et d’autre part parce qu’un roman, c’est d’abord, à mon sens, des personnages intéressants et une intrigue bien ficelée.  

 

Enfin, si Elle s’appelait… a permis cependant à des lecteurs d’apprendre ce qu’il s’est passé ce 16 juillet 1942, ce sera déjà bien.

 

Caro[line], Cuné,  ont beaucoup aimé  et tellement d'autres, avec toujours des critiques unanimes et ultra élogieuses, que je me suis dit que je devais soit avoir lu un autre livre, soit que j'avais un coeur de pierre, mais sur le Biblioblog, certains avis rejoignent le mien: ouf, je ne suis pas un monstre à sang froid ;)

 

Commenter cet article

elia 23/04/2011 15:33



Est-ce parce qu'un personnage est irritant que le roman est mauvais ? Est-ce parce qu'un personnage ressemble à une accumulation de clichés (j'en connais des vrais) que le roman est mal écrit ?
Je suis dubitative.


 



Choupynette de Restin 23/04/2011 19:49



tous les personnages de la partie contemporaine sont des clichés... alors oui, ce livre est vraiment mauvais. De plus, les actions de ces mêmes personnages sont d'une prévisibilité affligeante.



clara 20/09/2010 20:55



J'avais prévu de lire cette auteure avec ce titre . Mais comme le film sort bientôt au ciné, je vais opter pour un autre titre...


Le film puis le livre, c'est  jamais top !



Choupynette de Restin 21/09/2010 22:33



Oh tu sais, des fois c'est pas mal... mais, je reconnais que la lecture est "parasitée" par les images du film.



Liyah 18/09/2010 12:35



Il est dans ma PAL depuis un moment, mais je ne l'ai toujours pas lu !



Choupynette de Restin 19/09/2010 18:25



Bonne lecture...:)



l'or des chambres 17/09/2010 14:55



Pour le côté romancé je pensais surtout au côté tournure romanesque... Ce que je veux dire c'est que j'aurais préféré lire un livre un peu plus intellectuel...



Choupynette de Restin 17/09/2010 19:44



ah, d'accord. Peut-être. Moi le romanesque ne me dérange pas, quelle que soit la gravité du sujet. Du moment que c'est bien fait. C'est un peu comme l'humour: tu peux rire de tout (ou presque),
mais avec talent, et goût...



l'or des chambres 14/09/2010 11:06



Je ne me rappelle pas avoir trouvé Julia détestable à ce point, juste peut-être beaucoup trop "enfant gâté" POur ma part j'avais aimé ce roman, il m'avait vraiment bousculé et un
certain passage m'avait bouleversé, celui où les enfants en bas âge se retrouvent seuls, leurs mères étant séparés d'eux... Une scène terrible, une scène haïssable... Mais (et bien oui, il y a un
"mais") je me suis faite cette remarque lorsque j'ai fermé la dernière pages, une histoire aussi terrible méritait une écriture, un mode, beaucoup moins romanesque. C'est ce qui m'a choqué moi...
Et aussi le fait que l'auteur faisait passer les américains pour des petits innocents alors que tout le monde sait que l'amérique a fermé les yeux bien longtemps... Je suis tout à fait d'accord
avec ta conclusion, ce livre a été utile pour rappeler au monde ce jour monstrueux...



Choupynette de Restin 16/09/2010 17:48



je suis d'accord avec toi, il y a un traitement noir/blanc qui me déplaît: les Français sont presque tous des salauds, les Américains des gens formidables.


Pour le côté romancé, cela ne m'a pas tant gênée que l'absence d'épaisseur des personnages, les clichés à répétion et tout le reste. Après, comme je l'ai dit, si cela a permis à certains d'en
savoir plus sur cette page de notre Histoire, tant mieux. Mais que de là à en faire un chef d'oeuvre... non.



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