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Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Une femme à Berlin

Publié par Choupynette de Restin sur 18 Septembre 2007, 10:59am

Catégories : #Ma bibliothèque

Voilà un témoignage qui fait froid dans le dos.  L'auteur qui a souhaité toute sa vie rester anonyme (et qui a même refusé que son livre soit republié de son vivant)  nous décrit sa vie, celle d'une jeune femme de trente ans, dans un Berlin en proie à la famine, la guerre, l'arrivée des troupes russes victorieuses et peut portées sur la décence..

L'auteur, dans un journal rédigé  chaque jour ou presque sur des cahiers d'écoliers trouvés ou des bouts de papiers, décrit le quotidien d'une vie qui n'a plus qu'une seule obsession: survivre, malgré tout.  Cette femme éduquée, probablement journaliste, qui a voyagé dans de très nombreux pays d'Europe, y compris la Russie,  raconte de manière très clinique, désabusée, froide, ses deux mois entre avril et juin 1945. Une vie qui se résume à une grande question: quand aura-t-on à manger? et Quoi? mais surtout... comment obtiendra-t-on cette nourriture?

Cette lecture fut  très instructive. Car le récit journalistique, si l'on peut dire, de ce quotidien de guerre  se déroule comme un documentaire. Duquel on peut parfois se détacher. Mais cela devient très dur lorsque nous est conté avec un détachement terrifiant les viols à répétition. Le "don" du corps pour une bouchée de pain.  Pour la protection d'un gradé qui vous protègera des autres soldats comme sa chasse gardée. 

La froideur du récit, parsemé de moments tragicomiques est symptômatique de la situation. Voilà le quotidien d'une femme qui pour survivre a dû tout simplement geler tout sentiment, toute émotion, de peur de sombrer.  Une femme qui a abandonné son corps à ces hommes  par pur instinct de survie, sans pour autant perdre le peu de dignité qui lui restait.  Une terrifiante leçon  sur la capacité d'adaptation, l'instinct de survie des êtres, un instinct animal, aveugle à tout sauf à son but ultime.

Mais une leçon aussi sur les ravages de la guerre sur les êtres, certains traits de caractère se révèlent clairement, l'humanité de quelques uns est d'autant plus criante face à la couardise d'autres, leur cruauté. Mais en période de guerre, peut-on vraiment reprocher aux victimes leur comportement? Là, dans ce récit, ce ne sont pas les soldats venus du front qui ont changé, mais ce sont les femmes, restées en arrière, qui ont dû concéder les pires sacrifices pour survivre. Et qui, pour garder un semblant de raison ont parlé. Parlé librement de leurs calvaires, et qui ont réussi à en rire. Et cela, ces hommes habitués à des femmes suivant les règles de la convenance à la lettre, ne peuvent le supporter, comme le découvrira notre auteur.

Une chose m'a frappé: l'absence totale de ressentiment palpable de l'auteur envers les personnes. Que ce soit contre les russes, les allemands. Car bien sûr, la haine a dû, elle aussi, être mise de côté dans ce combat pour la survie.

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dasola 14/02/2008 12:06

Je l'ai et je l'ai commencé mais sans le finir. J'ai du mal à le lire, peut-être le style très neutre. De toute façon, je voulais le lire en entier. J'y arriverai. Je l'ai ajouté dans ma pal.

Choupynette 16/02/2008 11:10

Ce n'est pas une lectur efacile, c'est vrai.

Chrisalain/Aril 23/09/2007 09:15

bien dur apparemment...heu...quand je n'aurai rien d'autres...

Emeraude 22/09/2007 00:27

en général, j'aime beaucoup les livres touchant à la seconde guerre mondiale mais celui-là m'a l'air bien trop dur...

Choupynette 22/09/2007 14:47

Il n'est pas de tout repos de le lire, en effet.

Nanne 20/09/2007 21:50

Je l'ai mis dans mon Challenge ABC 2008, lettre A. Je sais que ce livre n'engendre pas vraiment la crise de fou rire, mais je pense que c'est un livre témoignage sur une des périodes les plus dures de notre histoire commune. J'ai appris que l'auteur était journaliste à Berlin et qu'elle avait décidé de rester jusqu'au bout de son calvaire. Ce doit être un récit dure et hâché où la compassion, les sentiments pour les autres disparaissent pour laisser la place à l'instinct de survie. Après je me jetterai sur P. G. Wodehouse pour relativiser o)))

Choupynette 21/09/2007 10:26

Wodehouse est un bon choix!! :o)

anjelica 19/09/2007 22:15

J'ai lu 'Quatre filles et un jean'. Miss Wikibibi était toute contente que je lise un livre qu'elle a bcp aimé. Le lendemain au petit déjeuner on a pu en discuter c'était super !

Choupynette 19/09/2007 23:32

J'imagines! il faudra que je lise un bouquin lu par ma soeurette...

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