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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


The father - Florian Zeller

Publié par Caroline sur 28 Mai 2021, 07:28am

Catégories : #Petit & grand écran, #coups de coeur

The father - Florian Zeller

Il est vieux, il "perd la boule" comme on dit, dans son grand appartement londonien. Elle ne peut plus le laisser seul, elle va partir à Paris. Voilà le point de départ de The Father, film adapté de la pièce de théâtre par son auteur, Florian Zeller. Film multiprimé, doit-on le rappeler?

Lui, c'est Anthony (Hopkins), elle c'est Anne (Olivia Coleman) sa fille. Il comprend confusément (!) qu'il se passe des choses "qui n'ont pas de sens", il ne reconnaît plus sa fille, ni son gendre, mais y a-t-il encore un gendre?? Part-elle à Paris, ou pas? Elle est déstabilisée par la maladie de son père, mais veut vivre son amour à Paris.

The Father est un film remarquable, admirablement interprété. Un film labyrinthique, comme un marécage dont Anthony n'arriverait pas à se sortir, où tout se ressemble, mais est légèrement différent. Certaines scènes se rejouent parfois sur des temporalités différentes, les visages sont différents, (et qui est cet homme assis sur le canapé?) le décor aussi évolue l'appartement du père, devient celui de la fille (même structure mais changement de couleurs, de meubles etc), la confusion est totale. Film sur la maladie, la détresse engendrée par ces pensées qui s'égarent, l'oubli d'autant plus terrible quand on s'en rend compte, The Father prend aux tripes.

Les critiques sont dithyrambiques sur Anthony Hopkins et Olivia Coleman, et c'est à juste titre, vraiment. Les expressions, les regards, la gestuelle... J'ai été émue aux larmes plus d'une fois. C'est d'une justesse terrible, ce film qui illustre, au sens strict du terme l'enfer de la maladie: Florian Zeller nous donne à voir les ravages d'Alzheimer, les moindres détails dans le décor nous jettent au visage l'ampleur de la confusion que vit Anthony.

Au-delà de la maladie et de son impact, The Father parle aussi en creux d'une relation père-fille qui fut loin d'être facile, mais de l'amour qui est là en dépit de tout. Des blessures du passé, des difficultés du présent, dans la terrible certitude de l'avenir.

Une phrase m'a bouleversée, quand il dit: "I am losing my leaves". Cela vous brise le coeur.

 

Commenter cet article

M
Avec les films sur le handicap et les gansters, les films sur les maladies sont les rares genres que j'ai du mal à aller voir... Je sais qu'il a été primé mais je ne suis pas sûre d'aller le voir...
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C
Je te comprends, certains thèmes sont difficiles...ils repassent ce soir La vie est belle de Roberto Begnini, et je ne me sens de le revoir...
G
ça a été ma première sortie cinéma post confinement. Très beau, magnifique Olivia Coleman, mais très plombant aussi.
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C
Ah c'est sûr, ce n'est pas un thème réjouissant...
L
Je ne l'avais pas spécialement repéré, mais depuis que je sais qui interprète le duo principal, j'ai envie de me ruer au cinéma.
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C
ils sont phénoménaux!
U
J’ai lu il y a quelques semaines une autre pièce de cette trilogie de Zeller : «  le fils ». Très très fort, j’ai été émue
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C
ça m'a donné envie de lire le pendant du Père...tu confirmes que c'est à lire. Apparemment, j'ai entendu qu'il était l'un des auteurs français contemporains les plus lus à l'étranger.
A
Et sa montre qu'il cherche toujours, comme seul point d’appuis dans son monde où tout vacille. Quel film magnifique !
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C
oui, et quand il demande au "gendre" où il a eu sa montre...

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