Fuyant les prémices de la révolution de 1917, Barbara Ivanovna et sa fille Marguerite, vraisemblablement issues de la haute bourgeoisie, se réfugient dans la pension du docteur Byrdine dans la campagne aux alentours de Saint-Petersbourg. A peine arrivées, Barbara Ivanovna meurt, laissant sa fille seule.
Ce récit très court évoque trois jours de la vie de Marguerite. L'arrivée, la nuit du drame, l'enterrement. Et son retour des années plus tard pour récupérer le corps de sa mère et le faire enterrer à St Petersbourg. Mais une fois sur place, alors qu'à l'époque seule sa mère avait été enterrée là, il y a désormais des tombes partout. Marguerite ne sait quelle tombe est celle de sa mère, et doit donc repartir sans.
Je dois dire que j'ai trouvé ce récit si ce n'est fade, du moins sans beaucoup d'intérêt. On sent cependant un auteur en devenir (lorsqu'elle écrit Nina Berberova n'a que 25 ans). Elle évoque ici le devenir de beaucoup de gens de la noblesse/haute bourgeoisie forcés à un exil plus ou moins lointain par la révolution. Mort de la mère, mort d'un monde, d'une époque, d'une société. Marguerite est désormais seule, dans un monde qui change, où tout se monnaie car les choses les plus simples sont rares. Lorsqu'elle revient, la pension du docteur est abandonnée, le jardin devenu un cimetière qui contient des tombes individuelles et une fosse commune. Témoins des ravages de la révolution. Les derniers mots du texte "Oh, Russie!" expriment l'angoisse du personnage (de l'auteure) face à ce nouveau pays, face à un avenir incertain.
Un texte qui ne m'a pas vraiment convaincue, mais j'ai tout de même envie de relire Nina Berberova.
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