Les années douces est un roman de Kawakami Hiromi. On m'en avait dit le plus grand bien il y a des années de cela, je l'avais commencé puis abandonné par ennui et désintérêt je crois. Il se trouve qu'à la médiathèque nous en avons l'adaptation par Taniguchi Jirô avec qui j'ai une histoire de lectrice un peu en dents de scie, mais dont j'aime beaucoup le dessin.
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Je me suis dit pourquoi pas tenter l'adaptation, cela me permettra de connaître la fin de l'histoire. Bon, autant être honnête : de l'histoire je ne me souvenais de rien du tout.
Nous suivons une jeune femme, Tsukiko, qui retrouve plus ou moins régulièrement, d'abord par hasard, un ancien professeur de japonais qu'elle appelle "maître". Ils ne se retrouvent pas au sens de se donner rendez-vous : ils fréquentent le même restaurant. Parfois ils s'y croisent plusieurs soirs d'affilée, parfois non.
Jamais elle ne l'appelle par son prénom tout au long de l'ouvrage. Ils se retrouvent en général chez Satoru, qui tient un petit troquet comme il y en a tant au Japon. Le maître et la jeune femme partagent le goût des plats un peu originaux, et peuvent aussi bien discuter que rester silencieux, dégustant tous deux leur repas au comptoir du restaurant. Petit à petit, ces rencontres gagnent en importance pour Tsukiko qui est célibataire, sans famille proche. Sa solitude commence à lui peser apparemment. On sent une complicité s'installer, au gré de discussions sur tout et rien.
J'ai beaucoup apprécié le premier tome (l'adaptation en compte deux), ces scènes pourtant souvent banales, l'amitié respectueuse mais non dénuée de taquinerie qui existe entre les deux personnages. La deuxième partie de l'histoire m'a par contre déçue, pour ne pas dire plus. Tsukiko tombe amoureuse de cet homme qui pourrait presque avoir l'âge d'être son père, elle dédaigne un ancien camarade qui semble pourtant fort sympathique (même si son habitude de l'appeler "ma petite Tsukiko" m'a fait grincer des dents - mais elle ne le lui reproche pas vraiment)... J'avoue ne pas avoir compris ce qu'elle trouvait au maître, elle dit elle-même être assez puérile, comme si psychologiquement elle faisait le chemin inverse de tout le monde : mature trop vite puis retombant petit à petit dans des comportements puérils. Leur relation ne m'a pas convaincue. La romance avec le maître m'a presque mise mal à l'aise. Je ne saurais vraiment dire pourquoi.
Et donc cette lecture qui avait pourtant si bien commencé s'est donc terminée en eau de boudin. Je n'ai d'ailleurs pas compris la fin, deux derniers chapitres dans lesquels elle raconte que pendant une période de son enfance elle a "vu" des tengus, des démons des montagnes qui vivaient avec elle, comme si c'était normal, puisque tout le monde en avait... Déception. Je crois que de toute façon je ne serais jamais parvenue au bout du roman... Au moins, le manga m'aura permis de connaître l'histoire en entier.
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