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Publié dans la collection Inari aux éditions Robert Laffont*, qui regroupe à ce jour trois titres de romans graphiques dans un univers japonais de nos jours ou du passé, Le secret des bonbons pamplemousse est un petit bijou de tendresse, de charme, d'intelligence.
Un petit village de bord de mer, quelque part entre Tokyo et Atami. Alors que l’été approche, les habitants de la confiserie Itô Konpeitô (des konpeitô sont des bonbons), où l’on fabrique ces petits bonbons japonais à base de sucre parfumé, voient revenir Mayumi pour la première fois depuis un an. Personne ne connaît les raisons de sa longue absence à l’exception de Shiro, le chat. À mesure que les journées s’égrènent au rythme des saisons et des rituels, les secrets des unes et des autres se dévoilent.
Le secret des bonbons pamplemousse nous fait suivre les membres de cette famille, sous la forme d'un roman choral, chaque chapitre ayant un narrateur différent. Suzu d'abord, qui fuit un mari violent avec ses deux garçons, Mayumi sa cousine qui en froid avec sa mère, le chat Shiro, Rintarô le plus jeune fils de Suzu, pour finir avec Chikako, la mère de Mayumi, veuve depuis un an de son mari Yasuo.
Dans cette famille où l'on comprend vite que chacun a ses fêlures, qu'il y a des silences et de non-dits qui brouillent la communication, et les relations, il y a beaucoup d'amour, mais l'amour ne fait pas tout. Chaque chapitre explore un aspect des tourments que l'on peut rencontrer dans une vie, des chagrins, des violences, mais aussi des petits moments bonheur, de douceur qui permettent d'aller de l'avant, de ne pas tout voir en noir. Ce sont donc essentiellement des histoires de femmes que nous conte Camille Monceaux, explorant leur place, leurs combats, leurs fragilités.
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Chaque chapitre, donc, à travers les yeux d'un personnage différent, offre un nouvel éclairage sur les membres de cette famille et nous permet de mieux les comprendre.
J'ai lu quasiment d'une traite ce "roman graphique" (honnêtement, je ne sais pas trop quoi faire de cette appellation : pour moi c'est un manga "à la française", c'est à dire avec un sens de lecture occidental, mais une ambiance tout à fait "japonisante". Camille Monceaux, dont j'avais repéré il y a un ou deux ans de cela sa série de romans jeunesse Les chroniques de l'érable et du cerisier, nous plonge dans les traditions et l'ambiance du Japon moderne rural, notamment avec le festival d'O-bon, période où les japonais honorent les esprits des morts.
Une histoire qui m'a beaucoup touchée, charmée par sa délicatesse qui est très bien servie par les illustrations de Virgine Blancher, ses aquarelles douces et colorées, son trait rond, enveloppant. C'est une lecture feel-good de grande qualité que je vous recommande chaudement.
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* créée par Mickaël Brun-Arnaud, l'auteur bien connu des Mémoires de la forêt.
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