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Au détour des bacs BD de la médiathèque, mon choix s'est porté sur cette biographie BD adaptée d'un roman de JUNG Cheol-Hoon (jamais traduit en français). J'y ai découvert un pan qui m'était totalement méconnu de l'histoire du peuple coréen.
Nous y suivons Alexandra Kim, décrite comme la première révolutionnaire bolchévique coréenne. Son père, Piotr/Du Suh, est originaire du nord de la Corée, très proche de la frontière chinoise et russe. Dans les années 1860, après la première convention de Pékin, le kraï de Primorié est incorporé au territoire russe. Son père y émigra fuyant la famine qui ravageait son pays et la dynastie Chosun, attiré par la possibilité de pouvoir posséder un terrain. Il passe un temps en Chine avant d'arriver en Russie. Il en profite pour apprendre les deux langues (!). En 1891, le Tsar fait construire un chemin de fer transsibérien pour étendre sa portée vers le Pacifique. Il relie la Mandchourie à la Sibérie. Le père d'Alexandra (surnommée Shura) devient interprète : sur le chantier travaillent de nombreux asiatiques : Chinois, Coréens notamment. Etant moins bien traités que les ouvriers russes, les ouvriers asiatiques étaient victimes d'accidents, de mauvais traitements etc. Piotr développa donc une sensibilité certaine : il lutte pour l'amélioration des conditions de vie et de travail des ouvriers asiatiques, il aida et cacha des réfugiés membres des Boxers (révolte de 1899/1901 contre l'empereur de Chine).
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A ses côtés Alexandra pris conscience de l'exploitation des ouvriers, de l'importance d'une lutte commune, au-delà des nationalités. Elle aidera les ouvriers dans leur lutte à l'est, mais aussi dans l'Oural à Perm où de nombreux travailleurs coréens furent envoyés pendant la Première guerre mondiale. Elle y part avec pour objectif d'arrêter la guerre. A la gare, elle rencontre les ouvriers asiatiques, mais aussi de nombreux prisonniers de guerre autrichiens et allemands. Elle y est là encore interprète. Les conditions de travail dans les usines (acier, bois) y sont absolument désastreuses et les ouvriers asiatiques n'ont pas le droit de circuler librement. Elle participe à l'organisation d'une grève. En 1916, elle rencontre un proche de Lénine à Ekaterinbourg, devient membre du Parti communiste, et repart à l'Est pour y organiser le Comité populaire d'extrême orient. Vient ensuite la guerre civile. Elle sera arrêtée et fusillée en 1918.
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Une bande dessinée passionnante parce qu'elle raconte de l'empire tsariste de l'époque, la difficile vie des Coréens et Chinois, la lutte contre l'exploitation etc. Je n'ai pas du tout accroché au dessin (les pages que je vous montre sont plutôt meilleures que l'ensemble de la BD) au trait de feutre épais, mais cela n'aura pas (trop) gêné ma lecture.
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