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Première lecture pour moi de cet auteur italien avec Abel, roman qui nous a été présenté par une adhérente à notre rencontre de rentrée de la médiathèque. Le texte étant court, moins de 200 pages, je me suis dit que cela pouvait être une bonne porte d'entrée dans son œuvre, l'aspect western philosophique m'intriguait aussi.
Abel, c'est Abel Crow, le narrateur de ce texte se déroulant au 19ème siècle. Il fut un pistolero célèbre, shériff respecté pour sa gâchette réfléchie et surtout d'une fatale précision pour les malfrats. Il nous raconte sa vie, par épisodes, sans véritable chronologie, sa rencontre avec Hallelujah, femme exceptionnelle, son seul amour qui occupe "en permanence 10% de [son] cerveau", le reste étant dédié à des choses simples comme prendre des décisions, tirer etc. Abel a beaucoup de recul sur lui-même, ce qui est heureux car cela donne des passages assez savoureux d'autodérision, d'humour léger et piquant.
Il rencontre des gens "originaux", comme la Bruja, une sorte de chamane/sorcière/devineresse aux cheveux attachés "par un lambeau de peau humaine", le juge Macauley qui savait faire le tri entre les innocents et les coupables, et qui sur la fin de sa vie infligeait des peines qui laissaient perplexes, comme condamner un escroc à ... apprendre le français. Le frère d'Abel, pasteur de son état, prononcera un discours pas franchement traditionnel à l'enterrement du juge, à la fois drôle et émouvant.
C'est d'ailleurs l'humour qui m'a tenue dans ce roman, car le manque de véritable intrigue m'a parfois un peu lassée. Certaines digressions peuvent être intéressantes en effet, mais cela manque de rythme pour moi. On ne sait pas trop où ça va, certains épisodes n'ont pas vraiment de fin, comme la rencontre avec la Bruja (on ne saura jamais vraiment tout à fait comment ça s'est fini) ou le sauvetage de la mère. Parlons-en de la mère : incestueuse avec ses fils. Je ne comprends pas l'intérêt de ce "détail" dans l'histoire. Cela n'apporte strictement rien. Il arrive dans le début du roman, et j'ai attendu tout le reste du livre de voir à quoi cela pouvait bien nous avancer... à rien.
Reste une fort belle écriture, des traits d'humour bien sentis. On peut y trouver également, mais de manière assez succincte (roman court nous le disions) toute la diversité des peuples indigènes : Dakota, Nootka et tant d'autres, une idée de la vie dans l'Ouest sauvage etc. Baricco indique avoir mis de nombreuses années à écrire ce roman, et dans sa bibliographie en fin de livre, il cite en effet de nombreux ouvrages sur les peuples des Premières Nations.
Abel ne m'aura pas vraiment convaincue, mais peut-être lirai-je Soie paru au siècle dernier, qui je crois avait connu pas mal de succès.
Quelques traits d'humour:
"Fais-moi exploser cette église David, je m'occupe du reste avec Joshua et Abel.
C'est la maison du Seigneur, Lilith.
On parle d'un type qui est né dans une grotte, David. Il s'en remettra."
*
"Pas de problème avec le pasteur?
Non, un brave homme, il ne mérite pas de tout perdre.
Le pasteur d'une ville spécialisée en pendaisons devrait peut-être se poser quelques questions sur son troupeau."
Une participation de 172 pages au challenge de La petite liste, les Gravillons de l'hiver (à opposer aux Pavés de l'été - le texte doit faire moins de 200 pages), excellente initiative qui débute aujourd'hui et se poursuit donc jusqu'à la fin de l'hiver, et qui va me permettre de sortir de petits livres de ma PAL - car oui, hormis ce texte, je compte lire essentiellement des livres sortis de mes propres étagères! Pour déposer vos participations, c'est par ici!
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