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En Iran, Tarlan, professeure à la retraite, aperçoit un jour le corps d'une femme, étendu sur le lit de la chambre conjugale d'une maison cossue. Y vivent Zara, que Tarlan a recueillie et élevée à la mort de ses parents, sa fille Ghazal et son mari (dont on ne connaît pas précisément le métier mais qui voyage souvent à l'étranger et a un revenu conséquent). Sous le choc, elle ne réalise pas que c'est bien Zara sur le lit. Après l'enterrement, elle signale les faits à la police, malgré sa peur du mari.  Elle doit alors choisir entre céder aux pressions politiques ou risquer sa réputation et ses ressources pour obtenir justice. 

Naeder Saeivar a co-écrit La femme qui en savait trop avec Jafar Panahi (Taxi Téhéran). C'est ce qui m'a fait choisir ce film lors de ma dernière sortie ciné. Ici il est question de violences conjugales, d'un homme qui a manifestement du pouvoir, ou du moins des connaissances qui en ont : il fait libérer le fils de Tarlan, incarcéré pour dettes (ou trafic, je n'ai pas bien compris - en tout cas il a beaucoup de dettes et arrive difficilement à rembourser, vivant chez sa mère). Son épouse Zara refuse de fermer son école de danse... Pour cet homme conservateur, c'est une tache sur sa réputation et son ambition demande que Zara stoppe son activité.

Avec la figure de Tarlan, on voit le combat de femmes pour plus de libertés au sein d'un lycée (Tarlan était enseignante d'histoire) : elle est porte-parole du syndicat des enseignants. Mais elle est rapidement menacée, ainsi que ses collègues, suite à sa plainte à la police. 

La femme qui en savait trop donne à voir une société où les femmes tentent dans la sphère privée, comme dans la sphère publique de s'émanciper de la tutelle des hommes, mais le prix à payer est énorme. J'avoue avoir été à la limite de l'ennui parfois, j'ai souvent regardé ma montre - mauvais signe s'il en est ! Le film manque singulièrement de rythme, et je n'ai pas été totalement convaincue par le jeu des actrices et acteurs. Pourtant le propos est passionnant, ce que met en exergue la réalisatrice c'est la veulerie des hommes, leur soif de pouvoir et de contrôle sur les femmes.

La dernière scène du film est émouvante : alors qu'elle vient d'empêcher Tarlan de commettre un acte dramatique, la fille de Zara sort en dansant de la maison, et du jardin, poussée par un vent (de révolte) qui rien ne semble pouvoir arrêter... La réalisatrice montre donc la voie : pas de violence mais la liberté viendra. Espérons que cela se réalise. 

Petite anecdote : quand les lumières se sont rallumées, une voix (féminine) s'est exclamée : "quel pays de merde!"

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Tag(s) : #Petit & grand écran, #Histoires de femmes
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