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L'avantage du mois du Japon de Lou et Hilde, est qu'il m'aura "forcée" à enfin écrire certains billets. Evidemment, je m'y prends tard (avec des vacances chargées, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour le blog, voire pas du tout!). Depuis ma découverte de l'excellent mangaka HIRATA Hiroshi, j'ai lu quasiment tous les mangas de cet auteur publiés en France, mais n'en ai chroniqué qu'un seul, La force des humbles. Honte à moi!
Bref. J'ai choisi de vous parler de L'âme du kyudo parce qu'il y est question de l'art martial du tir à l'arc. L'histoire raconte la naissance d'une compétition de tir à l'arc, le Tôshiya, au tout début du 17ème siècle à Kyoto. Un samouraï venait d'établir un record des plus particuliers : faire passer une cinquantaine de flèches d'un bout à l'autre de la galerie extérieure d'un temple de la ville. Une gageure car la galerie est très longue.
Dans un esprit très japonais de compétition et d'honneur, les samouraïs tentent d'améliorer le record en faisant traverser le plus de flèches possibles en une journée.
Nous suivons le destin du jeune Kanza, samouraï de basse classe qui va se lancer dans l'entraînement pour venger la mort de son père, touché par une flèche perdue lors d'un entraînement pour le Toshiya. Les jeunes archers, qui s'entraînent non loin de là, semblent faire peu de cas de ce tragique accident. Fou de douleur, le jeune homme se met néanmoins au service de son seigneur pour devenir le meilleur des archers. A travers son histoire, et celle du clan dans lequel il s'entraîne, Hirata va nous faire découvrir l'art du tir à l'arc, découlant directement de l'art de la guerre.
Comme d'habitude avec Hirata, le récit est extrêmement bien documenté, et nous sommes plongés dans un monde qui nous semble bien loin du nôtre, où l'honneur, la fierté et le courage ne sont pas que des mots... et des vies sont en jeu. Le nombre de samouraïs échouant à dépasser le record établi et se faisant seppuku est ahurissant. Nous découvrons tous les enjeux de la compétition, ses aspects techniques, l'extrême abnégation à l'entraînement etc.
Hirata montre à quel point l'obsession de l'honneur du clan va loin, menant certains à s'endetter follement pour mettre toutes les chances de leur côté et procurer à leurs archers les meilleurs artisans pour réaliser des arcs capables de battre le record. Avec le personnage de Kanza, il porte une réflexion sur la vanité de cette compétition, de la notion d'honneur parfois aussi.
Un manga façon pavé (près de 450 pages), en tout point passionnant et au dessin magnifique.
Mon (seul) autre billet pour le mois : le film Rashômon d'A. Kurosawa.
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