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Un jour de 1929, après 48 heures de trajet en train depuis sa Hongrie natale, Szonja, 18 ans, met le pied sur le quai de la gare de Perrache à Lyon. Comme nombre de ses compatriotes, et tant d'autres venus d'Europe de l'est ou du sud, elle vient chercher une vie meilleure. Elle est accompagnée de sa cousine Marieka, et va embaucher à la SASE (Soie Artificielle du Sud Est), où l'on fabrique de la viscose. 

Dans Et ils dansaient le dimanche, Paola Pigani, que je lisais pour la première fois, nous emmène au côté des ouvriers du textile lyonnais, français et immigrés, de la grande crise jusqu'au Front Populaire de 1936. Intégration dans l'usine et dans la petite société des ouvriers (vivant dans des quartiers neufs, spécialement construits pour la main d’œuvre des usines locales), remous sociaux et politiques, travail harassant et dangereux dans les usines... Paola Pigani retranscrit une période pleine d'espoirs, de combats, et de dangers avec la montée du fascisme.

Malheureusement, cela n'a pas suffit pour m'emporter. Son personnage principal Szonja, est bien trop transparente, hésitante pour que je m'y attache. Elle ne sait pas trop ce qu'elle veut, elle se laisse porter bien malgré elle. Son destin est loin d'être facile, heureusement elle a Elsa l'Italienne fougueuse à ses côtés, dont l'amitié sera durable. C'est aussi cela qui est décevant: Paola Pigani crée des personnages secondaires que l'on a plus envie de connaître que sa jeune Hongroise (qui va se marier "raisonnablement" avec un Français ayant fui l'exploitation agricole familiale pour le joug de l'usine qu'il croyait eldorado, et qui sombrera dans l'alcoolisme et la violence). ll y a aussi Bianca et Marco, ou encore la sœur muette au sein de l'hôtel Jeanne-d'Arc, un couvent où Szonja et les ouvrières célibataires étaient logées. Autant de personnages qui étaient prometteurs... mais peu de choses en sortent finalement.

En fait, l'Histoire prend le pas sur la fiction, cela se sent énormément dans la dernière partie du roman, qui s'attache à la période des grandes grèves précédant les élections de 1936: on a l'impression de lire un livre d'histoire. Les personnages ne font que de brèves apparitions dans la description des luttes syndicales et politiques. Cette dernière partie fut lue en diagonale. Cela manque d'incarnation, de chair.

Dommage, car j'en attendais beaucoup, et que le style de Pigani m'a plu. Poétique, mélancolique et imagé. 

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Tag(s) : #Ma bibliothèque
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