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Au mois d'avril, la médiathèque avait consacré sa thématique mensuelle au Canada. L'occasion de découvrir livres, films et autres musiques. J'avais vu Le démantèlement de S. Pilote, lu Payer la terre de Joe Sacco et donc Prisoners, film de Denis Villeneuve de 2013, avec à l'affiche Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis, Maria Bello, ou encore Terrence Howard. Que du bon donc.
L'histoire: Anna, 6 ans, et son amie Joy disparaissent. Alors que la police suit des pistes, mais ne semble pas beaucoup avancer, le père d'Anna (H. Jackman) décide de prendre les choses en main: il séquestre un suspect relâché par le policier (Gyllenhaal) en charge de l'enquête, faute de preuves.
Prisoners est un film éprouvant pour toutes sortes de raisons: quand on est parent, on ne peut que se projeter dans la douleur de ses parents qui craignent le pire, ce policier qui tente, s'entête, lui-même en proie à ses démons. Denis Villeneuve pose une question à la réponse quasi-insoluble: que ferions-nous à la place de ces parents?
D'un côté la conviction que le travail d'enquête, le respect de la Loi doivent primer. De l'autre l'angoisse portée à son paroxysme qui enfante la violence la plus extrême. Sis dans une bourgade qui ressemble à n'importe quelle petite ville américaine, Prisoners nous parle aussi d'une société où la paranoïa infuse dans chaque foyer. Porté par des actrices et acteurs habités, ce film nous questionne sur les notions de violence, de vengeance, de pardon et d'innocence. Le titre s'entend dans plusieurs sens: il nous parle des personnes physiquement mais aussi psychologiquement emprisonnées.
J'avais déjà vu il y a des années Incendies (non chroniqué, une erreur, car c'était un coup de coeur) de Villeneuve, Prisoners est également un film qui marque.
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