Y'a d'la joie!

Petit & grand écran

Un repas, deux couples, un frère et une soeur,  une femme enceinte, un ami...et un prénom. Tout aurait dû se passer dans la joie et la bonne humeur. Et pourtant...

Il y a Vincent, agent immobilier très sûr de lui, plein de fric et condescendant, sa femme Anna qui travaille dans la mode, http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/88/02/20057116.jpgenceinte de leur premier enfant et en retard, comme d'habiture. Il y a Babou, soeur de Vincent, enseignante en collège engagée et son mari Pierre, prof d'université, les hôtes de la soirée. Et enfin Claude, célibataire, ami d'enfance et joueur de trombone. Si l'ambiance est bon enfant au début du repas, tout en étant parsemée de remarques acides fusant entre les convives, elle tourne rapidement à l'aigre quand Vincent annonce quel sera le prénom du bébé à naître. A partir de là, tout ira de mal en pis, les tensions, les rancoeurs vont resurgir. Festival de réparties grinçantes, de tirades vengeresses et de réglements de compte. Pour le plus grand plaisir du spectateur.

Beaucoup d'humour dans ce huis clos où s'affrontent des personnalités très différentes, où les non-dits se font jour. Film sur les vanités, les petitesses, les jalousies et les frustrations qui parasitent nos vies, Le prénom offre au spectateur toute une palette d'émotions sur un rythme effréné. Révélant les préjugés des uns et des autres, la discussion va surtout mettre au jour des sentiments trop longtemps refoulés et des traits de caractères pas franchement flatteurs.

Le prénom est une comédie de moeurs à la française de très bonne facture, qui sait pointer du doigt les travers des bobo comme des bling-bling... mais pas que!

Les acteurs sont tous très bons. Pas un qui n'en fasse trop. La réalisation est vive, j'en ai aimé les insertions d'images "d'archives", moins la fin un peu trop convenue.

C'est efficace, bien joué, cela mérite donc votre attention!

Par Choupynette de Restin - Publié dans : Petit & grand écran
Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 21:36

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Librement adapté du roman de Deborah Moggach (These foolish things), Indian Palace nous conte l'histoire de ces http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/85/14/20027434.jpg"seniors" qui, arrivés à un moment clé de leur vie, souhaitent changer d'air. Leur choix se porte sur le Best Exotic Marigold Hotel à Jaïpur, résidence pour les "old and beautiful". Mais loin de la brochure idyllique d'internet, ils tombent sur hôtel à la limite du délabrement, et un manager (Dev Patel) complètement dépassé. Et puis, il y a le pays, l'Inde. Coloré, vivant, bruyant, sale, pauvre etc. Chacun des personnages s'adapte, ou pas, comme il le peut.

Voyage de la dernière chance, voyage initiatique, cet Indian Palace brosse le portrait d'individus pas toujours gâtés par la vie, portant en eux fêlures et regrets. De l'ancien juge Graham (Tom Wilkinson) qui tente tout pour retrouver son amour de jeunesse, à Evelyn (Judi Dench), veuve laissée criblée de dettes par un mari en qui elle avait toujours eu une confiance aveugle, au couple saignés à blanc par leur fille et au bord de la rupture (Bill Nighy et Penelope Wilton (Harriet Jones, Prime Minister - les fans du Docteur comprendront)), en passant par deux célibataires qui voudraient que la vieillesse ne soit pas la fin, ou encore par la vieille femme acariâtre et raciste (Maggie Smith, excellente - mais est-il vraiment besoin de le préciser?) qui vient en Inde pour se faire opérer, tous sont croqués avec justesse - peut-être un peu clichés, mais sans exagération -  et tendresse.

Ode à la vie, le film est tout aussi plein d'humour qu'il est émouvant. La réalisation est simple, sans pathos exagéré ou scènes tire-larmes. Et on en sait gré à John Madden (Shakespeare in love), qui si il aime bien sa couche de guimauve (le tout finit (trop?) bien), sait nous procurer des moments de lucidité bienvenus. Tous les acteurs sont à l'aise dans leur rôle, justes. Rien que le casting vaut le déplacement!

Ce n'est pas un grand film, le scénario est un peu paresseux, bien sûr, mais c'est du "feel-good movie". Et sous la grisaille ambiante, cela fait du bien.

On notera un clin d'oeil astucieux à l'auteure du roman: un des personnages lit une autre de ses oeuvres: Tulip fever.

Par Choupynette de Restin - Publié dans : Petit & grand écran
Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 08:18

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Prendre un billet pour un film et en voir un autre, ça vous dit quelque chose? A moi, ça commence. Ce n'est jamais que la deuxième fois que par étourderie je me retrouve dans la mauvaise salle. Quoi que.

http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/05/49/20078610.jpgNous étions partis pour voir Indian Palace, un film so very british avec un casting de rêve (Bill Nighy, Judy Dench, Maggie Smith et j'en passe). Quand les premières images sont apparues sur l'écran... et accessoirement un navire du 18 siècle nous nous sommes regardés... et avons compris notre erreur. Il y a deux ou trois ans, nous pensions aller voir La proposition avec S. Bullock, petite comédie sympa, et nous étions retrouvés devant Inglorious Basterds, jubilatoire.

Cette fois-ci encore, nous avons eu de la chance, puisque le tout dernier film de Tim Burton, avec son acteur fétiche Johnny Depp, était également sur notre liste d'envie ciné.

Barnabas Collins (J. Depp) est un vampire. Transformé par Angélique (E. Green) , une sorcière qui n'a jamais supporté d'être rejetée  par le maître des entreprises Collins (et en a profité pour pousser au suicide la promise de Barnabas, Josette). Enterré dans un cercueil "vampire-proof", Barnabas n'est déterré que...200 ans plus tard, au temps de Nights in white satin. Jetlag assuré!

La période a bien changé, la famille Collins semble bien mal en point.La mère (M. Pfeiffer) tente de maintenir tout ce petit monde à flot: sa fille, son frère (un bon à rien, voleur de surcroit), son neveu mais également le docteur Hoffmann (Helena Bonham Carter) ainsi que l'homme à tout faire de la maison. Le manoir est dans un état lamentable, l'entreprise fermée. Deux autres surprises de taille attendent notre Barnabas: la nouvelle gouvernante est le portrait craché de Josette, et le nouveau maître de la ville n'est autre qu'Angélique!

Un film régalant de bout en bout, Dark shadows (adapté d'une série éponyme) est tout à la fois émouvant, déjanté, hilarant, bref du Tim Burton pur jus. N'ayant vu que très peu de films de ce réalisateur (Edouard aux mains d'argent, Batman, Sleepy Hollow et Alice au pays des merveilles) je ne saurais dire si c'est un excellent cru "burtonien". Mais de mon point de vue totalement subjectif, c'est un excellent film, fourmillant de références et de clins d'oeil, jouant aussi bien sur les gags que sur un humour plus noir. Trois mondes, finalement se télescopent: celui de Barnabas, le 18ème siècle, celui des années 70 et enfin, celui du spectateur, réjouit de l'inventivité et de la verve de Burton. Les acteurs y sont tous excellents, Johnny Depp en tête, au visage tour à tour grimçant ou parfaitement impavide.

C'est enlevé, délirant, gothique à souhait. C'est du Burton. A voir!

Par Choupynette de Restin - Publié dans : Petit & grand écran
Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 13:13

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Non, je n'ai pas encore lu le livre, mais cela ne saurait tarder grâce à Tina et à ce film, plutôt bien fichu, qui donne très envie de se jeter sur la trilogie de Suzanne Collins dont il est adapté.

Katniss est une jeune fille volontaire, douée avec un arc, qui tient à bout de bras sa famille. Un père mort dans un accident au fond d'une mine, une mère fragile et une petite soeur à l'orée de l'adolescence. Quand celle-ci est sélectionnée pour participer aux Hunger Games, sorte de jeu de télé-réalité dont un seul des 24 candidats sort vivant (et ultra riche), Katniss se porte http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/51/91/20018884.jpgvolontaire pour prendre sa place. Peeta, jeune homme du même âge représentera avec elle le district 12.

Ils découvrent alors le luxe étincelant, clinquant, délirant de Capitole, la capitale de Panem (!!). On y mange jusqu'à plus faim, on gaspille, on danse, on se moque, on fait la fête. Le district 12, minier, le plus pauvre de tous les districts, est bien loin de cet étalage indécent et futile.

Katniss parviendra-t-elle à survivre? Les autres concurrents sont pour la plupart très bien entraînés. Le mentor des deux jeunes, originaire du district et ancien vainqueur, poivrot, va finalement leur donner des conseils, après avoir été pas franchement avenant.

Suivant les codes du genre, le film, dont j'ai cru comprendre qu'il suivait très fidèlement le roman, délivre une virulente critique du monde dans lequel nous vivons, où une petite élite s'est arrogé le pouvoir et le garde en utilisant le bon vieux "panem et circens" des Romains. Un tout petit peu d'espoir dans une mer de terreur pour maintenir les populations soumises. Cela vous rappelle-t-il quelque chose?

C'est bien joué (Jennifer Lawrence est toujours aussi bonne que dans Winter's bone (que je vous recommande, dans un tout autre genre, décrivant une Amérique à lé dérive, et une jeune fille là aussi charge de famille qui doit lutter pour survivre)), et même si certains dialogues ne sont pas franchement flamboyants d'esprit, le tout est un bon divertissement. Le rythme est haletant. Je regrette cependant l'utilisation de la caméra à l'épaule. Je trouve que c'est quand même un peu fatiguant à force. Surtout que cela ne se justifie pas tout le temps. Mais, ceci étant dit, c'est un film bien fichu, avec du peps, très agréable à regarder.

Moins agréable furent les ricanements continuels de jeunes garçons boutonneux, et des murmures continuels pendant tout le visionnage du film.

Par Choupynette de Restin - Publié dans : Petit & grand écran
Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 11:56

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A l'été 1945, dans un Japon impérial vivant ses derniers instants avant de capituler sans conditions, Seita jeune ado et sa petite soeur Setsuko voient leur mère mourir sous les bombes incendiaires. Leur père, dans la Marine, n'a plus donné de http://draxraven.files.wordpress.com/2010/02/tombluc.jpgnouvelles depuis des mois. Ils se réfugient chez une tante, mais celle-ci ne tarde pas à leur faire sentir qu'ils ne sont qu'une gêne. Seita décide donc d'aller occuper, au bord d'une rivière, un sorte de bunker désaffecté. Commence alors une période étrange, presque magique, où les deux enfants vivent simplement, leurs nuits illuminées par les lucioles qui volettent.

Mais comme les lucioles à la vie si éphémère, cette situation  ne peut durer. Rapidement, les vivres manquent, et Seita fait ce qu'il peut pour subvenir aux besoins de sa petite soeur qui dépérit de jour en jour.

Voilà, chers lecteurs, un film d'animation absolument bouleversant de poésie, mais également tragique. Le premier plan annonce la couleur: cela finit mal. Comment pouvait-il en être autrement? Deux enfants sans ressources, dans un Japon où le patriotisme (fanatisme?) plonge les habitants dans le déni face au désastre imminent, où les relations sociales sont régies par le paraître. Où face à un enfant mourant de faim, les gens s'indignent: quelle image ce petit pouilleux va-t-il donner du pays aux Américains qui vont bientôt débarquer?

Ce film est, je le disais, plein de poésie. Certains passages font totalement oublier le contexte terrible des bombardements, des kamikazes et autres joyeusetés de la guerre. Deux enfants vivent dans leur bulle, leur innocence. Au dehors, le Japon survit dans des conditions précaires, avec le rationnement, les B52 qui bourdonnent au dessus des villes et lâchent leurs cargaisons mortifères.

L'auteur, Isao Takahata, dénonce la folie meurtrière qui a mené à un tel désastre. Une phrase dit tout. Alors que Seita découvre que le pays a capitulé, on lui apprend que la Marine a été totalement détruite. C'est l'espoir de revoir son père qui s'évanouit, et l'image d'un avenir incertain qui s'installe. "Papa, qu'est-ce que tu as fait?". Dans cette question toute rhétorique, Isao Takahata fait référence à l'Empereur qui a entraîné son pays dans l'horreur.

Un film magnifique, bouleversant, adapté de la nouvelle éponyme de Akiyuki Nosaka.


Par Choupynette de Restin - Publié dans : Petit & grand écran
Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 10:08

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