Y'a d'la Joie!

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Bientôt:
L'église des pas perdus,
(500) jours ensemble
...

Mes critiques du 7ème art

Ce film d'animation australien sera probablement un de mes coups de coeurs cinéma de l'année 2009. Mary et Max sont deux personnages totalement différents et pourtant très semblables. Mary est une jeune fille au physique ingrat de 8 ans, vivant en Australie. Affublée d'une tache de naissance "couleur caca", pas d'amis, un poulet pour animal de compagnie, Mary n'est pas vraiment heureuse. Max est new-yorkais, obèse, et est atteint du syndrôme d'Asperger. Un jour, totalement par hasard, et découlant d'une idée saugrenue , Mary écrit à Max. S'ensuivra une amitié nourrie de lettres, de barres de chocolats, recettes de hot-dogs au chocolat et de pompons rouges, et qui durera des années.
Décidément, les films d'animations sont de moins en moins pour les enfants. Mary et Max est définitivement un film pour adulte touchant des sujets parfois difficiles, avec des personnages pas franchement beaux, vivant dans des univers sombres et sans amour. Différence, fragilité de l'amitié, relations avec les autres, vie en société, antisémitisme - autant de thèmes qu'Adam Elliot, le réalisateur et créateur de Mary et Max aborde avec une grande délicatesse, un certain humour, et beaucoup de tendresse et de lucidité. Max et Mary sont tous les deux terriblement attachants, fragiles et maladroits. Cette histoire est un concentré de vie, avec tout ce qu'elle peut avoir de beau et de triste, de sombre et de lumineux.
Esthétiquement, ce film est une réussite, et pour que je dise cela il en fallait. Je ne suis pas toujours fan de la pâte à modeler et des maquettes. Mais ici, Elliot fournit une copie impeccable: couleurs d'ambiance (gris pour Max et la grande ville de NY, marron pour Mary, sa couleur préférée) rehaussée par un pompon rouge ou une barette, musique utilisée de manière inspirée et inspirante, humour, réflexion. Le tout donne un film d'une grande sensibilité. C'est une oeuvre que sa lucidité emplit de tristesse, mais quand la joie tient parfois à un pompon rouge pour illuminer une vie aride, l'espoir n'est jamais loin.
Dasola  et Yohan ont beaucoup aimé
Par Choupynette de Restin
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Homme sans histoires, Pierre Froment, français travaillant  à Moscou, se retrouve précipité au coeur de l'une des affaires d'espionnage les plus stupéfiantes du XXème siècle. Une affaire qui le dépasse et qui menace bientôt sa vie et celle de sa famille...
Un nouveau film d'espionnage avec Guillaume Canet, mais aussi Emir Kusturica, située cette fois dans l'URSS des années 1980.
Ce métrage, loin de révolutionner le genre, reste intéressant car très bien fichu (scénario, jeu des acteurs), mais surtout parce qu'il explore les relations entre les êtres dans ce jeu si dangereux qu'est l'espionnage. Mettant en scène un "anti-James Bond", L'affaire Farewell donne à voir toute l'importance des rapports entre les individus impliqués dans des activités officieuses et secrètes, l'impact de leur double vie sur leur intimité familiale, l'impact de l'épouse et des enfants sur les choix faits... En ce sens, ce film regagne grandement en intérêt ce qu'il perd en classicisme de la réalisation.
Loin du glamour d'un Sean Connery, ou de la sauvagerie  à peine domestiquée d'un Craig (ah Craiiig, grrrrrrhhmmm), Kusturica et Canet campent des personnages tout ce qu'il y a de plus banal, et nous montre tout le côté prosaïque, terre à terre, de l'espionnage.
En somme, un film de facture classique, mais servi par de très bons acteurs, une intrigue bien ficelée, et du suspense soutenu, jusqu'à la toute fin.
Par Choupynette de Restin
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Le cinéma, pour beaucoup, doit être un divertissement. On y va pour se "vider la tête", se faire plaisir. Quelle place peut avoir, dans une société où la performance est reine, le stress ultra présent, le cinéma de la réflexion, le cinéma social quasi-documentaire? Interrogés lors d'un micro-trottoir pour l'émission Ca balance à Paris (Paris Première) sur le film Le ruban blanc de M. Hanneke, palme d'or à Cannes (et qui n'est pas un film social, mais bien un cinéma de la réflexion), certains ont répondu: "ah non, c'est prise de tête, je vais pas au ciné pour ça". Alors évidemment, des films tels que Ressources humaines, que je viens de visionner, n'ont que peu de chances d'être vus. Voyez plutôt.

Frank, jeune étudiant dans une grande école de commerce, revient chez ses parents le temps d'un stage qu'il doit faire dans l'usine où son père est ouvrier depuis trente ans. Affecte au service des ressources humaines, il se croit de taille a bousculer le conservatisme de la direction qui a du mal a mener les negociations sur la reduction du temps de travail. Jusqu'au jour où il decouvre que son travail sert de paravent a un plan de restructuration prevoyant le licenciement de douze personnes, dont son père.

Ce métrage de Laurent Cantet est excellent. Sur un sujet vraiment pas facile, ni réjouissant, il réalise un film fort, sans tomber dans le pathos. Les thèmes abordés ici sont nombreux, mais on peut notamment citer les relations patrons/cadres et ouvriers, le statut d'ouvrier, le complexe d'infériorité de ceux qui sont restés sur place et n'ont pas fait d'études par rapport à ceux qui sont partis, etc. Mais le thème qui est en filigrane tout le long de ce métrage, c'est la honte, et tout ce qui en découle. La honte d'être ouvrier, fils d'ouvrier, de ne pas avoir fait d'études, de n'être qu'un "incapable" etc. C'est vraiment frappant. Et bouleversant.

Le seul acteur pro est Jalil Lespert, tous les autres sont des chômeurs, choisis selon leur catégorie socio-professionnelle. Ce choix du réalisateur permet de donner une crédibilité supplémentaire au film et au message. La réalisation en elle-même est relativement aride, à l'instar de nombreux films "sociaux" français: pas de musique, des décors minimalistes etc. Les dernières quinze minutes sont un véritable coup de poing, elles vous prennent aux tripes.

Pour en revenir à mon propos du début de billet, le cinéma peut se concevoir comme  simple divertissement. Pour ma part, je considère que le cinéma est un art aux mutilple facettes. Si en effet, le cinéma d'essai ou social peuvent être arides esthétiquement (ce film est en un excellent exemple), ils ont leur place, leur rôle, et surtout apportent une réflexion artistique en complément de l'information purement journalistique.

Par Choupynette de Restin
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C'aurait pu être une bleuette comme les autres, une histoire de plus dans le catalogue des comédies romantiques avec ou sans happy end. He bien non. (500) jours ensemble est bien plus que cela.
C'est l'histoire, dans le désordre de Summer et Tom. Elle ne croit pas en l'amour, lui oui. Elle ne veut pas d'engagement, il les considère comme un couple.
Au travers d'épisodes cruciaux ou anecdotiques de leurs 500 jours, le réalisateur nous balade dans une relation amoureuse avec ses hauts et ses bas, sa rupture, ses petits oiseaux qui chantent etc. C'est très juste, c'est très bien vu, plein de délicatesse et d'humour. Mais c'est aussi très cru parfois, sans détour, lucide. J'ai beaucoup aimé les fantaisies de la réalisation, comme par exemple le passage type comédie musicale, ou l'introduction de l'animation dans le récit, qui donne à ce film une originalité rafraîchissante et bienvenue dans un type d'histoire plutôt banal "ils s'aiment, ils ne s'aiment plus".
C'est original, c'est plein d'humour, c'est juste. Autant de raisons d'aller voir ce film fort sympathique! (Une dernière serait l'acteur, Joseph Gordon-Levitt, plutôt craquant dans son style!). Celsmoon et Anjelica ont aimé elles aussi.
Par Choupynette de Restin
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District 9 est un film hybride, entre science fiction et "film à message". De quoi remballer tous ceux qui dédaignent le genre comme un "truc" de piètre qualité.

Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, à Johannesbourg en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre.

Vous y voyez un film d'action/science fiction tout simple? Que nenni, District 9 c'est plus que cela. Ce métrage fait directement référence au notoire District 6, dans le lequel des Noirs étaient parqués dans la ville du Cap. Ici ce sont des aliens, moches, dégoûtants, enfermés dans un ghetto où règne la plus grande violence, où les enfants font les poubelles, où l'espoir n' a pas droit de cité. Oui, District 9 est une métaphore sur le traitement de la différence et de ceux qui sont différents. Une infinité de détails nous rappellent  les humiliations quotidiennes, le paternalisme méprisant, l'opportunisme pécunier.
Filmé dans un premier temps comme un documentaire avec interviews à l'appui, ce métrage emmène son spectateur dans les coulisses de l'inhumanité, qui n'est pas forcément là où on l'attend. Puis, petit à petit, la forme devient plus classique, pour prendre l'apparence d'un film d'action. Certains critiques s'en désolent. Il me semble au contraire que c'est un procédé intelligent pour nous impliquer encore plus, nous faire vivre intensément la deuxième partie du film, où le héros (enfin, plutôt un anti-héros) est traqué, et va découvrir l'envers du décors, le point de vue des aliens, et vivre comme eux. Le spectateur comprend alors mieux la vie des "crevettes" (surnom donné aux aliens), et leur désir de tout simplement rentrer chez eux. En somme, les deux parties du film opposent les deux points de vue: celui des humains/locaux, celui des aliens/réfugiés. Et dénoncent les rouages de l'asservissement, de la terreur alimentée par les média et l'opportunisme goulu des multinationales.
Un film intelligent, très bien réalisé et joué, qui peut se voir comme de l'action pure, mais aussi - et surtout - comme une réflexion bienvenue sur notre perception de l'Autre.
Par Choupynette de Restin
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