Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Whiplash - Damien Chazelle

Publié par Choupynette de Restin sur 16 Février 2015, 11:47am

Catégories : #Petit & grand écran

http://images.allocine.fr/pictures/14/09/26/17/53/345974.jpgDans un conservatoire de musique parmi les plus prestigieux des Etats Unis, à New York, un jeune batteur ambitieux mais timide est confronté à un professeur réputé et sadique. Le duel sera terrible.

Sur fond de jazz et de la légende de Charlie Parker, voilà un film qui me laisse partagée.

D’un côté des acteurs absolument brillants, je ne vois pas d’autre terme, de l’autre, une idée insidieuse qui me dérange beaucoup. Explications.

Miles Teller et JK Simmons (Will Pope dans la série The Closer) portent entièrement le film qui n’a, il faut bien le dire, qu’un scénario tenant sur du papier à cigarette. La scène d’ouverture annonce la couleur : des rapports de soumission/domination, du « qui aime bien châtie bien ». Le jeune musicien, Andrew (Miles Teller) n’ambitionne qu’une chose : être remarqué par le terrible Terrence Fletcher, et rentrer dans son big band. Mais dès le premier jour, l’humiliation est là. La tension, l’injustice. Et l’interdiction de produire moins que la perfection.  Le film sera ainsi parsemé de « duels », ou plutôt de séances d’humiliation. Pour arriver à une scène finale où la virtuosité d’Andrew éclate au grand jour, sous l’œil enfin admiratif de l’impitoyable maître. Alors oui, les deux acteurs jouent très bien. JK Simmons est tout simplement démoniaque dans le rôle du prof intransigeant. Mais le final me dérange. Beaucoup.

Car en fin de compte, la révélation du talent d’Andrew en public, c’est l'aboutissement des méthodes de travail du professeur. Ces séances de torture mentale pour ainsi dire sont cautionnées, c’est en tout cas ainsi que je l’ai ressenti. Et Fletcher de systématiquement rappeler que le génie ne peut éclore véritablement que s’il est poussé dans ses retranchements. Qu’importe si un de ses élèves s’est suicidé suite à ses mauvais traitements. Il n’y a donc aucun problème à maltraiter, harceler des élèves puisque c’est « pour leur bien ». En fait, tout se réduit à une histoire d’ambition et de compétition effrénée. D’acharnement, qui n’a pour ainsi dire plus rien à voir avec la musique.

Ajoutons à cela qu’il n’y a pas vraiment de scénario, et Whiplash me laisse donc un drôle de goût.

A lire un très bon article sur le site du New Yorker par un journaliste qui en sait manifestement beaucoup sur le sujet du jazz (et apparemment, l'anecdote que Fletcher rabache pour justifier ses méthodes est inexacte!)

Commenter cet article

Marion 05/03/2015 14:04


Très envie de le voir celui là !

Choupynette de Restin 05/03/2015 16:40



Il vaut pour un sacré jeu d'acteurs!!!



Lyra Sullyvan 02/03/2015 14:34


J'ai entendu beaucoup de bien sur ce film mais la tension évoquée partout me refroidit pas mal, même si j'aime beaucoup l'acteur qui joue le prof. Et ce que tu en dis me refroidit encore plus. Un
jour peut-être. ^^

Choupynette de Restin 04/03/2015 10:52



J'ai vu et lu beaucoup de chroniques très positives. Mais personne n'a réussi à me départir de cet arrière goût déplaisant sur ce que moi j'appelle du harcèlement moral. Et que d'autres ne voient
pas du tout de cette manière. Le jeu des acteurs est remarquable, mais quand même.



dasola 21/02/2015 10:41


Bonjour Choupynette, je partage ton ressenti sur ce film. J'ai aimé la musique, en revanche, les rapports sado-maso entre maître et élève m'ont laissée dubitative. Bonne journée.

Choupynette de Restin 27/02/2015 21:23



Je ne comprends pas très bien que l'engouement sur la forme (le jeu des acteurs notamment - oscar mérité pour JK Simmons) ne soit pas mitigé par le fond...



Nous sommes sociaux !