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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Un siècle de novembre

Publié par Choupynette de Restin sur 10 Avril 2010, 09:28am

Catégories : #Ma bibliothèque

Charles Marden est juge sur une petite île au large de Vancouver quand il apprend que son fils est mort à Ypres. Nous sommes à l'automne 1918. Sa femme, Laura, vien tjuste de mourir de la grippe espagnole. Charles décide alors de quitter son île pour marcher sur les pas de son fils, et voir l'endroit où il est mort. Mais il n'est pas le seul: une jeune femme est également à la recherche de ce lieu et semble avoir eu une relation avec le fils de Charles.La narration alterne entre entre texte à la troisième personne et journal de voyage écrit par le personnage principal. Carnet qui prend de plus en plus de place au fur et à mesure que Charles se rapproche d'Ypres.

L'auteur se sert beaucoup du paysage, de la nature pour évoquer la guerre. Soit pour souligner le paradoxe d'un lieu idyllique, si loin de la France et de ses terres ravagées, où les familles attendent sans un mot, sans espoir, un fils, un père, un mari. Soit pour illustrer la violence, témoigner des tranchées ennemies a peine à 60 mètres les unes des autres; la terre meutrie, les os blanchis, les obus qui attendent d'exploser.

Sur un sujet difficile, le deuil (sans corps) d'un enfant dans un conflit lointain, sur un autre continent, Wetherell propose un texte d'une grande pudeur, tout en retenue, en intériorité. Jamais de grandes tirades, de cris ou de larmes. C'est par petites touches, quelques rencontres que l'auteur nous fait suivre le pélerinage de son personnage, entre hébétude et tumulte intérieur.  Charles est un personnage qui ne parle pas beaucoup, et comme tant d'autres civils ayant perdu un ou des proches, il se dirige aveuglément vers le lieux de son pélerinage, tentant d'imaginer les sentiments et impressions des soldats lors de leur route vers le front. Ces voyageurs en deuil dorment même parfois dans les trous d'obus.

Ce qui m'a vraiment touchée, c'est cette pudeur, cette retenue dans le texte. Là où certains auraient tenté avec les violons de nous tirer des larmes, Wetherell ne tombe pas dans ce travers, et propose un voyage au coeur du chagrin mais avec une dignité incontestable, qui donne toute sa force au récit.

Les autres billets publiés chez BoB.

Commenter cet article

emiLie 13/04/2010 19:44



Il traine dans ma Pal je l'avais acheté alors que j'avais lu des critiques négatives et ton billet me rassure, une prochaine lecture alors... 



Choupynette de Restin 15/04/2010 10:08



Vraiment un beau roman. Pas du tout dans le pathos larmoyant.



Bénédicte 12/04/2010 20:41



excuse moi je crois que j'ai laissé mon commentaire sous un autre article



Choupynette de Restin 12/04/2010 20:46



j'ai vu... pas grave :))) j'avais bien compris que c'était ici qu'il devrait être!!



freude 12/04/2010 08:47



J'avais déjà noté ce titre, mais ton billet donne encore plus envie !



Choupynette de Restin 12/04/2010 20:37



vraiment un très beau roman



Bénédicte 11/04/2010 09:45



quelle magnifique photo Elle donne envie d'y être Bon dimanche



Choupynette de Restin 12/04/2010 20:35



Merci :) c'est vrai que c'est beau



yueyin 10/04/2010 20:56



hummm je n'aime pas beaucoup les récits de guerre mais sans violon ni pathos ça pourrait me tenter :-)



Choupynette de Restin 12/04/2010 20:35



Il est à la maison... et ça se lit super vite!



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