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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


The age of innocence

Publié par Choupynette de Restin sur 12 Juillet 2011, 08:27am

Catégories : #Ma bibliothèque

Newland Archer, symbole de toute une société imbue d'elle-même, devient, sous la plume d'Edith Wharton, http://2.bp.blogspot.com/_YJDH1bKgQbQ/TC3-U7_bt9I/AAAAAAAAAHU/hHvfFpKGfwg/s320/The+age+of+Innocence.jpgl'incarnation d'un espoir avorté. A la veille de ses fiançailles avec la chaste May Welland, appartenant comme lui à la plus haute caste new-yorkaise des années 1870, il rencontre Ellen Olenska, comtesse désargentée, sensuelle et éprise de liberté. Mais il ne trahira jamais ses principes ; sa passion le condamne donc à une vie d'amertume.

Après avoir lu avec beaucoup de plaisir il y a quelques temps déjà Xingu, que je ne saurais trop vous recommander pour découvrir Edith Wharton, j'ai choisi The age of innocence (Le temps de l'innocence). Histoire d'amour contrarié sur fond de peinture au vitriol de la "folle" société new-yorkaise de la fin du XIXème siècle: tout pour me plaire. J'avais déjà vu avec ma compagne de visionnage dvd-esque l'adaptation du roman par Scorcese, qui m'avait beaucoup plue.

Je dois avouer cependant dès maintenant que si j'ai apprécié cette lecture, j'en suis sortie un brin déçue.

Je me suis pas mal ennuyée pendant les 50/80 premières pages, assez languissantes, où l'on se perd facilement dans les divers arbres généalogiques, imbriqués les uns aux autres. Puis, l'intrigue prend son essor, et la plume de Wharton fait son office. Avec moins d'humour cependant que dans Xingu, et c'est là mon principal regret.

En dehors de ce petit bémol, The age of innocence fut une lecture très agréable, édifiante aussi, nous plongeant dans l'horrible pesanteur de la société new-yorkaise puritaine et snobinarde, plus conservatrice probablement que l'aristocratie britannique (qu'elle regarde d'ailleurs avec une condéscendance un brin dégoûtée). J'ai été ébahie devant tant de rigidité, un corps social enserré dans un corset si rigide, aux règles multiples (sans fin?), qu'il en étouffe littéralement les individus qui le composent.

Il est très intéressant de voir Newland (porter un nom de famille comme prénom...il n'y a probablement que les Américains pour faire cela!) être peu à peu attiré par la comtesse Olenska, alors même qu'il la voit au départ, comme les autres, comme une personne scandaleuse (sa tenue à l'opéra!) à la vie non moins scandaleuse. Un divorce, pensez-vous!

Puis son opinion change au gré de quelques conversations. Ils se désirent, mais toujours, toujours, la bienséance, les règles sociales, l'honneur familial s'érigent en un mur infranchissable. Car New York ne saurait accepter cela. New York, ville qui est presque douée d'une personnalité.... pour permettre à la bonne bourgeoisie bien pensante de se cacher derrière cette entité toute puissante. New York n'accepte pas, New York ne permet pas. New York aime et châtie. Et gare à celui ou celle qui dépasserait les bornes.

C'est effarant et effrayant. Au même titre que la place de la femme dans cette société. Dans de nombreuses68135280 remarques, on sent le féminisme de Wharton.

Face à Newland et Ellen coupables d'aimer en dehors des règles régissant leur cercle très fermé, tous deux honnêtes et dignes, il y a May, la douce et innocente May. Innocente, vraiment? Non car derrière May et sa terreur du déshonneur, son acceptation totale (et presque abjecte) des convenances, se cache une femme manipulatrice de la plus belle eau. 

Wharton propose dans ce roman un peu long à mon goût une galerie de portraits dessinés à l'acide, un monde desormais révolu (mais finalement, l'est-il tant que cela?) où la règle sociale écrase l'individu. Pour le bien de tous.

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Nanne 23/07/2011 18:00



Si je dois commencer par un bout, ce sera d'abord par le roman d'Edith Wharton que j'ai dans ma PAL ... Mais, comme pour la découverte de Jane Austen, je veux prendre mon temps pour apprécier le
style de cette romancière. Le film arrivera après ! Comme cela, je ne serai pas déçue ;-D



Lilly 13/07/2011 10:23



Ouais, mais je déteste lire le livre après avoir vu son adaptation...



Lilly 13/07/2011 00:06



J'aime beaucoup Wharton, mais je n'arrive pas à me lancer dans ce livre, pour je ne sais quelle obscure raison. Ton billet ravive un peu mes craintes du coup, c'est malin :)


Mais comme j'ai le film, il faudra bien que je surmonte mes préjugés un jour...



Choupynette de Restin 13/07/2011 08:42



oups! ;) C'est bien... mais longuet je trouve. Le film pourrait bien te donner envie de le lire cela dit. Et en deux heures c'est plié!



mango 12/07/2011 19:31



Les deux, le livre et le film m'ont beaucoup plu. ton billet me donne d'ailleurs envie de revoir une fois de plus ce dernier. 



Choupynette de Restin 13/07/2011 08:43



la lecture du bouquin m'a donné envie de me replonger dans le film!



Karine:) 12/07/2011 13:20



Dans ma pile, celui-là.  je peeeense que j,ai déjà vu le film.  Et que j'avais aimé.  Mais je ne m'en rappelle plus super bien, en fait...



Choupynette de Restin 13/07/2011 08:43



j'aime quand tu "peeeeenses" :D



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