Y'a d'la joie!

Mon blog de scrap

bannière crafty verte

Tout est là!

Estonie, 1992. A son réveil, Aliide, vieille estonienne, trouve dans sa cour une jeune fille roulée en boule au pied d'un arbre. Méfiante de nature, Aliide recueille quand même Zara, visiblement russe, mais qui parle estonien. Une jeune femme visiblement en fuite et terrorisée. Petit à petit nous allons découvrir leur histoire. Une rencontre qui ne doit rien au hasard.

Que d'éloges sur ce roman j'ai lus un peu partout. Autant sur les blogs que chez les critiques professionnels. Evidemment, quand je l'ai trouvé sur les étagères de la bibliothèque, je n'ai pas résisté. Le sujet m'intéressait énormément. J'aime ces http://img.over-blog.com/210x300/3/94/91/20/purge.jpglivres qui racontent la grande Histoire à travers celle des individus.

Malheureusement, je ne suis pas totalement convaincue par ce roman de Sofi Oksanen. Si le lecteur est rapidement pris à la gorge, les tripes nouées par le destin que l'on devine vite terrible de Zara; si le récit du passé d'Aliide est parcouru de drames (qu'elle provoque parfois elle-même), arrivée à la moitié du roman, j'ai commencé à me lasser, j'ai trouvé des longueurs.

Oksanen propose un récit sans concession, de la vie de ces femmes. C'est finalement un récit sur les femmes et leur place dans un monde soumis au diktat du mâle. Où leur corps n'est qu'un objet: de plaisir, de torture. Monnaie d'échange, moyen d'enrichissement. Communisme ou capitalisme sauvage, l'individu qui ne fait pas partie de la caste dominante - quel que soit d'ailleurs le ou les critères définissant cette dernière - n'est rien. De ce point de vue, le roman d'Oksannen est édifiant. Ces deux femmes sont des survivantes. Mais cela suffit-il pour en faire un chef d'oeuvre comme l'annonce la citation de Nancy Huston (lisez Lignes de faille!)?

Je rejoins l'avis d'Ys sur l'absence de psychologie dans ce roman où tout est factuel. Oksanen ne nous épargne rien du quotidien, au point que c'en est parfois fastifieux. De longues descriptions des tâches que remplissent Aliide et sa soeur Ingel. Mais nous n'entrons jamais dans la psyché de ces personnages qui pourtant sont idéaux: torturés, vies parsemées de drames, de secrets, de trahisons et de haine. Le personnage d'Aliide est vraiment particulier. On a envie de la prendre en pitié par moments, mais ce qu'elle fait est tellement égoïste et à la limite de l'inhumanité que l'on ne peut ressentir que du dégoût à son égard. Zara, hormis sa peur, reste une énigme pour moi. Oui, comme beaucoup de jeunes filles de l'ex-URSS, elle rêve de l'Ouest (mais juste pour sa faire assez d'argent pour pouvoir se payer des études et revenir au pays), elle se fait prendre par un réseau de proxénètes (certains passages m'ont rappelé l'excellent mais terrible film Lilya 4 ever, que je déconseille fortement aux âmes sensibles)...mais après? On n'en sait pas plus sur elle.

De plus, je me suis retrouvée à ricaner (et croyez-moi, c'est quand même rare quand je ricane en lisant) devant certaines descriptions. Elles m'ont donné l'impression que l'auteure cherchait les termes les plus invraisemblables à accoler à un nom/verbe. Exemple: "son larynx avait l'air éparpillé". Il y en a d'autres dans ce style, mais je ne les ai pas notés. Enfin, je regrette tout de même que le contexte historique soit une toile de fond si mince dans ce récit. Et la très synthétique chronologie en fin de roman n'apporte pas grand chose (en tout cas pas à moi).

Bref, une lecture en demi-teinte pour moi.

Un billet qui rentre dans le cadre du challenge de Kathel, Voisins/Voisines.

 

voisins1

Par Choupynette de Restin - Publié dans : Ma bibliothèque
Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 10:43

Voir les 16 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés