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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Nkosi Sikelel' iAfrika

Publié par Choupynette de Restin sur 12 Juin 2010, 09:20am

Catégories : #Parlons rugby

Puisque cet après-midi la France, en tournée dans l'hémisphère sud, joue contre l'Afrique du Sud, il est normal que dans cette rubrique, Parlons rugby, nous nous penchions sur l'hymne de ce pays. 

En 1994, alors que l’Afrique du Sud sort tout juste du terrifiant régime de l’Apartheid, le pays se dote de deux hymnes officiels: Nkosi Sikelel' iAfrika et The call of South Africa (Die Stem van Suid-Afrika). Mais cela faisait un peu long. En 1997, une version raccourcie combine les deux, et se chante dans les cinq langues principalement parlées en Afrique du Sud : zoulou, xhosa, afrikaans, anglais et Sesotho.

La partie « européenne » de l’hymne, fut tout d’abord en afrikaans (Die Stem van Suid-Afrika), un poème écrit par CJ Langenhoven en mai 1918, sur une musique composée plus tard par le révérend ML de Villiers en 1921. La radio officielle jouait alors le God Save the Queen, dont vous avez pu lire l’histoire ici-même, et le Die Stem van Suid-Afrika tous les jours à l’ouverture de leurs programmes. Le public était donc familier de ces deux hymnes. Les deux furent les hymnes officiels.

Pour ce qui est de l’hymne « africain », Nkosi Sikelel' iAfrika, il fut composé en 1897 par maître d’école Enoch Sontonga. Les paroles étaient à l’origine en Xhosa seulement. Une version en Sesotho fut publiée en 1942. Nkosi Sikelel' iAfrika fut rendu populaire par les concerts tenus par le Chœur Zulu Ohlange du Révérend JL Dube.

Il était chanté à l’origine comme un chant d’église, mais devint plus tard un acte de défiance politique à l’encontre du régime de l’Apartheid. Il n’y a pas vraiment de version « standard », et il arrive que les paroles changent selon le lieu ou l’occasion.

Pendant longtemps, les Européens, du moins certains, refusèrent de chanter les strophes en langues africaines. Ce fut le cas chez certains rugbymen aussi lors de la Coupe du Monde en 1995, illustrée récemment par Clint Eastwood dans Invictus, dont vous retrouverez ma chronique ici.

Si le peuple surd-africain aime à se nommer la nation Arc-en-ciel, on est loin du pays rêvé par Nelson Mandela. La pauvreté toujours présente, la corruption, et toujours de fortes tensions raciales (comme en témoigne le meurtre récent d’Eugène Terreblanche, un afrikaaner qui ne cachait pas ses sympathies néo-nazis) sont autant de déceptions et de désillusions pour ce peuple.

 

 

Paroles originales

Traduction

Nkosi sikelel' iAfrika

Que Dieu bénisse l'Afrique,

Maluphakanyisw' uphondo lwayo,

Puisse sa corne s'élever vers les cieux,

Yizwa imithandazo yethu,

Que Dieu entende nos prières

Nkosi sikelela, thina lusapho lwayo.

Et nous bénisse, nous ses enfants d'Afrique.

Morena boloka setjhaba sa heso,

Que Dieu bénisse notre nation,

O fedise dintwa le matshwenyeho,

Et qu'il supprime toute guerre et toute souffrance,

O se boloke, O se boloke setjhaba sa heso,

Préservez, préservez notre nation,

Setjhaba sa South Afrika - South Afrika.

Préservez notre nation sud-africaine, l'Afrique du Sud.

Uit die blou van onse hemel,

Résonnant depuis nos cieux d'azur,

Uit die diepte van ons see,

Et nos mers profondes,

Oor ons ewige gebergtes,

Au-delà de nos monts éternels

Waar die kranse antwoord gee,

Où rebondit l'écho.

Sounds the call to come together,

Retentit l'appel à l'unité,

And united we shall stand,

Et c'est unis que nous serons,

Let us live and strive for freedom,

Vivons et luttons pour que la liberté triomphe

In South Africa our land.

En Afrique du Sud, notre nation.

 

Voici ce que cela donne en vrai :

 

Une anecdote que j’aurais aimé éviter : lors d’un match de tournée de l’Afrique du Sud en France l’année dernière, joué à Toulouse, on a frôlé la crise rugbystico-diplomatique. Vous vous demandez certainement ce que cela veut dire. Ras Dumisani, qui se définit comme le «plus grand reggae man d'Afrique du Sud» a été choisi pour interprété l’hymne sud-africain. Or, en direct, il faut bien le dire, le résultat est tout simplement catastrophique. Il semble marmonner les paroles, voire pour la partie en afrikaans et anglais ne pas les connaître du tout. Il chante même complètement faux. A l’image, les Springoks semblent de plus en plus énervés. S’ensuivent ensuite échange de paroles peu amènes  ente français et sud-africains passablement agacés, ce que l’on comprend. La fédération française se défend du choix, expliquant que le nom du « chanteur » lui a été fourni par… l’ambassade d’Afrique du Sud en France. La fédé sud-africaine qualifie de Ras Dumisani d' « opportuniste, un escroc, un massacreur de gammes et une honte pour notre pays ». Un groupe Facebook aurait même été créé pour « interdire à  Ras Dumisani de chanter à nouveau. » (je ne l’ai pas retrouvé). Lui-même a accusé l’organisation de vouloir saboter son concert en lui fournissant « un vieux micro ».

Voici ce que sa performance donnait, je vous laisse vous faire votre opinion !

 

Commenter cet article

choubi 25/06/2010 14:45



C'est vrai que que la performance vocale de Dumisani en novembre dernier, était vraiment au "Ras" des paquerettes.



Choupynette de Restin 25/06/2010 14:57



absolument! Et d'ailleurs, s'en est suivie une sacrée polémique...



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