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Y'a d'la joie!

Cela faisait des années que je n'avais lu un roman d'Elizabeth George, écrivaine américaine dont les intrigues se déroulent en Grande Bretagne. Elle met en scène depuis des années maintenant un duo improbable: l'inspecteur Thomas Linley, d'origine très "posh", et le sergent Barbara Havers, moche, boulotte et pas franchement très avenante. Le http://images-booknode.com/book_cover/3/le-meurtre-de-la-falaise-3251-250-400.jpgcontraste des caractères joue évidemment beaucoup dans l'intérêt de ces histoires.

C'est un peu par hasard que j'ai sorti ce roman de ma pal, alors que je venais de terminer The Hunger Games et qu'il me fallait piocher dans ma pal avant de prendre le train. 

Alors que Linley est en voyage de noces, Havers est seule à Londres. En vacances. Autant dire que ce n'est pas vraiment ce qu'elle préfère. Mais le meurtre à Balford, dans l'Essex, d'un immigré pakistanais, attire son attention. D'autant plus que son voisin Taymullah Azhar, lui-même d'origine pakistanaise, part précipitamment pour des "vacances" dans cette même région. Ni une, ni deux, Barbara remplit un sac à dos et file à Balford. Surprise, son ancienne camarade de formation Emily Barlow est chargée de l'enquête. Crime raciste? Crapuleux? Barbara va devoir faire marcher ses "petites cellules grises" à pleine puissance pour démêler l'écheveau des pistes qui s'ouvrent devant elle et trouver le coupable.

Un bon gros pavé de presque 900 pages dans lequel je me suis plongée et qui m'a tenue en haleine jusqu'à la fin. Le personnage de Barbara est toujours aussi agréable à suivre, ses réflexions, ses réactions à l'emporte pièce, son mauvais caractère. La voilà plongée dans une ville qu'elle ne connaît pas, face à des sensibilités exacerbées. Des Pakistanais qui manifestent parfois violemment, persuadés que la victime a été tuée à cause de son origine. Des "anglais pur porc" qui stigmatisent les enfants à la peau trop brune. Trop de suspects, pas assez de preuves formelles. Barbara a fort à faire.

Roman sur la différence, l'intolérance, Le meurtre de la falaise décortique les ressorts de la haine née de la peur et/ou du mépris de l'Autre. Tous les personnages ou presque sont enfermés dans les préjugés, leurs idées reçues. Chacune de leur réaction est conditionnée par le prisme du racisme. Et les forces de police ne sont pas épargnées par le phénomène. Elizabeth George touche ausi du doigt un fait que l'on ne devrait jamais oublier: nous ne voyons parfois que ce que nous voulons voir. Et la personne qui nous est la plus proche peut se révéler totalement étrangère à nous, à nos convictions.

J'ai beaucoup apprécié la construction de l'intrigue, chaque chapitre ou presque nous suivons un narrateur différent. Si le lecteur est parfois "en avance" sur les policiers dans leur enquête, Elizabeth George nous garde cependant dans le flou et multiplie les fausses pistes. Loin du rythme effréné des thrillers à la mode, elle laisse se déployer son intrigue, sans se précipiter. Ajoutons que les personnages secondaires sont très bien campés, ce qui ne gâche rien.

Sans être le policier de l'année, Le meurtre de la falaise est un roman efficace, excellent pour se détendre.

 

extrait:

"- Oh Azhar, ne me dites pas que les parents de Querashi auraient envoyé un de ses frères pour épouser Sahlah Malik à sa place, comme si elle n'était qu'un hot-dog dans l'attente d'une saucisse!" Barbara Havers, tout en nuance et en délicatesse!

Par Choupynette de Restin - Publié dans : Ma bibliothèque
Mercredi 13 juin 2012 3 13 /06 /Juin /2012 14:35

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