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Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Le mépris, version 2010

Publié par Choupynette de Restin sur 4 Avril 2010, 12:31pm

Catégories : #Mon oeil!

Il y a quelques temps déjà, je crois que c’était en 2007 ou 2008 (mais les faits s’étant produits plusieurs fois, j’ai pu en rater certains), certains blogs littéraires que je fréquentais avaient été les victimes d’attaques en règle (quelle drôle d’expression quand on considère que la plus élémentaire des règles, celle de la politesse et du respect fut foulée aux pieds !) de la part d’autres blogueurs ou de simples lecteurs. J’avais été frappée, dans un cas particulier que je ne nommerai pas, mais que ceux qui l’ont vu et vécu reconnaîtront sûrement, où la vie privée même du blogueur était utilisée pour l’attaquer. A l’époque, j’avais été troublée car mine de rien, planait encore l’idée que nous nous trouvions, nous blogueurs, entre gens de bonne composition, plutôt bien élevés et respectueux. Un peu dans une bulle donc. Mais non. Finalement, il n’y a aucune raison pour que la petitesse de la nature humaine ne pénètre pas la blogosphère.

Mais plus d’une fois aussi, un auteur s’est invité dans les commentaires pour s’élever contre un billet trop critique à son goût. Certains ont su rester poli et comprendre qu’un lecteur, aussi anonyme soit-il, a le droit le plus strict d’exprimer son opinion sur une lecture, et peut ne pas « accrocher » à une œuvre. Si certains blogueurs que je ne citerai pas se prennent pour des critiques littéraires, 99% d’entre nous répètent à l’envie qu’ils ne donnent que leur avis en toute honnêteté sans se prévaloir d’une quelconque expertise. Et préviennent de plus en plus qu’il ne faut pas s’énerver si on n’apprécie pas leur avis. J’ai été frappée par la multiplication de ces petites phrases dans des blogs, souvent accompagnées d’un smiley « Pas taper ». Preuve que les attaques se sont faites plus fréquentes.

Cette fois-ci, la chose prend une toute autre ampleur. Cynthia a lu et chroniqué Papoua de Jean-Claude Derey, en des termes mesurés, citant le texte de l’auteur, sans agressivité, sans vulgarité.

Malheureusement pour Cynthia, ce « monsieur » n’a pas supporté un billet négatif sur son œuvre. A plusieurs reprises, il lui a écrit par mail, et a déversé son mépris, sa suffisance son fiel et ses insultes (pétasse – qu’il a certes retiré dans un second mail, mais qui fut suivi par « débile », ou également l’insulte suprême pour un auteur : l’incitation à « la collection Harlequin, au dessus de vos moyens intellectuels mais qui devrait vous satisfaire ». J’ai été estomaquée par le culot et le mépris de cet homme qui se targue d’avoir des amis journalistes (belle carte de visite  - être l’ami de). Non content d’attaquer Cynthia sur sa soi-disant vulgarité (et quand on lit le billet de cette bloggeuse, on se dit que Derey doit avoir un problème de lecture ou de paranoïa sur-aiguë), il l’attaque sur son pseudo (!!) preuve selon lui de son égotisme et de son égocentrisme, mais également sur sa nationalité, et lui conseille aussi de retourner … au repassage. Comme GeorgeSand le dit si bien dans son billet, Derey apparaît par ses propos comme un misogyne de la pire espèce.

Sa propre vulgarité qu’il mêle, pour faire plus écrasant encore, de mots qui doivent prouver sa supériorité intellectuelle, m’a donné une certaine impression, que mon cher et tendre, lui-même… journaliste, partage : cet auteur semble avoir un égo démesuré, ne supportant pas la critique et probablement un gros problème de confiance en soi, puisque il s’acharne sur une bloggeuse anonyme qu’il qualifie lui-même « d’inexistante ». S’il se sent si supérieur que cela, pourquoi s’acharner ainsi ? Mais je ne suis pas psy…

Au-delà de cet exemple navrant de la connerie humaine, cet épisode nous rappelle qu’une partie de « l’élite » n’a que mépris pour ceux qui ne font pas partie du cénacle. Il faudrait être « critique littéraire » pour avoir le droit de donner son avis. Mais comment devient-on critique littéraire ? Quels sont les pré-requis ?  Un diplôme ? Quelle légitimité autre que celle d’être publiée dans un média traditionnel ont ces critiques, comparés aux lecteurs qui donnent leurs avis sur leur blog ? Beaucoup de bloggeurs sont professeurs de collège, d’école, d’université, de lycée. D’autres travaillent dans des bibliothèques, des librairies. D’autres encore sont des gens qui ne travaillent pas dans le monde de l’écriture ou de l’enseignement mais ont une culture et une curiosité qui les pousse à publier et partager leurs avis sur les blogs. Leur avis est-il pour autant indigne? Condamnable? On touche là à un mal franco-français : les cases dans lesquelles on voudrait nous coller et qui devraient être imperméables. Vous êtes ingénieur ? De quel droit vous permettez-vous de donner votre avis sur mon roman, vous le scientifique ? Vous êtes une jeune femme non-journaliste ? De quel droit critiquez-vous mon roman, à moi l’écrivain-journaliste de 70 ans, qui en a vu tellement plus que vous ?

Les auteurs se sentent-ils donc tellement menacés par les blogs pour avoir de telles réactions épidermiques totalement hors de propos ?

Dernière réflexion : l’idée des partenariats, très intéressante au demeurant, ne doit pas entrainer de connivence volontaire ou imposée. Ce n’est pas parce qu’on vous a envoyé un roman que vous devez mentir et dire que oui, il vous a plu. L’envoi d’un ouvrage n’est rien d’autre qu’une promotion marketing pour en faire parler. On ne peut pas d’un côté considérer que les blogs sont assez « importants » pour envoyer des SP, pour ensuite tenter de les décrédibiliser quand ils ne se fendent pas de critiques dithyrambiques. Il serait bon qu’éditeurs et auteurs se rappellent que les bloggeurs ne sont pas des marionnettes. Oui, nous n’affichons pas notre identité, et certains objecteront qu’il est facile de s’attaquer à un ouvrage sous pseudo. Mais voilà, la plupart d’entre-nous ne « s’attaque » pas à un ouvrage quand il ne l’aime pas. Il explique ses réticences et puis c’est tout. Jamais un auteur, à ma connaissance, n’a été attaqué sur sa vie privée dans un billet. Jamais sa nationalité, son orientation sexuelle ou son sexe n’ont été utilisés pour le renvoyer à ses chères études. Il faut également, pour l’auteur être réaliste : son ouvrage ne plaira pas à tous. Si l’auteur ne supporte pas (ce qui peut d’ailleurs se comprendre, sachant le travail et l’investissement que cela demande) de lire des commentaires négatifs : qu’il ne les lise pas ! Il peut essayer de faire valoir son point de vue, son objectif lorsqu’il a écrit son histoire, mais pas juger son lecteur.

Une seule règle doit régir, à mon sens, les rapports sur la blogosphère, cet espace qui n’a de virtuel que le nom : la politesse et le respect mutuel dans la liberté d’expression. A bon entendeur...

 

Si vous êtes aussi scandalisés que moi, n’hésitez pas à rejoindre le groupe de soutien à Cynthia sur FB : Comité de soutien à Cynthia contre Jean-Claude Derey

 

EDIT: Quand on tape "papoua" dans google, le premier article que l'on trouve est celui de... Cynthia sur la polémique et la réaction de l'auteur à son billet...!!

Commenter cet article

Marie 23/04/2010 08:25



C'est marrant, mais j'ai l'impression que cet auteur, par sa grossièreté et son intolérance, s'est grillé auprès de l'ensemble de la blogosphère féminine et c'est tant mieux !


 


 



Theoma 08/04/2010 15:44



Tu en parles très très bien. M. Derey a en effet raté son coup. Même quand on tape son nom sur google, la mauvaise pub qu'il s'est fait tout seul apparaît en première page. Navrant pour lui.



Nanne 07/04/2010 19:01



Un bon billet dans lequel tu remets les pendules à l'heure et les choses à leur juste place, Choupynette ! J'ai lu les mails envoyés par cet auteur que je ne connais absolument pas et j'ai été
interloquée par les propos que tenait ce personnage. Sincèrement, quand on écrit, il faut s'attendre à recevoir aussi des critiques négatives. Que dire lorsqu'un auteur voit son ouvrage descendu
par la critique officielle, comme cela se produit dans des émissions comme "Le masque et la plume" où ils ne sont pas toujours tendres avec les auteurs ?! Est-ce que les auteurs incriminés les
insultent par mail ? Je ne pense pas, parce qu'ils auraient des problèmes avec la justice. Avec les blogueuses, c'est chose plus simple, parce que non professionnelles ! Mais je suis aussi
interpelée par ton "édit". Et si tout cela ne servait qu'à faire un buzz sur la blogosphère et à parler de son livre ?!



Manu 07/04/2010 14:39



Bravo Choupynette pour ce billet. C'est vraiment révoltant ce qui est arrivé à Cynthia. C'est bien la première fois que je regrette de ne pas être sur FB. Mais c'est bon de voir tout ce soutien !



Choupynette de Restin 07/04/2010 18:35



Oui, je crois qu'il fallait marquer le coup. C'est fait. A bon entendeur.. :))



dasola 07/04/2010 10:59



j'ai lu les malheurs de Cynthia ce week-end. J'ai en effet été très choquée par les mots de M. Derey qui sont aussi peu châtiés que ce qu'il a écrit dans "Papoua". Il a l'air d'écrire de la
littérature pseudo-pornographique. C'est peut-être un "intellectuel", c'est surtout un goujat et un malotru (qui sont des synonymes). Et je confirme que les termes de Cynthia à propos de ce livre
en particulier restent relativement mesurés. Elle n'a pas aimé, elle a le droit et elle le dit. Et surtout, comme elle l'a dit, elle n'est pas "critique" mais simple blogueuse et fière de l'être.
M. Derey devrait être content qu'on parle de lui (en bien ou en mal) du moment qu'on en parle. Ces réactions des "professionnels de la profession" sont plutôt un bon point pour les blogueuses
(eurs): cela prouve que les écrits des blogueu(r)ses anonymes talentueuses (tueux) au travers de la "toiles" ont une certaine influence (un peu). Bonne journée.



Choupynette de Restin 07/04/2010 18:39



Je crois que le problème c'est que lire que son livre n'est pas apprécié doit être très dur, mais en même temps, si un auteur ne supporte pas la critique (non professionnelle s'entend, puisque
tous ses "amis journalistes" ont encensé son roman), qu'il ne la lise pas... Une telle réaction (la colère, le dépit) peuvent à la limite se comprendre, mais qu'elles se manifestent de cette
manière est insupportable.



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