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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


L'homme qui a vu l'homme - Marin Ledun

Publié par Choupynette de Restin sur 30 Juillet 2014, 07:00am

Catégories : #Ma bibliothèque

http://rivieres.pourpres.net/divers/homme_qui_a_vu.jpg2009. Pays Basque. Un homme, Jokin Sasco, ancien activiste d'ETA est enlevé. Un mois plus tard, sa famille convoque une conférence de presse pour pousser les autorités à lancer des recherches. Un jeune homme, Iban, d'origine basque mais ayant grandi et vécu à Grenoble, est désormais journaliste dans un canard local. Il se penche sur l'affaire, malgré les avertissements de ses collègues.

C'est le premier roman que je lis de Marin Ledun, dont j'avais entendu parler pour ses différents prix reçus, et je n'ai pas été déçue. L'auteur mène tambours battants son affaire, son personnage principal est plongé dans une enquête qui le dépasse et on découvre avec lui l'ampleur des dissimulations, des trahisons et de l'horreur de la "guerre sale". 

C'est d'une plume alerte, sèche, que Marin Ledun déroule sous nos yeux la guerre sale, où des barbouses espagnols enlèvent et torturent voire tuent, avec la complicité de l'Etat français, des jeunes activistes Basques. L'action ne laisse pas une seconde de répit au lecteur, car Marin Ledun ne sacrifie pas le romanesque sur l'autel de l'engagement idéologique (même si en interview il se défend d'être un auteur engagé).

Car L'homme qui a vu l'homme est loin d'être un thriller comme tant d'autres. Ce que je soupçonnais à la lecture s'est révélé vrai: Ledun s'est inspiré de faits réels pour ce roman. Et cela fait, retrospectivement, froid dans le dos. En 2009, Jon Anza est enlevé au Pays basque. ETA dénonce un nouvel épisode de la «sale guerre», et  affirme qu’Anza se trouvait à Toulouse pour remettre de l’argent à l’un des siens. Les proches de Jon Anza pointent pour leur part les étranges cafouillages de l’enquête, telle la non-identification du corps pendant dix mois, alors que la famille a remué ciel et terre dès le premier jour de la disparition, et qu’Anza était évidemment surveillé par les services français. Retrouvé dans la rue inconscient par les pompiers de Toulouse, il est mort à l’hôpital de Purpan, des suites d’un «accident respiratoire».

  La situation décrite, ces cris qui ne dépassent jamais la frontière d'Euskal Herria, cela m'a fait penser au slogan du tout premier film Alien (oui, mon cerveau marche bizarrement parfois): "dans l'espace personne ne vous entend crier". Eh bien, ce que décrit Ledun c'est exactement cela: les victimes de cette sale guerre au Pays basque ne sont jamais entendues... Un excellent roman, à l'intrigue parfaitement maîtrisée, tendue. A lire!

Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 02/08/2014 23:17


Je suis d'accord avec toi : ce qui est terrible, c'est qu ece roman est inspiré de faits réels.

Choupynette de Restin 04/08/2014 14:19



C'est glaçant quand on s'en rend compte...Et ce n'est pas vieux! seulement 5 ans!



Manu 02/08/2014 12:01


J'ignore beaucoup de choses sur ce "conflit". Voilà qui peut être intéressant à lire. Mais sans doute qui me dégoutera encore plus de nos politiques

Choupynette de Restin 04/08/2014 14:22



C'est sûr que ce n'est pas fait pour les faire remonter dans notre estime!



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