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Jiselle, la petite trentaine, hôtesse de l'air, six fois demoiselle d'honneur, est toujours célibataire. Quand, après une journée difficile, le beau capitaine Mark Dorn l'accoste, le charme
opère. Quelques mois plus tard, ils se marient, malgré la désapprobation ouverte d'Anna, la mère de Jiselle. Mais le conte de fée que la mariée imaginait n'est pas au rendez-vous, et le retour à
la réalité est dur. Veuf, père de trois enfants, Mark n'a aucun scrupule à laisser sa jeune épouse endosser le rôle ingrat de belle-mère. Souvent absent, il se
révèle petit à petit tout autre que le brillant et attentionné pilote de ligne. Jiselle doit faire face, qui plus est, à l'hostilité des deux filles aînées de Mark, Camilla et Sara. Heureusement,
Sam, le petit dernier accepte plus facilement Jiselle. Cette dernière ne doit pas seulement faire face à sa nouvelle vie (elle accepte qui plus est d'abandonner sa carrière pour s'occuper des
enfants): en effet, une pandémie frappe les Etats-Unis, appelée grippe de Phoenix, elle est extrêmement contagieuse et mortelle. Aucun traitement n'en vient à bout. Petit à petit, l'économie, la
société, se dérèglent, et c'est la survie qui s'installe. Les citoyens et produits américains deviennent indésirables. Mark est d'ailleurs bloqué, en quarantaine en Allemagne.
Pendant longtemps, je me suis demandé où l'auteure, Laura Kasichke, voulait en venir: roman d'anticipation? romance? Drame familial? Un peu de tout cela à la fois. Pas de grandes tensions, pas de suspense haletant, pas de grandes analyses psychologiques mais une ambiance qui s'installe. A la fois douce et sombre. Kasichke évoque un monde sur le point de sombrer, et paradoxalement, une famille en construction. Car au fur et à mesure que la situation sanitaire du pays se dégrade, que les écoles, les administrations et les commerces ferment, Jiselle et les enfants s'apprivoisent.
N'ayant lu que ce roman de Laura Kasichke, je ne saurais dire si c'est une habitude, mais les personnages de l'auteure ne sont pas particulièrement fouillés psychologiquement. Jiselle semble terriblement naïve, Mark unidimensionnel, idem pour les enfants. Mais ici, d'une plume très fluide, évocatrice, c'est vraiment un processus que décrit l'auteure: d'une part le délitement d'un pays, d'un monde parfait, de l'autre la construction laborieuse et non dénuée de heurts d'une famille. Par petites touches, l'auteure pointe les relations humaines, les peurs, les lâchetés, le courage ou les mécanismes de défense des uns et des autres face à l'inconnu.
Je ne peux pas dire que j'ai été sbjuguée, mais c'est un court roman que j'ai lu avec beaucoup d'intérêt. Il s'en dégage une étrange douceur, un peu irréelle, ainsi qu'une noirceur prégnante.
J'avais repéré de cet auteur "les revenants", l'as-tu lu ?
je passe cette auteure m'a agacée la seule fois où je l'ai lu !
Ah ! j'adore cette écrivaine, j'ai presque tout lu d'elle :-)) quel talent !
C'est un roman que j'ai très envie de lire. J'aime beaucoup la manière dont Kasische introduit le trouble dans des vies "ordinaires".
Bonsoir Choupynette, pas encore lu de roman de cet écrivain. Cela ne saurait peut-être tarder. Bonne soirée.
Un roman très étrange qui commence comme de la chick litt ou presque et qui finit dans la noirceur... très étrange, mais une lecture intéressante !
Ce n'est pas le roman de Kasischke le plus profond je trouve, même si on en ressort avec une étrange sensation... La psychologie des personnages est toujours assez superficielle, mais en apparence seulement ! Mes préférés : "Les revenants", "A moi pour toujours" et "Un oiseau blanc dans le blizzard" !