Y'a d'la joie!

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Tout est là!

Bernie Gunther, après avoir quitté la Kripo de Berlin, est désormais en charge de la sécurité du célèbre Hotel Adlon. Un industriel mort dans l'hôtel, Noreen, une belle Américaine militant pour le boycott des Jeux Olympiques, et voilà notre héros à l'humour grinçant embarqué dans une affaire compliquée.  C'est le sixième opus des aventures de l'ex-policier Bernhard Hunther, débutées avec la fameuse trilogie berlinoise.

La première partie de l'histoire se déroule donc à Berlin, alors que le pouvoir affermit son emprise sur la population allemande. Le regard de Bernie, sans concession, sur la racaille qui forme désormais l'élite au pouvoir donne lieu à http://img.over-blog.com/195x300/2/88/16/16/2012/Hotel-adlon.jpgdes saillies d'un humour noir réjouissant et grinçant à la foi. A travers son regard, le lecteur découvre le Berlin de 1934, la nazification progressive et rapide de la population, mais surtout des institutions telles que la police et par extension ses pratiques. C'est ainsi que le cadavre d'un Juif manifestement assassiné sera "oublié" et aucune enquête diligentée. Prenant comme contexte l'organisation des Jeux Olympiques et son éventuel boycott par les Américains, Kerr évoque l'état de la corruption au sein de l'Etat nazi mais également du côté des officiels américains.

Dans la deuxième partie du roman, nous retrouvons Bernie, ou plutôt Carlos Hausner, 20 ans plus tard alors qu'il vient d'être expulsé d'Argentine, suite à son aventure dans Une douce flamme, le précédent tome. Désormais à Cuba, cherchant à rentrer en Allemagne, Bernie rencontre, tout à fait par hasard, Noreen, qu'il avait aimée l'espace des quelques semaines racontées dans la première partie. La désormais célèbre écrivaine vit réfugiée avec sa fille après avoir été interrogée par le HUAC sur ses amitiés communistes. On est encore sous le régime de Batista, Castro et ses acolytes sont emprisonnés sur l'île des Pins. Là encore, Kerr explore la situation cubaine à quelques années à peine de la révolution castriste, la violence et la corruption de la milice, les casinos et hôtels tenus par la pègre "internationale". Bernie retrouve d'ailleurs l'homme responsable de la mort de l'industriel à Berlin en 34. Mais après 20 ans notre ex-policier n'est plus le même, hanté par ses agissements lors de la guerre, les morts, la fuite d'Europe.

J'avoue que la deuxième partie m'a moins plue que la première, peut-être parce que l'humour est moins présent. La fin notamment, qui malgré une révélation surprenante, est un peu prévisible dans son ensemble. L'atmosphère de Cuba est plutôt bien retranscrite, mais je ne sais pourquoi, j'y ai été moins sensible. Peut-être que les états d'âmes de Bernie amènent un ton très différent, du coup la certaine légèreté de la première partie (malgré le contexte) s'envole.
Quoi qu'il en soit, ce fut une lecture très agréable, où l'humour décapant du personnage principal est l'atout majeur. Et moi qui voulait lire la trilogie après ma lecture du tome précédent, me voilà encore plus motivée...

 

Je secouai péniblement la tête et ouvris des yeux comme des coquilles d'huîtres vides encore pleines de sauce Tabasco.

 

Je me dis que, pendant une courte période, la langue allemande a été une suite de très grands mots allemands formés à partir d'une pensée allemande très petite.

 

"- C'est un exemplaire de la déclaration faite par Fidel Castro à son procès en novembre dernier, expliqua Lopez

- La tyrannie lui a donc donné la possibité de s'exprimer, dis-je d'un ton plein de sous-entendus. Je me rappelle que le juge Roland Freisler - Roland l'Irascible, comme on le surnommait - s'est contenté d'agonir d'injures les hommes qui avaient tenté de faire sauter Hitler. Avant de les envoyer à la potence. Curieusement, je ne me souviens pas qu'aucun d'entre eux ait écrit de brochure."

Lopez m'ignora.

"Elle s'intitule L'histoire m'acquittera. On vient juste de finir de l'imprimer. De sorte que vous pouvez avoir l'honneur d'être le premier à la lire. Au cours des prochains mois, nous comptons la distribuer dans toute la ville. Je vous en prie senor. Au moins, lisez-la, hein? Ne serait-ce que parce que l'homme qui l'a écrite se morfond à l'heure actuelle dans la prison modèle de l'île des Pins

- Hitler a écrit un livre sensiblement plus long, dans la prison de Landsberg, en 1928. Que je n'ai pas lu non plus."

 

 

Ce fut ma troisième lecture dans le cadre du non officiel prix Kiltissime organisé sous le kilt manteau par Cryssilda.Je ne vous parlerai pas de la deuxième, De vieux os de Louise Welsh, abandonnée après 150 pages d'un ennui mortel.

kiltissime

Par Choupynette de Restin - Publié dans : Ma bibliothèque
Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 11:17

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