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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


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Publié par Choupynette de Restin sur 19 Novembre 2012, 15:04pm

Catégories : #Ma bibliothèque

Toni Morrison, prix nobel de littérature 1993, n'a plus besoin d'être présentée. Dans ce court roman, nous suivons Frank Money, tout juste revenu de la guerre de Corée. Nous sommes donc dans les années 50. La ségrégation est toujours de mise, la pauvreté et le racisme le lot quotidien des Noirs.

Au fil des pages, nous découvrons Frank, sa soeur Cee et leur univers. Chaque chapitre, après une scène d'ouverture http://img.over-blog.com/179x300/3/94/91/20/suite-ter/home.jpgédifiante, apporte un peu plus d'informations sur les Money. Sujets à des crises d'angoisse et de violence, seul survivant d'une bande d'amis originaires de l'étouffante Lotus, Géorgie, Frank est sans cesse tourmenté par les souvenirs atroces de cette guerre. Sur la route pour rejoindre sa soeur, apparemment en danger de mort, Frank rencontre des inconnus, et à travers eux, à travers tous ces personnages, Toni Morrison peint une Amérique raciste, où la pauvreté des Noirs est en terrible contraste avec la situation des Blancs dans le reste du pays.

Alternant point de vue de Frank et narration se concentrant sur d'autres personnages l'auteure entraine son lecteur au plus profond de leurs pensées, hantés qu'ils sont par leur passé. Ce dernier est au centre de l'histoire et des enjeux de l'intrigue: l'enfance aux prises avec une grand-mère cruelle et des parents absents, les expulsions par les Blancs, les meurtres; la guerre pour Frank, la fuite avec un homme pour Cee, puis l'abandon par ce dernier.

Comment avec une telle histoire, de tels traumatismes, Frank et Cee peuvent-ils avancer, malgré tout? Si Home est un roman dur, c'est aussi un récit plein d'espoir sur la rédemption, sur la solidarité qui permet de se relever des pires horreurs. Pour se tenir debout, en dépit de tout. ( Ce qui me fait penser au poème Invictus de William Henley) Une solidarité qui est très souvent le fait des femmes.

Dans un style ciselé, Morrison nous entraîne dans un monde que l'on espère disparu à jamais, où le racisme mène à des atrocités. Elle réussit également un tour incroyable: parler de racisme sans jamais évoquer le terme ou signaler la couleur de peau de ses personnages. Un récit ramassé, sans fioritures, limpide.

Un beau roman à lire absolument!

Les avis de InColdBlog, Choco, Lecturissime.

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Manu 24/11/2012 22:27


Tout le monde semble unanime. Je le lirai donc. Beloved m'avait un peu donné du fil à retordre mais j'avais adoré Love.

Choupynette de Restin 26/11/2012 17:29



je pense que je lirai un autre roman de l'auteure, mais pas tout de suite. beaucoup de livres prioritaires (quoi que ce mot là ne veut plus rien dire, à force, car des prioritaires, il y en a à
la pelle!!)



In Cold Blog 20/11/2012 18:34


Tu as très bien synthétisé tout l'art de Toni Morrison dans Home : "parler de racisme sans jamais évoquer le terme ou signaler la couleur de peau de ses personnages". Un très
beau roman, dur mais optimiste.

Choupynette de Restin 21/11/2012 18:44



oui, je craignais au départ la fin plombante, mais non... une peu d'optimisme dans ce monde de brutes pessimistes!



Alex-Mot-à-Mots 20/11/2012 11:34


Réservé à ma BM, je l'attends avec impatience.

Choupynette de Restin 21/11/2012 18:44



tu as déjà lu d'autres romans de Morrison?



Noukette 19/11/2012 23:05


J'adore Morrison... et j'ai beaucoup aimé Home aussi, même si ce n'est peut-être pas le roman idéal pour faire connaissance de sa plume ! Lis Beloved, c'est une pépite ! ;-)

Choupynette de Restin 21/11/2012 18:44



a ce qu'il paraît!! je l'ai noté du coup ;)



saxaoul 19/11/2012 22:06


Effectivement, ce dénouement laisse une grande place à l'espoir et ça fait du bien au moral !

Choupynette de Restin 21/11/2012 18:45



ouiiii ça fait du bien en ces temps de grisaille... économique, sociale et météorologique!



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