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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Effacement - Percival Everett

Publié par Choupynette de Restin sur 12 Avril 2013, 11:01am

Catégories : #Ma bibliothèque, #coups de coeur

S'attaquer à l'écriture d'un billet sur Effacement, c'est se confronter dès le départ à la complexité, la richesse du roman de Percival Everett. Par quel bout prendre ce récit - ou plutôt ces récits - d'une grande érudition mais sans aucun snobisme?

Thelonius "Monk" Ellison est un romancier au lectorat confidentiel. En effet, cet érudit, professeur d'université en Californie, écrit des livres d'avant-garde. On lui reproche de ne pas écrire assez "noir", assez "black". Car Monk est noir. Et "on" (le marché, les éditeurs etc.) attend autre chose d'un romancier à la peau d'ébène. L'exemple est cette femme qui a produit un best-seller avec Not'vie à nous au ghetto. Le degré zéro, selon Monk, de la littérature. Et pourtant c'est un succès.

 

Cet "évènement littéraire" survient alors que Monk doit prendre en charge sa mère dont on vient de diagnostiquer l'alzheimer, que sa soeur (médecin pratiquant des avortements) vient d'être assassinée, et que son frère en pleine procédure de divorce n'a plus un kopek en poche. Monk doit assumer financièrement et moralement sa mère. Cette conjonction d'évènements l'amène donc à écrire un pastiche du roman Not'vie à nous au ghetto, Ma pataulogie. Mais bientôt la blague échappe à son créateur: Ma pataulogie est pressenti pour devenir le prochain best-seller... Monk devient donc riche...

 

Ceci n'est qu'un résumé partiel et imparfait du roman de Percival Everett. Dénonciation féroce du monde de l'édition, des critiques littéraires que rien ne saurait sauver de la médiocrité, de la veulerie et de l'hypocrisie, Effacement est bien plus que cela. C'est aussi une réflexion sur la place de l'individu, son inclusion ou son exclusion d'un groupe (famille, cercle social, professionnel etc), son identité. C'est également, thème qui revient régulièrement apparemment dans les romans de l'auteur, une réflexion sur la tolérance/l'intolérance, la différence: racisme, homophobie, extrémisme religieux, tout y passe. C'est une radioscopie de l'état de l'Amérique que livre là l'auteur. Avec en prime un formidable travail sur la forme. Emaillé de dialogues entre sommités (Rothko et Resnais, ou entre Wittgenstein et Derrida), le récit est également parsemé de réflexions sur la pêche à la truite ou l'ébénisterie. Il y a également tout un passage sur un jeu télé fictif...

Il y a tant de choses à dire sur Effacement... Mais à défaut d'en parler de manière exhaustive, je me contenterai de vous inciter à le lire. C'est un roman magistralement écrit, autant sur le fond que sur la forme.

 

Les avis de: Bluegrey, Ys, Manu.

 

Autres romans de l'auteur chroniqués dans ces pages: Désert américain et Blessés.

Commenter cet article

M
<br /> Oui, à Bruxelles et je suis revenue avec une dédicace <br />
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C
<br /> <br /> chanceuse!!<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> Un roman vraiment brillant et l'auteur est très intéressant en débat !<br />
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C
<br /> <br /> tu as eu la chance de le voir???<br /> <br /> <br /> <br />
I
<br /> Next on my list... <br />
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C
<br /> <br /> une liste longue comme le bras... voire plus ;)<br /> <br /> <br /> <br />
Y
<br /> Un auteur subtil, et qui en plus fait rire avec des sujets graves : une vraie réussite.<br />
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C
<br /> <br /> absolument!! un très grand écrivain.<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> il va falloir que je découvre cet auteur ! Oui, je sais il faut le lire !!!! <br />
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C
<br /> <br /> voilà, tu as tout compris!<br /> <br /> <br /> <br />

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