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Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Batavia

Publié par Choupynette de Restin sur 28 Mai 2013, 15:25pm

Catégories : #Ma bibliothèque

http://covers.booktopia.com.au/big/9781864710403/batavia.jpgA part la salade, ce nom vous est-il familier? Pour ma part, je pensais aux Bataves, un des peuples ancêtres des actuels Hollandais.

Batavia, en souvenir de ce peuple, c'était la capitale se situant sur l'île de Java des Indes orientales , véritable empire commercial tenu par la fameuse Compagnie des Indes orientales (VOC). Batavia, c'est aussi et surtout le nom du plus grand et plus beau bateau de l'époque, contenant, lorsqu'il quitte le royaume, la plus formidable cargaison de l'époque, avec pas moins de 12 coffres remplis que d'or et d'argent. il quitte les Pyas-Bas à l'automne 1628. Malheureusement, le navire ne parviendra jamais à destination puisqu'il échouera contre les récifs à l'ouest de l'actuelle Australie, que les Hollandais nommaient Het Zuidtland, la terre du sud.

Il y eut des survivants, mais les quelques mois qu'ils passèrent sur les îles de l'archipel des Abrolhos virèrent au cauchemar.

C'est cette histoire que raconte Peter Fitzsimons, ancien joueur de rugby et journaliste. C'est un récit très coloré, dans lequel l'auteur ne nous épargne guère de détails, y compris les plus sordides et les moins ragoutants. Si le style n'est pas franchement des plus enchanteurs, la lecture est passionnante, et on sent qu'il s'est beaucoup documenté. Il explique d'ailleurs souvent à partir de quelles informations et recoupements il a imaginé certaines scènes, ou certains comportement des personnages. Avant de débuter l'histoire même du Batavia, il fait un rapide passage en revue de l'histoire de la VOC, très instructif, et qui donne bien une idée de l'époque.

Parmi les personnages principaux de cette histoire, le pire d'entre eux, souvent décrit comme "le diable incarné", est Jeronimus Cornelisz. L'auteur part d'une hypothèse pour expliquer le comportement du personnage: il aurait été un disciple de Torrentius, peintre et soupçonné d'être membre des Rose-Croix, jugé pour hérésie et sauvé in extremis par Charles Ier, roi d'Angleterre. Selon l'auteur, la philosophie des rosicruciens étaient qu'il n'y avait ni paradis, ni enfer, et que les actes commis sur Terre n'étaient donc passibles ni de l'un ni de l'autre. Ceci expliquerait donc la totale absence de scrupules de Cornelisz. Pour certains, ce dernier aurait plutôt été un psychopathe, "pur et simple".

Mais revenons au naufrage du Batavia. Mené par le Capitaine-Général Francisco Pelsaert, le navire compte un peu plus de 300 personnes. les conditions de voyage sont très contrastées, entre les soldats qui vivent pour ainsi dire perpétuellement sous le pont, sans jamais sortir à l'air libre, et les passagers de haut rang, qui eux ont droit à des cabines confortables et son invités à la table du Capitaine-Général. Cornelizs, qui se lie avec Arien Jacobsz, skipper du bateau, fomente avec ce dernier une mutinerie. Mais ils n'ont pas le temps de la mettre en oeuvre: le Batavia s'empale sur les récifs.

Sur ces îles à l'ouest de l'Australie, pas d'eau ou presque, peu de nourriture. Alors que Pelsaert, Jacobsz et quelques hommes et femmes tentent d'abord de trouver un lieu de refuge plus accueillant, puis en désespoir de cause, font route vers Batavia sur l'île de Java pour chercher les secours, Cornelisz prend le commandement et fait régner sa loi avec les mutins. Une loi plus que sanglante puisque les meurtres seront manière de régulation (histoire de ne pas "gâcher" le peu de ressources en eau et en nourriture), les femmes (séduisantes, les "laides" étant exécutées) seront soumises à l'esclavage sexuel, etc. Le but ultime de Cornelisz et consorts: prendre d'assaut le bateau venant leur porter secours pour ensuite vivre une vie de pirates avec les trésors et l'argent récupérés sur l'épave du Batavia.

Mais Cornelisz avait sousestimé les soldats de Wiebbe Hayes. Par ruse, il les envoya soi-disant pour trouver de l'eau sur une autre île, sans leur laisser d'embarcation pour revenir. Il pensait qu'ils mourraient tous de soif puisqu'aucune source d'eau potable n'y avait été repérée. Or, par hasard, Hayes trouva une sorte de puits naturel. Et avec ses hommes, bien organisés, ils survécurent. Seuls les soldats de Wiebbe Hayes, empêcheront Cornelisz et ses hommes de mener à bien leur stratagème.

Le récit de ce naufrage avait soulevé un vive émotion, tant la bestialité et l'horreur semblaient incroyables. Le calvaire vécu par les naufragés aux mains de Cornelisz et de ses acolytes laissent pantois. A la fin de l'histoire, il reste moins 80 survivants...certains sont morts de suite de maladies, infections ou manque d'eau, mais beaucoup plus l'ont été de la main des mutins.

A partir des minutes du procès et du journal de Pelsaert, l'auteur retrace donc les mois d'horreur vécus par les passagers du Batavia. La lutte contre les éléments, la soif, la faim, les exécutions sommaires. C'est une histoire édifiante. Et passionnante à lire.

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S
<br /> Mais il existe en français ce livre ?<br />
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C
<br /> <br /> non, il n'a pas été traduit à ma connaissance. Celui de Mike Dash l'a été et il fait référence sur le sujet. tu dois pouvoir le trouver je pense. J'ai lu celui-ci sur ma liseuse.<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Un sacré livre d'aventures, me semble t'il ? <br />
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C
<br /> <br /> oui, alors, de l'aventure comme ça, moi j'en veux pas hein. mais c'est passionnant à lire. Je l'ai lu un peu comme un thriller, vu que je ne connaissais pas du tout l'histoire.<br /> <br /> <br /> <br />
I
<br /> Je note ta référence avec joie car j'ai repéré depuis pas mal d'années un roman qui semble épuisé sur la même histoire : Mike Dash - L'archipel Des Hérétiques - La Terrifiante Histoire Des<br /> Naufragés Du Batavia (Jean-Claude Lattès - 24/04/2002).<br />
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C
<br /> <br /> oui!! je veux lire le Dash maintenant!! j'ai lu une trilogie BD sur le sujet, qe j'ai bien aimée (billet à venir). mais quand on a lu le livre, ça fait un peu léger.<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> Je savais que Batavia était l'ancien nom de Djakarta. Ça à l'air pas mal glauque ce bouquin ? L'as-tu choisi parce que l'auteur est un ancien joueur de rugby <br /> <br /> <br /> Le Papou<br /> <br /> <br />  <br />
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C
<br /> <br /> non, je ne savais pas qui était l'auteur et ce qu'il avait fait avant d'écrire le billet, tu vois!<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Au moins, j'aurais appris quelque chose !<br />
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C
<br /> <br /> ;)<br /> <br /> <br /> <br />

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