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Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


L'Idole

Publié par Choupynette de Restin sur 19 Février 2007, 15:43pm

Catégories : #Arts et Lettres

 

Ô Corse à cheveux plats ! que ta France était belle
Au grand soleil de messidor !
C'était une cavale indomptable et rebelle,
Sans frein d'acier ni rênes d'or ;
Une jument sauvage à la croupe rustique,
Fumante encor du sang des rois,
Mais fière, et d'un pied fort heurtant le sol antique,
Libre pour la première fois.
Jamais aucune main n'avait passé sur elle
Pour la flétrir et l'outrager ;
Jamais ses larges flancs n'avaient porté la selle
Et le harnais de l'étranger ;
Tout son poil était vierge, et, belle vagabonde,
L'oeil haut, la croupe en mouvement,
Sur ses jarrets dressée, elle effrayait le monde
Du bruit de son hennissement.
Tu parus, et sitôt que tu vis son allure,
Ses reins si souples et dispos,
Dompteur audacieux tu pris sa chevelure,
Tu montas botté sur son dos.
Alors, comme elle aimait les rumeurs de la guerre,
La poudre, les tambours battants,
Pour champ de course, alors tu lui donnas la terre
Et des combats pour passe-temps :
Alors, plus de repos, plus de nuits, plus de sommes,
Toujours l'air, toujours le travail.
Toujours comme du sable écraser des corps d'hommes,
Toujours du sang jusqu'au poitrail.
Quinze ans son dur sabot, dans sa course rapide,
Broya les générations;
Quinze ans elle passa, fumante, à toute bride,
Sur le ventre des nations ;
Enfin, lasse d'aller sans finir sa carrière,
D'aller sans user son chemin,
De pétrir l'univers, et comme une poussière
De soulever le genre humain ;
Les jarrets épuisés, haletante, sans force
Et fléchissant à chaque pas,
Elle demanda grâce à son cavalier corse ;
Mais, bourreau, tu n'écoutas pas !
Tu la pressas plus fort de ta cuisse nerveuse,
Pour étouffer ses cris ardents,
Tu retournas le mors dans sa bouche baveuse,
De fureur tu brisas ses dents ;
Elle se releva : mais un jour de bataille,
Ne pouvant plus mordre ses freins,
Mourante, elle tomba sur un lit de mitraille
Et du coup te cassa les reins.

Auguste BARBIER (1805-1882)


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margoulette 23/02/2007 19:13

youuups ! désolée...mais la dernière fois, t'avais signé de ton beau surnom et j'ai oublié (ben tiens^^) de le remplacer par le mien ! donc voilà !
gros bisous (je suis connectée chez nico, ils te font des gros bizous)

Choupynette de Restin 25/02/2007 18:26

C'est pô grave cochonnette! Bisous à tous

Gérard Kiki 20/02/2007 23:28

Pffff... Trop facile. 'Y a même pas une rime en "ouille" !

Choupynette de Restin 25/02/2007 18:26

C'est exact Monsieur Kiki... quelle honte!!

Florinette 20/02/2007 09:14

Que de belles rimes !!!!

Choupynette de Restin 25/02/2007 18:25

Oh oui!

yueyin 20/02/2007 00:12

Ah c'était sur thom, je me demandais... épique en tout cas !

Choupynette de Restin 25/02/2007 18:25

La métaphore est très bien choisie, je trouve... épique, en effet!

Thom 19/02/2007 21:46

Un poème sur moi ??? :-)

Choupynette de Restin 25/02/2007 18:24

tu fais 160 cm??? :-)

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