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Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Ach, Mozart!

Publié par Choupynette de Restin sur 4 Décembre 2006, 11:05am

Catégories : #Evènements

Samedi soir, dans le cadre de l’année du 250ème anniversaire de la naissance de Mozart, j’ai pu écouter et voir sur Arte, le Requiem joué à Dresde.

 

 

Le Requiem KV 626 est la dernière œuvre de Mozart (1756-1791). Il n'a pas terminé cette œuvre car il est mort avant son achèvement.

 

 

Quelques légendes planent sur cette œuvre. Le comte Walsegg, qui entretenait un petit orchestre dans sa résidence de Stuppach, avait perdu sa femme en février 1791. Comme Mozart était devenu le 9 mai 1791 vice-maître de chapelle en la cathédrale St-Etienne à Vienne, il songea tout naturellement à lui écrire un Requiem à sa mémoire. Le contrat en bonne et due forme fut passé avec le représentant du comte par-devant un avocat. Il était convenu que Mozart devait livrer sa partition autographe sans en prendre copie. Voulant garder cette commande discrète, il a dépêché un intermédiaire pour traiter avec Mozart. Le compositeur créa la majeure partie de ce requiem alité car alors très diminué physiquement. Sur la première page de la partition on peut lire "1792", ce qui atteste qu’il avait l’intention de consacrer beaucoup de temps à cette œuvre. Au moment de sa mort (5 décembre 1791), seuls l’Introït et le Kyrie étaient entièrement achevés. En revanche, toute la partition était esquissée de manière très complète - toutes les parties obligées, l’harmonie par le chiffrage de la basse - jusqu’à la fin de l’Offertoire, à part la fin de la séquence ; celle-ci est interrompue au milieu du dernier mouvement "Lacrymosa".  Le 4 décembre1791, il profite d'une amélioration passagère de son état et des amis interprètent les parties déjà composées du requiem. Son état s'aggrave brutalement dans la soirée du 4 malgré la présence de deux des meilleurs médecins de Vienne. Il meurt le 5 décembre vers une heure du matin. Constanze, la femme de Mozart, demande à Franz Xaver Süßmayr, un élève de Mozart qui avait reçu les dernières indications du maître, de terminer le chef-d'œuvre, ceci afin de toucher la somme promise en fin de travail par le comte Franz Walsegg-Stuppach et d’autre part, pour honorer les derniers souhaits du compositeur.

 

 

 

En 1819, Sigismond von Neukomm composera un Libera me pour compléter cette messe de requiem. La version intégrale « Neukomm » n'a été donnée qu'une seule fois, le 19 décembre 1819 à Rio de Janeiro puis oubliée. En première mondiale depuis 1819, deux représentations du Requiem, conclues par le Libera me de Neukomm, ont eu lieu en novembre 2005 à Sarrebourg, en Moselle.

 

 

Ce Requiem révèle l’attitude existentielle de Mozart face à la mort. C’est l’une des très rares partitions où transparaît un individualisme "romantique" qui n’est pas facilement compatible avec la « fonction hiératique » de la musique liturgique. Le choix de la tonalité de ré mineur est très significatif : Mozart ne l’a employée comme tonalité principale que dans des œuvres où il est question de la souffrance rédemptrice.

J’ai entendu pour la première fois ce requiem en regardant, en cours de français en Première au lycée, le fabuleux Dom Juan ou le Festin de Pierre de  Marcel Bluwal, avec Michel Piccoli (Dom Juan), Claude Brasseur (Sganarelle) et  Anouk FerJac (Elvire). Bluwal donne une vie nouvelle à cette comédie " dramatique ". Débarrassant Dom Juan des perruques poudrées et des habits Louis XIV, il lui rend toute sa grandeur, l'élève dans l'intemporel pour en faire un personnage de tous les siècles, un homme confronté à la solitude de son destin.

 

 

 

 

 

Une petite bibliographie, bien sûr non exhaustive, sur ce grand, très grand, compositeur :

 

 


Haydn et Mozart, de Stendhal, Cette histoire sociale de la musique dérive de la correspondance de Stendhal avec son ami Louis de Lech ainsi que d'une traduction presque littérale d'un petit livre de Giuseppe Carpani (1812) à propos de Haydn et d'une biographie sur Mozart. Ed ; Michel de Maule

 

 

Mozart, Sociologie d’un génie, de Norbert Elias, au Seuil. Etude sociologique sur la position de l'artiste bourgeois qu'était Mozart dans une société dominée par la noblesse de cour.

 

 

1791, la dernière année de Mozart, H-C Robbins Landon et Dennis Collins, chez Fayard.

 

 

Correspondance par Wolfgang Amadeus Mozart, Constanze Mozart, et Maria Anna Mozart, chez Flammarion.

 

 

Le Testament philosophique de Mozart : La Flûte enchantée, La Clémence de Titus, Le Requiem : Selon les Arcanes de la Franc-Maçonnerie du Siècle des Lumières par Terrasson chez Dervy.

 

 

Et enfin le superbe Icare et la flûte enchantée de Julien Burgonde, chez Actes sud.

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K
Coucou ! Même si je ne connais pas 1/10 de son oeuvre, j'aime bien écouter du Mozart de temps en temps (et oui, même moi avec mes goût musicaux douteux ;p)<br /> Et qui savait que "Lacrymosa" est un groupe jouant du métal ma foi pas très mauvais en plus ? ;)<br /> Bonne soirée
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C
Douteux, douteux... je n'irai pas jusque là pour parler de tes goûts musicaux... ;-))
A
Mozart, c'est un grand.
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C
Comme tu dis!
Y
Choupy, c'est super interessant ! es-tu musicienne ? Je n'ai eu aucune éducation musicale, alors j'écoute au petit bonheur et je mets de côté ce que j'aime, Mozart j'ai craqué tout de suite... :-)
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C
Je ne me doutais pas que Mozart vous ferait à tous et toutes autant d'effet!<br /> Moi non plus, à part la musique au collège, je n'ai eu aucune éducation. J'aime mozart, alors je me renseigne. D'où cette petite analyse (tirée de nombreuses réflexions d'experts) sur ce magnifique requiem :o)
L
Choupy, tu es plaine de ressources dis-moi... La prochaine fois se sera une analyse chromatique des oeuvres de Mondrian? :0)
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C
t'as vu ça un peu! Pour mondrian c'est non, pour la simple et bonne raison que je n'aime pas! ce qui pourrait être justement une raison d'écrire quelque chose, mais bon, suis fleimarde!<br /> ;-))
N
ch'ti coucou en passant! bisous
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C
bises ;-)

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