Partager l'article ! Le silence des survivants: Moi qui pensais me retrouver avec un bon vieux polar, avec certes un tueur en série, j'ai été surprise ...
Moi qui pensais me retrouver avec un bon vieux polar, avec certes un tueur en série, j'ai été surprise.
D'abord par la noiceur du thème et des personnages. Isabel, rescapée des camps de torture Khmers, a épousé, aux Etats-Unis, Isaac, fils de Simon, lui-même revenu des camps nazis. Là, tout de suite, on se dit "ceux-là, ils trainent de sacrées casseroles"! Et de fait, Isabel et Simon se comprennent, forment une fratrie contre-nature, résultant de leurs expériences similaires derrière les barbelés. Dans cette famille, deux enfants, Thomas, l'ainé, et Samantha, 14 ans. Sam sera victime d'un sérial killer particulièrement vicieux, tortionnaire hors pair. Je vous passe les détails. Les cadavres s'enchaînent, et bientôt il apparaît que le tueur en veut à cette famille en particulier.
Pendant longtemps j'ai cru qu'en fait le tueur et les meurtres n'étaient qu'un prétexte pour évoquer la "survivance" de ceux qui ont échappé aux camps. Pour ces frères de douleur et de torture, les mots sont inutiles, polluants, superflus. Mais lorsque l'on approche la fin, tout se met en place, et de nouvelles questions viennent se greffer à la réflexion engagée. D'où vient le mal? Pourquoi, comment? est-il inné, acquis? Y a-t-il des prédispositions génétiques? Quelle est la place des survivants au milieu de ceux qui n'ont pas connu les horreurs infligées, et ne peuvent que les imaginer? Quel sens donner à la religion? A la vie? a l'idée d'humanité? Autant de thèmes durs abordés par l'auteure, sans jamais vouloir donner de leçons, ce qui est, à mon sens, méritoire.
Ce livre me laisse perplexe; je ne pense pas que l'on puisse dire de lui qu'on l'a "aimé", ni même apprécié, car il est dur à lire. Mais il m'a laissé une très forte impression, c'est un livre marquant. Je ne m'attendais pas à cela de la part de celle qui à écrit le jubilatoire Meurtre sur le réseau.
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