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Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Plein la vue, plein la g...

Publié par Choupynette de Restin sur 18 Septembre 2006, 12:38pm

Catégories : #Evènements

Le Visa pour l'image, festival de photojournalisme, n'a rien de réjouissant, comme le terme de festival le laisse faussement penser. Pour la deuxième fois, je m'y suis rendue...à mes risques et périls.

Comme d'habitude, des images chocs, belles, terribles. Dans un des livres d'or un visiteur écrit: "Plein la vue, plein la gueule. Merci de nous renvoyer nos hontes." Je ne peux qu'acquiescer. Ouganda, Saint Domingue, Pakistan et tant d'autres. Des lieux où la misère et le désespoir sont oubliés, laissés de côté. Chaque journaliste nous montre une réalité qui s'imprime sur notre rétine. Et y reste. Certaines photos m'ont frappé, un véritable uppercut. Celle par exemple d'un enfant, au milieu de l'eau. Un baluchon sur le dos. Maigre. De profil et dont on voit uniquement le blanc de l'oeil. C'est au Tchad, il est réfugié. La Tchétchénie est aussi représentée. Avec son cortège de cadavres, de ruines.

Une autre nous montre, installée dans un hamac de fortune, une petite fille indienne. La légende: "Elle est séropositive, orpheline, personne ne s'en occupe de peur de la contamination". J'en ai encore les larmes aux yeux.

D'autres photographes jouent sur les paradoxes. On voit par exemple des jeunes filles, entre 9 et 14, dont on sait qu'elles se droguent pour affronter la prostitution quotidienne. Puis une photo nous dévoile uniquement leurs mains, aux ongles peints de couleurs joyeuses, légères. c'est en Ouganda, je crois.

On entrevoit le quotidien d'enfants mineurs. Avec leurs casques à lampes.

On nous rappelle ce qu'était l'apartheid.

Une autre nous explique la réalité de travailleurs, que dis-je, d'esclaves à Saint Domingue, paradis à touristes. Engagés par des rabatteurs, ces étrangers, privés de leurs papiers,  coupent sans répis la canne à sucre. 1€50 la tonne. On nous précise que les plus robustes n'en coupe qu'une tonne, voire 1,5t, au maximum. Les enfants nés sur les exploitations n'ont aucune existence légale, ils sont condamnés à suivre le chemin de leurs parents: esclaves du XXIème siècle, à quelques centaines de mètres des plages paradisaques où touristes du monde entier viennent se ressourcer.

Tout un lieu était consacré à katrina, et ses ravages sur la Nouvelle Orléans. Nous y voyons des photos prises à chaud, puis quatre mois plus tard. Quelle tristesse, de voir que presque rien n'a changé. On y apprend également que la mère de Bush, ancienne première dame des USA, a affirmé, que les gens devaient être contents d'avoir quelque abris de fortune, car ils étaient pauvres... Quand on dit les gens chez les Bush, et chez beaucoup d'autres, on pense: les noirs. Triste réalité, révoltante réalité.

L'Amérique du Sud, enfin. Elle fait l'objet de tout un reportage par Diego Levy, intitulé Sangre. On y voit des morts. Des femmes tuées par leurs ex. Des jeunes par des gangs. Des dealers... On a l'impression d'un continent baigné dans le sang. Et l'exposition sur la dictature en Argentine ne fait que renforcer cette impression.

Une autre photo m'a frappé. On y voit ce que je croyais être Tony Blair se regardant dans un miroir.En fait, on voit l'arrière de la tête de Bush et le visage de Blair, tous deux se faisant face. Je crois que le message est clair.

Crédits photos, dans l'ordre "d'apparition": Peter Dejong, Alvarro Ybarra, Alon Reininger, Thomas Dworzak et Diego Levy

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G
C'est à Perpignan, Loupiote. Si je puis me permettre d'intervenir alors que c'est même pas chez moi....
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C
Ne t'inquiète pas Gaëlle, je ne  t'en veux pas! Pas de crime de lèse majesté! ;-) <br /> Loupiote: oui c'est à perpignan: pour une fois qu'une grande manifestation ne se passe pas trop loin de chez moi!! J'aurais voulu mettre plus de photos, mais je n'ai trouvées que celles-là de dispo sur le web...<br /> Jojo: edn effet, c'est toujours plein la gueule, et on n'en ressort pas indemne, dans l'âme et... dans les pieds qui souffrent eux aussi!
L
je comprend mieux pourquoi tu n'as pas envie de te plonger dés maintenant dans les récit sur le génocide arménien. c'était à Patis cette expo?
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G
Décidément chez les Bush, y en a pas un pour rattraper l'autre... c'est eux qu'on devrait pointer du doigt avec mépris, appeler "ces gens", et leur désigner une tanière de fortune où crécher, si une maison se gagnait au mérite personnel;
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G
Ma cousine bosse dans le photojournalisme, c'est une habituée de Visa et elle en revient aussi, je la vois dimanche et grâce à ton billet je vais pouvoir en parler avec elle. Oui, c'est utile de  nous renvoyer nos hontes à la figure. Même si ça met les larmes aux yeux. Et comme je comprends les tiennes. Merci de ce billet, il est beau !
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J
Les larmes aux yeux.... oui je les ai eues comme toi plusieurs fois à Perpignan, plein la gueule et trop-plein d'absurdité et de cruauté. Et tout cela est éprouvant pour moi et je n'y vais plus. Sans parler des pieds en compote.  Mais quelle chance de faire cette minivisite accompagnée à travers ton regard de jeune femme! MERCI.
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