Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Adieu Cuba

Publié par Choupynette de Restin sur 11 Août 2006, 07:30am

Catégories : #Petit & grand écran

Andy Garcia est passé derrière la caméra pour raconter l'histoire d'une riche famille cubaine prise dans la tourmente de la révolution castriste. Un très beau film, servi par des acteurs au jeu sobre.

La famille Fellovie est une un famille de La Havane, dont l'un des fils, Fico (Andy Garica), ancien danseur dirige un club très à la mode dédié à la danse et à la musique. Des deux autres fils on ne sait pas grand chose, si ce n'est qu'ils sont mariés. Luis (un acteur dont j'ai oublié le nom) est l'époux d'Aurora (Ines Sastre, qui s'en sort très bien), Ricardo (Enrique Murciano, plus connu en France sous le nom de Danny Taylor, de FBI, portés disparus) est lui aussi marié et père d'un petit garçon. Le père de famille est professeur de droit constitutionnel et l'oncle planteur.

Voilà pour les personnages. Le film s'ouvre sur le meurtre d'un policier, cible de nombreux meurtres à la fin du régime dictatorial de Batista. Brutal. Au fur et à mesure, on comprend, au travers d'une discussion , notamment, que le plus jeune fils, Ricardo, est un révolutionnaire, qui suit les idées de Castro. On apprendra plus tard, que Luis est lui aussi révolutionnaire mais son groupe s'oppose à Castro en ce qu'il est en faveur d'une après-révolution pluraliste, démocratique. Luis est tué lors d'une tentative d'assassinat du président cubain. Ricardo quant à lui, libéré grâce à l'aide de son frère (et probablement sauvé d'une mort certaine) et d'un capitaine de l'armée, part rejoindre le Che et Castro dans la jungle. Par la suite, la révolution gagnée, on constate en même temps que Fico la nouvelle forme du régime, la violence des révolutionnaires qui ne font que reprendre les anciennes méthodes de Batista. Une scène frappante est celle lors de laquelle Fico demande à Ricardo, en faveur auprès du Che, de faire relâcher le capitaine qui l'avait libéré. Mais lelendemain, alors qu'il est convoqué, Fico apprend que l'ancien capitaine a été exécuté, sans que Ricardo n'y trouve rien à redire. Je m'attendais à une tirade de Fico du style :"il t'a sauvé la vie, comment peux-tu le laisser mourrir", mais c'est justement le silence de Fico et son regard interloqué, où se mêlent la haine et le désespoir, qui laisse une impression plus forte encore.  Les absurdités des théories communistes sont notamment dénoncées: le saxophone est interdit dans le club de Fico car c'est un instrument de musique impérialiste(!!).

au fil du film, on assiste au désagrègement de la famille, déchirée par la révolution, ses idées et ses atrocités. Dernières déchirures pour Fico, Aurora (veuve de Luis et son nouvel amour) devient la "veuve de la révolution" et favorite de Castro (un comble quand on sait que son mari était opposé à Castro) et refuse de s'exiler avec lui (ultime déchirure) aux Etats-Unis. Ce désagrègement est symbolisé par le repas de famille: à mesure que le temps avance, la table se vide petit à petit de ses convives, morts.

Bill Murray, (Lost in translation, broken flowers) est un personnage sans nom, au sens littéral du terme, dont l'humour caustique vient en contrepoint de l'horreur et du chaos induits par la révolution. La danse et la musique servent aussi magnifiquement ce film. Des moments enchanteurs de mambo par exemle nous offrent un aperçu de la richesse culturelle cubaine. A d'autres, le tourbillon des jupes des danseuses vient aussi en contrepoint à celui des balles. La musique est d'une ironie frappante: vamos a bailar, alors que se joue un tango mortel à deux, lorsque Luis meurt.

Vous l'aurez compris, c'est un superbe film. Une musique magnifique, des acteurs au jeu sobre. Jérôme m'a fait la réflexion qu'il s'agissait tout de même d'un film de propagande américaine. Mais je crois qu'il s'agit plutôt d'une description de la révolution cubaine, telle qu'elle a été vécue par ceux qui sont partis en exil.

Commenter cet article

Nous sommes sociaux !