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Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Harlequinade #1

Publié par Choupynette de Restin sur 3 Août 2009, 22:00pm

Catégories : #Ma bibliothèque

Je me trouvais l'âme d'une aventurière. Aussi, quand nous avons avancé l'idée de mener une étude sociologique de très haut niveau sur les romans Harlequins, j'étais fort enthousiaste. J'ai donc suivi toute la troupe de blogueuses. Lors d'une expédition menée à nos risques et périls sur la place du Capitole, Erzebeth, Fashion, YueYin et votre servitrice se sont donc pourvues en lectures estivales harlequinesques. Autant vous dire que le choix fut difficile. Pensez-vous: comment choisir entre le séduisant miliardaire attendant désespéremment l'amour dans son jacuzzi aux robinets en or 18 carats, le rancher crotté au coeur en guimauve ou le médecin surmené au stéthosope rutilant? Figurez-vous que j'ai choisi le médecin (rugbyman) et le milliardaire.
Avec Une nuit aux urgences, de Carol Marinelli, puisqu'il faut nommer la coupable, j'ai vécu un enfer. J'ai pénétré une jungle inextricable de clichés, lieux communs, personnages insignifiants et proprement exaspérants. En lieu et place de la machète d'Indie, j'avais un pauvre crayon...
Mais procédons dans l'ordre. Dans un hôpital de Melbourne, Eleonor Lewis infirmière de 23 ans, arrivée de sa campagne, va tomber sous le charme du chef de service (oui, dans la collection Blanche, réservée aux fétichistes des amours hospitalières, il ya une sous-section "les grands patrons": On les appelle avec respect les "grands patrons", ils ont le prestige, le pouvoir, le savoir. Mais pas encore l'amour....ah ah! Suspense) Rory (beurk) Hunter. C'est lui le rugbyman "aux cuisses magnifiques" (sic).
Eleonor est le prototype improbable de la bimbo coincée du popotin. Marinelli aurait pu  nous la décrire, tout simplement. Mais non, elle utilise un de ses personnages, Pier (qui est sensé être Français, mais je crois que CM a un problème avec l'orthographe... Et qu'on ne me dise pas qu'il n'y a pas d'orthographe pour les prénoms, j'ai décidé que j'allais tout critiquer. Point barre.), conveniently "gay": "Mais vous êtes très jolie, s'exclama Pier (grrrrr). Une ravissante blonde aux yeux bleus, dotée d'une silouhette de rêve... Pour tout vous dire, si j'étais attiré par les femmes, je tenterais sûrement ma chance avec vous!" (tout ça page 4) Mon Richie... sauve-moi!!!!!!
Nous avons donc établi qu'Eleonor était le stéréotype de l'infirmière que beaucoup rêvent nue sous sa blouse blanche. Je disais qu'elle était coincée: un rien la choque, la pauvre chérie. Une infirmière qui remplit un certificat de décès d'un nouveau-né dans pleurer toutes les larmes de son corps ni penser au suicide par exemple. Mais c'est bien plus que cela. Eleonor est une chieuse en puissance, à toujours chercher la petite bête (la critique des autres à son encontre), elle voit le mal partout, change d'avis comme de chemise, et est d'une agressivité rare. La pauvre est victime: elle est TROP jolie... rahhhh y'en a qui n'ont vraiment pas de chance dans la vie. Notre charmante infirmière a quitté la campagne justement a cause d'une Rita (forcément très laide) qui la prenait pour une fille facile.
Eleonor est une chieuse, je le disais: sûre de sa morale à touté épreuve, elle se permet de remettre à sa place son supérieur (le fameux Rory), après seulement deux jours dans le service. Vous reconnaitrez que pour une fille traumatisée (n'ayons pas peur des mots), elle sort facilement de ses gonds pour dire ses quatre vérités au "Grand Patron". Eleonor est une victime sacrificielle: en gros Eleonor, c'est un peu Jesus à Melbourne. "L'idée de rester plus longtemps en présence de Rory ne plaisait  guère à Eleonor, mais elle se disait que c'était pour le bien de la patiente".... Quelle grandeur d'âme....Malheureusement, elle a dû rater un épisode d'Alain Decaux raconte Jesus aux enfants, notamment celui où il est dit qu'il ne faut pas juger les autres. Je m'explique. Eleonor est une championne en jugement hâtif, sans preuve, ce que bien sûr elle reproche aux autres de faire à son égard. Au final le livre se lit ainsi: une page Eleonor se lamente de ce qu'elle est une victime, la page suivante c'est une vraie harpie. Exemple:
Eleonor est dans une chambre avec une patiente mourante, elle y prend son déjeuner tout en tenant la main de la pauvre femme (c'est Jesus je vous dis!) et voilà que Rory entre:
"-j'espérait avoir un entretien avec vous en dehors des heures de travail (ah, ah, ça y est il va lui faire une proposition indécente!!!)
-je vous demande pardon? (Préparez-vous, Madame est sur l'escabeau, en passe de monter sur ses grands chevaux)
- Je pensais vous voir à la fin de votre garde, à la cantine peut-être
- Puis-je vous demander tout ce que cela signifie? Il se trouve que je profite de ma pause déjeuner pour tenir compagnie à une patiente, et voilà que vous avez l'audace de faire irruption...
-Non voyons je n'ai pas fait irruption (ahh il est bien brave...)"

Rory quant à lui, est donc censé être rugbyman, d'où les cuisses magnifiques.(hum). Et L'auteure nous rebat les oreilles de clichés éculés: les rugbymen ont tous le nez cassé, ils sont entièrement et perpétuellement couverts de boue. oh punaise.... vous comprenez pourquoi j'ai souffert????  Mais moi , je vous le dis tout de go: ce gars-là il est juste abruti: comment peut-il ne serait-ce que penser à coucher avec cette harpie, encore moins tomber amoureux???
Enfin, les personnages secondaires sont là vraiment très secondaires, puisqu'on ne sait même pas à quoi ils ressemblent! En tout et pour tout ils sont 4. On ne sait rien de leur vie.
Que dire de l'intrigue? Inexistante, cela n'étonnera personne. Il n'y a même pas un rebondissement. Evidemment, Rory et Eleonor couchent ensemble (on eu dit qu'il savait d'instinct ce qu'elle voulait, et sous ses caresses, elle oublia la cruauté du monde et les moments terribles qu'elle avait vécu un peu plus tôt à l'hôpital. Après avoir fait longuement l'amour, ils restèrent enlacés. Epuisés mais comblés), et evidemment elle tombe enceinte. Normal. Il est vigoureux le garçon, n'oubliez pas: il est rugbyman! Hum, bref.
Sitôt l'acte consommé, ils décident chacun de mettre un terme à cette passion torride (...ouais...): lui pour qu'elle puisse continuer à exercer son métier d'infirmière dans cet hôpital, elle... eh bien, par bonté d'âme... et grandeur du sacrifice (n'oubliez pas: son deuxième prènom, c'est Jésus).
Ceci étant dit, dès le lendemain, elle le trouve dégueulasse d'avoir fait passer son plaisir en premier, il l'a laissée tomber comme une vieille chaussette pourrie, si ça se trouve il espère qu'elle va démissionner, etc etc etc... Quand je vous disais qu'elle changeait d'avis comme de chemise... Evidemment, pas question d'avorter, elle va retourner dans sa campagne affronter la méchante Rita. Heureusement, un toxico manque de la tuer, et du coup Rory lui dit qu'il va l'épouser.
je ne parlerai même pas de style, tant ce mot doit être éloigné des préoccupations de Marinelli - et d'Harlequin - qui écrit aussi bien qu'une ado de sixième. Les dialogues étaient navrant, mais certaines descriptions... dernier exemple et après je m'arrête (c'est trop DUR docteur - tiens d'ailleurs un truc qui m'a frappé: on appelle les médecins Mr dans ce torchon. Pas Docteur, Monsieur...tssss): Rory emmène Eleonor-Jesus dans un bistrot à pâtes supposément génial. "le bistrot était vraiment génial. On attendait assis sur des tabourets métalliques devant un comptoir en Formica".... Ca se passe de commentaire. Non contente de ne pas savoir écrire, l'auteur n'a en plus aucun goût...


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liliba 25/08/2009 22:17

On te sent un peu aigrie, là, non ? Pfff, c'est que t'es jalouse, c'est tout !!!

Choup 28/08/2009 08:12


aigrie, moi???? jamais.... :)))


Aileean 20/08/2009 10:03

J'ai adoré ton article!!! Mmmm les rugbymans!!!

CHoup 20/08/2009 19:36


hihihihihi!! J'en ai un à la maison... et je peux te dire que ca n'a rien à voir. Enfin, bon certes y'a de la boue de temps en nez, mais j'ai vérifié: son nez est
toujours intact!


Restling 12/08/2009 20:05

Arghhh je déteste quand l'héroïne est à claquer !!! Remarque, parfois ça fait du bien de se défouler sur une c***asse d'héroïne de roman, ça fait du bien !

Karine :) 07/08/2009 01:36

j'adore ce billet... Sainte Eleanor, donc!!!  Je sens que j'aurais eu une véritable antipathie pour cette sainte nitouche!!!!  Qu'est-ce que les Harlequin nous font voir!!!!

Emeraude 06/08/2009 22:42

je crois que ce que je préfère, c'est la description du bistrot si génial !! ;-)Franchement les filles, c'est trop sympa de votre part de faire cette étude hautement sociologiques, je me poile de blogs en blogs !!! :-)

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