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Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Dans la brume électrique

Publié par Choupynette de Restin sur 2 Mai 2009, 07:05am

Catégories : #Petit & grand écran

Dave Robichaux est un policier de la Louisiane, pas franchement le plus rigolo du coin...Dans ce film, tiré d'un roman de E L Burke, il doit résoudre les meurtres de deux jeunes femmes. Autant dire que les meurtres sont "atroces". Parallèlement, il découvre le cadavre d'un Noir mort plus de 40 plus tôt. Et pour couronner le tout, Robichaux est "aidé" par le Général Hood, ayant participé à la Guerre de Sécession.
Les avis sont partagés sur ce film. Beaucoup sont déçus, d'autres très enthousiastes. En tout cas, j'ai beaucoup aimé, sans en faire un film coup de coeur.
Ce qui m'a frappé, c'est notamment la lenteur, presque la torpeur, de cette réalisation. Aussi lent qu'un blues lancinant, Dans la brume électrique s'installe dans un faut rythme où l'horreur humaine cotoie la splendeur d'un paysage marécageux mystérieux et sauvage. Sans s'en rendre compte, le spectateur glisse incidemment dans cette atmosphère glauque et pesante comme le bayou louisiannais. Cette histoire est comme une longue digression sur le mal et ses différentes manifestations. De la guerre de Sécession aux meurtres de prostituées en passant par l'assassinat d'un Noir dans les années 1960, Robichaux est confronté au Mal. Le Mal qui tue, spolie, jouit de la souffrance d'autrui. Le Mal ordinaire aussi, les désespérances, l'alcoolisme, Katrina et bien d'autres encore. Ce métrage aborde également le thème de l'Histoire et de sa transmission de générations en générations, de ce passé qui pourrit dans les arrières cours et les mémoires, et qui, un jour ou l'autre ressurgit.
Tommy Lee Jones est très bon. Il a réussi à faire passer par de simples regards, gardant un visage presque immobile, toute une palette d'émotions. Il dégage à la fois force, conviction et fragilité. Je regrette que l'agent du FBI soit une caricature de ce type de personnage: bien coiffée, pantalon noir et petite chemise.
Ce qui fait la force de ce polar atypique, son rythme particulier, fait aussi sa faiblesse. Car invariablement on ne sent vraiment la tension dramatique qu'après la première heure. Première heure qui peut donc sembler un peu longue. En outre, certains aspects de l'intrigue restent un peu confus, qui laisse un petit goût d'inabouti. Egalement, certains personnages comme les deux stars de cinéma, ont des motivations qui restent inconnues du spectateur, et qui  peuvent laisser perplexe. Mais là, il est  possible de se demander si ce n'est pas aussi le cas dans le roman de Burke. Un film riche, complexe, qui ne ressemble en rien au polar américain moyen. Mais qui, c'est sûr, ne plaira pas à tout le monde. 

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W


Le livre est splendide et l'adaptation de Tavernier est très réussie, ele film  ne trahit pas l'univers de Burke .



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M

J'avais beaucoup aimé ce film...


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C

moi aussi, malgré sa langueur et ses longueurs. Envoutant!


A
j'attendrais sa sortie en DVD mais je le verrais.
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F
J'ai succombé hier dans une chouette librairie que je viens de découvrir près de Saint Cyprien, et j'ai acheté le bouquin.
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Y
Je n'ai pas pu lire les livre beaucoup trop atroces pour moi mais ils sont très bons dit-on pour ceux qui aiment le genre, en tous cas l'atmosphère - j'en ai lu la moitié d'un quand même - c'est tout à fait ça, poisseuse et lente comme un blues de louisiane :-))))
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