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Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Watchmen

Publié par Choupynette de Restin sur 23 Mars 2009, 07:20am

Catégories : #Petit & grand écran, #coups de coeur

Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux, Watchmen se déroule dans une Amérique alternative de 1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l'Horloge de l'Apocalypse -symbole de la tension entre les Etats-Unis et l'Union Soviétique- indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l'un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un peu à plat mais néanmoins déterminé, va découvrir un complot qui menace de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent. Alors qu'il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers -un groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l'un d'entre-eux possède de véritables pouvoirs- Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de protéger l'humanité... Mieux vaut ne pas lire la suite pour ceux qui ne souhaitent pas connaître la fin du film (même si elle est loin d'être surprenante)!

L'uchronie est ici un moyen comme un autre de nous mettre, nous humains, nous citoyens, devant les conséquences ultimes de nos choix et de nos actes. Cette Amérique alternative met en abîme les possibilités liées à nos choix. Ce film n'est pas qu'un simple film d'action, il est bien plus que cela. L'action la plus "premier degré" alterne avec des réflexions beaucoup plus élevées, voire métaphysiques. J'irais presque jusqu'à dire que c'est un conte philosophique.

Sanglant, certes, mais philosophique. Ces super-héros que le gouvernement a laissé prendre, d'une certaine manière, le pouvoir, sont déboussolés. A la retraite ou toujours en activité, ils sont paranoïaques, obsédés par le passé, lâches, ou tendus vers un but ultime qui semble impossible à atteindre: la paix. Rien à voir avec les tourments d'un Batman dans les derniers opus de la série. Non, ces super(anti)héros sont pour certains des voyous qui ont la loi de leur côté. Rien de plus, rien de moins. Presque tous sont les facettes d'un même personnage: le héros tout puissant, adulé, ayant l'avenir de la planète entre les mains. Il peut devenir soit froid, détaché et sans émotions (Dr Manhattan), soit une fois relégué aux oubliettes désenchanté, cynique et alcoolique (Comédien, Silky Spectre), ou encore vengeur masqué dont la seule motivation est une justice impitoyable et implacable (Rorschach).

Au-delà du personnage de super-héros, Zack Snyder, le réalisateur, interroge la notion même de morale, de la fin et des moyens. Pour ces super-heros, la morale et les limites qu'elle impose sont aussi mouvantes que les ombres du masque de Rorschach. Le but ultime, la paix entre les hommes, semble valoir tous les sacrifices, quels qu'ils soient, alors même que l'humanité est considérée comme amorale. La paix finalement obtenue est d'ailleurs célébrée non par l'Hymne à la joix de Beethoven mais par le requiem K626 de Mozart... une messe pour les morts, donc. Ironie suprême.

L'utilisation du ralenti enfin, visuellement superbe, évoque cette humanité en perpétuel équilibre, suspendue au bord du gouffre et du chaos.

Un film qui, vous l'aurez compris, m'a conquise, malgré - à cause - de sa noirceur. Sa virtuosité visuelle n'a d'égale que sa complexité, fable sur la société, ses déviances et ses fantasmes de super-héros qu'il ridiculise et ramène au statut d'hommes (parfois).   

Commenter cet article

C
Il faut juste que je trouve assez de temps pour y aller! Il me fait vraiment, vraiment envie! J'aime beaucoup cette manière de jouer sur l'image des super-héros, et Alan Moore est quand même en haut du panier en la matière!
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C
C'est particulier, mais bon, si tu n'as pas peur de voir du sang et d'entendre un peu de discours métaphysique, tout cela avec pas mal d'action.... vas-y!!
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S
Mon fils (19 ans) a adoré. L'affiche ne m'attire pas vraiment mais, vu ce que tu en dis, pourquoi pas ?
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C
héhé! vraiment, je me suis régalée!!
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Y
WAhouuuu ! maintenant je regrette vraimetn :-)
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