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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Media et pouvoir politique

Publié par Choupynette de Restin sur 30 Mai 2007, 16:47pm

Catégories : #Mon oeil!

anti_bug_fckVoila une relation dangereuse, perilleuse. Les média sensés être le quatrième pouvoir, l'ultime contre-pouvoir, celui qui se targue d'être au service du public avec son tout puissant "le public a le droit de savoir" sont aujourd'hui loin de pouvoir s'enorgueillir d'une indépendance réelle. Récemment, Reporters, une mini série sur Canal + a montré les jeux dangereux des relations entre journalistes et pouvoir politique.

La liberté d'expression est certainement l'un des droits les plus importants et les plus symboliques. Sans lui, point de démocratie. Mais avec lui, quelle démocratie? 

Car des média aux prises avec le pouvoir politique peuvent rapidement devenir complices des activités de celui-ci. 
En temps de guerre d'abord, ce qui semble presque souhaitable. Mais on voit ce que cela donne aux Etats-Unis, quoi que la donne s'est inversée depuis quelque temps. Mais souvenez-vous de l'unanimisme terrifiant des média qui hurlaient à la guerre derrière la mythomane administration Bush. Fox, ABC, CBS, NBC etc... Même le New York Times y est allé de sa diatribe contre les opposants à la guerre, et notamment la France, cette ingrate! AUjourd'hui, les média américains entamment un difficile travail de conscience. Mais ils sont rares encore les journalistes qui reconnaissent leurs erreurs. "L'ex-PDG de CNN, Walter Isaacson, pour expliquer le bilan médiocre de la chaîne qu'il dirigeait, lâche :
«Il y avait une police du patriotisme dans la foulée du 11 septembre, et quand nous montrions des images de victimes civiles par exemple, nous recevions des coups de téléphone des annonceurs et du gouvernement qui nous taxaient d'antiaméricanisme...»"

toad-screen.jpgMais l'autre menace, c'est bien les relations incestueuses pouvoirs/media. Et j'entends par pouvoir, les finances et la politique. Quand des groupes comme Bouygues, Lagardère ou Dassault possèdent de grand média (télévisuels, presse écrite), sachant que ces même groupes entretiennent des relations étroites avec les milieux politiques, alors, on peut légitimement se poser la question de l'indépendance réelle des media. Et quand les journalistes se retrouvent dans des ministères ou des cabinets, ou quand des "très proches" d'un élu se retrouvent la direction d'une grande chaine nationale... là, je crois que tout est dit. 

Vous voulez des noms? Voyons.... Catherine Pégard, rédac chef du Point est nommée conseillère politique du président Sarkozy. Georges-Marc Benamou éditorialiste (qui toutefois a pris soin de cesser ses activités à La Provence par soucis de neutralité) est conseiller spécial dudit président. Myriam Levy, du Figaro, dirige la com' de Matignon. Laurent Solly, ex-directeur adjoint de campagne de Monsieur S. va arriver à TF1...Y'en pas un qui s'appelle Oedipe?

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M
Bonjour Madame Choupynette, Je ne voudrais pas passer pour un paranoïaque ( on me prend déjà pour un schistoïde), mais je pense que toute information diffusée est à prendre avec des pincettes. Même quand ils ne sont pas contrôler par le pouvoir politique, les médias peuvent se faire manipuler malgré eux. Je me souviens du nuage de Tchernobyl qui s'était arrêté juste à nos frontières en 1986, ou du charnier de Timisoara qui servit de prétexte à l'exécution des Ceausescu en 1989. je crois que la course au sensationnel à laquelle se livre les journalistes fausse l'objectivité de l'information. On se dépêche de publier sans vérifier. Par exemple, depuis quelques années, on a l'impression qu'il y a de plus en plus de crimes sur enfant. Je crois personnellement qu'il y en a autant, mais qu'ils sont plus dénoncés et surtout plus médiatisés. Et la pression médiatique peut mener à des dérives, comme le scandale de l'affaire d'Outeau. Maintenant que le pouvoir prend le contrôle de l'information de façon ouverte, j'espère que nos concitoyens apprendront à être plus critiques et à ne pas avaler tout ce qu'on veut nous faire gober... A bientôt
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C
Cher Monsieur Kiki, votre commentaire est bien meilleur que mon article! VOs exemples sont en effet la preuve de liens plus que suspects entre média et politique (et j'entends politique au sens de LA politique et des HOMMES politiques). Quant au scandale d'outreau, dont j'avais fait une chronique au tout début de mon blog, il est exact qu'il est symptomatique de la médiatisation malsaine et hystérique de faits dits "divers" par des journaux (presse et télévision) avides d'audience et de sensationnel
Y
ça fait froid dans le dos tout ça... je suis assez d'accord avec lilly (et avec toi choupy), la presse doit être indépendante si elle doit demander l'avis des p'tits copains avant de publier ou meêm s'autocensurer pour pas déplaire au patron, elle ne fait plus que de la propagande... et ça fait peur !
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C
Ah!! j'ai cru que tu n'étais d'accord qu'avec Lilly! :o)))Je crois que l'autocensure, c'est encore pire que la censure... c'est la fin de toute espèce de pensée indépendante, clairvoyante et critique. A force, on se bride et on perd toute capacité d'indignation.
L
Rien n'est jamais totalement objectif, en effet, malgré tous nos efforts, on peut difficilement se détacher de ses valeurs. Mais quand le président copine volontairement avec les patrons de presse, les journalistes, les nomme dans son appareil de gouvernement, et nomme aussi des gens dans les journaux, ou téléphone dès qu'un article ne lui plaît pas, là le devoir de réserve et l'objectivité, bonjour... (ou plutôt au revoir)L'indépendance de la presse est une valeur fondamentale de la démocratie. Alors, dire que c'est normal, qu'il n'y a pas de quoi en faire un plat, personnellement ça me fait sauter au plafond. Et il ne s'agit pas d'une question droite ou gauche, les journalistes n'ont pas à être liés aux politiciens au pouvoir (ou le moins possible en tout cas). Ils ont une responsabilité énorme vis à vis des gens qui les regardent ou les lisent, et vis à vis du système politique en place et de nous. Si vous lisez un journal clairement à gauche ou à droite, vous savez qu'il faut nuancer. Mais quand on assure qu'on est objectif avant de rejoindre l'équipe de Sarkozy, ça s'appelle du foutage de gueule. Et quand on est garant des valeurs de la république et qu'on nomme ses copains aux postes clés de l'information, ça s'appelle aussi du foutage de gueule.Je précise que je ne m'en prends qu'aux idées, et ne veut blesser personne ici. Désolée si je semble agressive...
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C
Ca se passe de commentaire! Bravo pour cette envolée!!
D
et Marie Drücker sur Fr3, Mme Borloo sur TF1 ... oui mais, à partir du moment où un conjoint ou ami ou relation est à un poste de pouvoir, faut-il s'interdire toute activité journalistique ou d'information ?Un enseignant, souvent à gauche,non, n'enseigne-t-il pas avec une orientation ? moi, en tous cas, j'en ai connu.Jamais rien n'est neutre, gratuit, me semble-t-il : voici, choupynette, les réflexiosn que je me faisais à lire tes propos !bonne journée !DFA
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C
Mme Borloo c'est sur la 2! :o)Je ne parle pas des journalistes qui ont des "orientations", quand on est journaliste on en a toujours. Mais dès que le pouvoir prend indirectement les commandes, ça devient très suspect à mon sens. Regarde ce qu'il se passe au Vénézuela (qui est un extrême, bien sûr)....
G
Je crois malheureusement que cela a toujours été. Heureusement qu'il y a la blogosphère qui reste indépendante ;-)
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C
Et encore! Un espace de liberté préservé??? J'espère, même si je doute un peu, Ce n'est pas grave, résistons!!! :o)

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