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...On s'amuse, on rit de soi (ne vous moquez pas trop quand même, je vous surveille), on s'émerveille, on s'indigne, on s'insurge. Mais dans tous les cas, on partage!
Pour le reste on applique le précepte suivant:
La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert.”
(André Malraux)
Siècle de bouleversements que d'aucuns qualifient de sans précédent, le 19ème est né des guerres napoléoniennes et des leurs conséquences.
Extrait des fameuses Mémoires d'Outre-tombe, La fin de Napoléon est une relation-réflexion de l'exil de l'Empereur à Saint-Hélène. Au-delà d'un simple témoignage factuel, Chateaubriand s'attache à analyser le personnage, celui qui jeté des centaines de milliers d'hommes dans des batailles illustres, qui a mis à genoux les monarchies continentales etc. Portrait psychologique, cet extrait tente de confronter la réalité au mythe. Car en effet, ce que Chateaubriand tente de démonter, c'est ce fameux mythe napoléonien.
"Le monde appartient à Bonaparte; ce que le ravageur n'avait pu achever de conquérir, sa renommée l'usurpe; vivant il a manqué le monde, mort il le possède. [...] Bonaparte n'est plus le vrai Bonaparte, c'est une figure légendaire composée des lubies des poètes, des devis du soldat et des contes du peuple. [...] Ce héros fantastique restera le personnage réel; les autres portraits disparaîtront".
Et de fait, Napoléon est probablement un des premiers mythes de l'ère moderne. Chateaubriand s'attache à analyser comment le mythe s'est crée, à partir de batailles, d'exil, de retour. Et de noter que cet homme "né de lui seul", a vogué sur la révolution, allumant les feux de la liberté et de l'indépendance des peuples, tout en niant à chaque fois la notion même de liberté, par une censure stricte et implacable ("un moucheron qui volerait sans son ordre était à ses yeux un insecte révolté") et une propagande efficace ("il traverse le Sant-Bernard sur un cheval fougueux dans des tourbillons de neige et il faisait le plus beau temps du monde"). Mais que reste-il de la France après Napoléon? Peu de choses, selon Chateaubriand, si ce n'est du lustre, de la gloire (gloriole?).
Traversé par des sentiments contrastés de haine du tyran mais également d'admiration de l'homme qui sortit la France du chaos de la révolution, qui a introduit le Code civil etc, La fin de Napoléon est à la fois un portrait subjectif du mythe, mais aussi en miroir, de son auteur - il s'agit bien d'un extrait de mémoires, rappelons le. Vaniteux, sûr de sa vérité, Chateaubriand se plaît à rappeler qu'il s'est opposé à l'Empereur au temps de sa splendeur, et ne manque pas de citer une lettre de Bonaparte où celui-ci loue le génie de son farouche opposant, et qu'il reste le seul à l'époque où il écrit ses pages, à voir la vérité derrière le mythe.
Moi qui n'avait jamais lu que de très courts extraits de textes de l'auteur du Génie du christianisme, j'ai apprécié, que dis-je, je me suis délectée de son style, si "romantique" (au sens littéraire), fourmillant de références historiques, littéraires, emprunt d'une vision globale de l'Histoire, quand bien même elle serait biaisée, qui m'a plongée dans cette fin de mythe.
Je remercie vivement les editions Andre Versaille, pour l'envoi de ce texte, et leur travail d'une très grande qualité qui ramène à nous des classiques oubliés ou trop souvent ignorés.
Keisha avait été moins emballée.
Par Choupynette de Restin - Publié dans : Bibliothèque d'une livrovore
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Ce film d'animation australien sera probablement un de mes coups de coeurs cinéma de l'année 2009. Mary et Max sont deux personnages totalement différents et pourtant très semblables. Mary est une jeune fille au physique ingrat de 8 ans, vivant en Australie. Affublée d'une tache de naissance "couleur caca", pas d'amis, un poulet pour animal de compagnie, Mary n'est pas vraiment heureuse. Max est new-yorkais, obèse, et est atteint du syndrôme d'Asperger. Un jour, totalement par hasard, et découlant d'une idée saugrenue , Mary écrit à Max. S'ensuivra une amitié nourrie de lettres, de barres de chocolats, recettes de hot-dogs au chocolat et de pompons rouges, et qui durera des années.
Décidément, les films d'animations sont de moins en moins pour les enfants. Mary et Max est définitivement un film pour adulte touchant des sujets parfois difficiles, avec des personnages pas franchement beaux, vivant dans des univers sombres et sans amour. Différence, fragilité de l'amitié, relations avec les autres, vie en société, antisémitisme - autant de thèmes qu'Adam Elliot, le réalisateur et créateur de Mary et Max aborde avec une grande délicatesse, un certain humour, et beaucoup de tendresse et de lucidité. Max et Mary sont tous les deux terriblement attachants, fragiles et maladroits. Cette histoire est un concentré de vie, avec tout ce qu'elle peut avoir de beau et de triste, de sombre et de lumineux.
Esthétiquement, ce film est une réussite, et pour que je dise cela il en fallait. Je ne suis pas toujours fan de la pâte à modeler et des maquettes. Mais ici, Elliot fournit une copie impeccable: couleurs d'ambiance (gris pour Max et la grande ville de NY, marron pour Mary, sa couleur préférée) rehaussée par un pompon rouge ou une barette, musique utilisée de manière inspirée et inspirante, humour, réflexion. Le tout donne un film d'une grande sensibilité. C'est une oeuvre que sa lucidité emplit de tristesse, mais quand la joie tient parfois à un pompon rouge pour illuminer une vie aride, l'espoir n'est jamais loin.
Dasola  et Yohan ont beaucoup aimé
Par Choupynette de Restin - Publié dans : Mes critiques du 7ème art
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Homme sans histoires, Pierre Froment, français travaillant  à Moscou, se retrouve précipité au coeur de l'une des affaires d'espionnage les plus stupéfiantes du XXème siècle. Une affaire qui le dépasse et qui menace bientôt sa vie et celle de sa famille...
Un nouveau film d'espionnage avec Guillaume Canet, mais aussi Emir Kusturica, située cette fois dans l'URSS des années 1980.
Ce métrage, loin de révolutionner le genre, reste intéressant car très bien fichu (scénario, jeu des acteurs), mais surtout parce qu'il explore les relations entre les êtres dans ce jeu si dangereux qu'est l'espionnage. Mettant en scène un "anti-James Bond", L'affaire Farewell donne à voir toute l'importance des rapports entre les individus impliqués dans des activités officieuses et secrètes, l'impact de leur double vie sur leur intimité familiale, l'impact de l'épouse et des enfants sur les choix faits... En ce sens, ce film regagne grandement en intérêt ce qu'il perd en classicisme de la réalisation.
Loin du glamour d'un Sean Connery, ou de la sauvagerie  à peine domestiquée d'un Craig (ah Craiiig, grrrrrrhhmmm), Kusturica et Canet campent des personnages tout ce qu'il y a de plus banal, et nous montre tout le côté prosaïque, terre à terre, de l'espionnage.
En somme, un film de facture classique, mais servi par de très bons acteurs, une intrigue bien ficelée, et du suspense soutenu, jusqu'à la toute fin.
Par Choupynette de Restin - Publié dans : Mes critiques du 7ème art
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Grâce à Blogobook, j'ai eu l'opportunité de découvrir un jeune auteur, Charles Marie. L'éditeur décrit cet ouvrage ainsi: "Contretemps' suit les aventures poétiques et crépusculaires de Melvin Epineuse, dandy par vocation et détective par nécessité".
Comme je ne suis pas allée très loin (à peine 40 pages), je ne peux guère vous en dire plus. J'ai vu des critiques à 5 étoiles sur ce premier roman, et je dois dire que du coup, je me dis que j'ai dû essayer de le lire au mauvais moment. Ou alors, décidément, ce style là n'est pas pour moi. Mais après trois essais infructueux (un premier roman mérite qu'on persiste), je n'ai pas réussi à m'intéresser à ce Melvin Epineuse.
Néanmoins, toujours en repensant aux nombreuses critiques élogieuses, je garde ce roman dans ma bibliothèque, et peut-être qu'un jour...
Pour vous donner une idée, Papillon a abandonné elle aussi, mais Levraoueg semble avoir plus apprécié.
Merci quand même à Blogobook et aux éditions Les forges de Vulcain.
Par choupynette de restin - Publié dans : Bibliothèque d'une livrovore
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Découvrir un auteur encensé par le grand public est toujours un peu délicat. L'attente, même si l'on lutte contre elle, est toujours là. Le roman qui avait fait le succès de Jonathan Tropper, Le livre de Joe, n'étant pas sur les étagères de la bibliothèque, j'ai choisi de lire Perte et fracas. Le sujet de ce roman n'est pas facile: le deuil.
Doug est veuf. Sa femme est morte voilà un an dans un accident d'avion. Depuis, il végète dans leur grande maison, s'alcoolisant, et écrivant une chronique dans un magasine sur la vie de veuf.  Le fils de sa femme, qui était plus agée de 11 ans, est une ado livré à lui même. Perte et fracas nous conte le début de la fin du deuil, quand enfin la chappe du chagrin se soulève un peu, grâce à l'aide de Claire, la soeur jumelle de Doug.
Sur le deuil, j'ai lu des romans tels que Une promesse de Sorj Chalandon ou Puisque rien ne dure de Laurence Tardieu. Ici Tropper aborde ce thème avec humour et une certaine dose de légèreté, malgré des passages graves. Ce qui n'est pas forcément pour me déplaire. Pour autant, Tropper a-t-il répondu à mes attentes? Oui et non.
Oui parce que son style est agréable, fluide, cru sans être vulgaire, ses personnages attachants, nuancés. Non parce que franchement, je n'y vois pas là un très grand livre. C'est sympathique, certaines réflexions sont très justes, mais il reste, à mon sens, un pas que je ne franchirai pas dans l'éloge. Il m'est arrivé de sourire, mais c'est tout. J'ai été émue une ou deux fois (en 370 pages), pas plus. En toile de fond, Tropper brosse un portrait sans concession d'une amérique bourgeoise, un peu paumée, croulant sous les crédits, vivant la grande vie, mais toujours insatisfaite.
Comme beaucoup de romans agréables, Perte et fracas se lit vite, on tourne les page car mine de rien on s'attache à cette épave qu'est devenu Doug, qui a pourtant su garder son mordant et son ironie, mais il ne restera pas dans les mémoires. Du moins pas dans la mienne.
Tropper n'est pas tombé dans le pathos, une bonne chose, mais l'impression que j'ai une fois ce livre refermé, c'est qu'il aura manqué ce petit plus qui rend un bon roman encore meilleur. Alors oui, Jonathan Tropper est un écrivain intéressant, que je relirai probablement avec plaisir. Mais, pour moi, il lui manque un rien de profondeur.
Par Choupynette de Restin - Publié dans : Bibliothèque d'une livrovore
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