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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Profession du père - Sébastien Gnaedig d'après S. Chalandon

Publié par Choup sur 15 Avril 2022, 10:11am

Catégories : #BD, #album

J'avais entendu beaucoup, beaucoup de bien sur le roman de Sorj Chalandon, Profession du père, mais cela remonte et je ne me souvenais plus bien du sujet abordé. Alors, quand j'ai vu cette adaptation BD, publiée par Futuropolis, une maison que je suis les yeux fermés, je n'ai pas hésité. Et j'ai bien fait.

2011. Crémation d'André Choulans. Seuls sont présents son fils Emile et sa veuve.

1959. Emile Choulans rentre de l'école avec une question: que répondre à la question sur la fiche de renseignement du collège: "profession du père". Son père s'énerve et finalement: "Ecris la vérité: agent secret; Ce sera dit, et je les emmerde".

Mais évidemment, on se doute que ce n'est pas un vrai agent secret, et très vite, on comprend que le père, André, vit dans un monde d'affabulations, de paranoïa et de violence. Bref, il fait vivre un enfer à sa femme et son fils.

Profession du père, écrit juste après la mort du père de Chalandon est largement autobiographique, raconté à travers le prisme de personnages inventés mais très proches de la réalité. Et autant vous dire que l'on souffre aux côtés d'Emile et de sa mère, totalement effacée et soumise, qui n'a qu'un "tu connais ton père" résigné à la bouche.

Sébastien Gnaedig livre une bande dessinée extrêmement forte, en noir et blanc crayonné, qui transmet à la fois une certaine banalité de la violence et l'effroi. La noirceur de cette vie dans la peur des réactions du père. Un noir et blanc qui traduit l'enfermement dans la spirale infernale de la maladie psychiatrique que cet enfant ne comprend pas. "Le printemps n'entrait pas ici. La lumière restait à la porte, épuisée par les volets clos".

N'ayant pas lu le roman de Chalandon, je ne peux pas comparer, voir ce que Gnaedig a apporté ou ôté.

On est d'abord avec Emile enfant, puis adulte quand il est alors devenu restaurateur de tableaux (ce à quoi son père rétorque: "c'est pas lui qui fait les dessins [...] t'es un grouillot quoi, [...] un manœuvre, [...] un ouvrier sans qualification"). Puis petit à petit, d'ellipse en ellipse, on revient vers le présent.

Cet ouvrage ne se lâche pas un fois commencé. C'est éprouvant et bouleversant. Sébastien Gnaedig fait preuve d'une belle maîtrise, et d'une pudeur qui donne toute sa force au récit.

En aparté 1: écouter l'interview de Chalandon sur ses oeuvres adaptées en BD.

En aparté 2: c'est étonnant, j'ai enchaîné deux œuvres sur des pères toxiques, puisque j'ai vu concomitamment Falling de V. Mortensen.

 

 

Profession du père - Sébastien Gnaedig d'après S. Chalandon
Profession du père - Sébastien Gnaedig d'après S. Chalandon

Commenter cet article

M
Il faut absolument que je découvre cet auteur, au moins lire un de ses romans...
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C
Le quatrième mur m'avait énormément plu. je ne me souviens pas de grand chose, mais la sensation du plaisir de lecture et du fond restent.
A
Je n'ai lu qu'un Chalandon mais ça n'a pas été une révélation pour moi du coup je n'ai pas poursuivi et je n'ai donc pas lu ce titre non plus. Peut-être qu'en BD ça pourrait me plaire ?
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C
ça pourrait, celle-ci est vraiment forte je trouve.

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