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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Falling - Viggo Mortensen

Publié par Choup sur 13 Avril 2022, 09:36am

Catégories : #Petit & grand écran

Falling - Viggo Mortensen

John (Viggo Mortensen), accueille pour quelques jours son père, Willis (Lance Henriksen), manifestement sur le déclin (alzheimer? sénilité?). Ils ne peuvent être plus différents: Willis incarne l'Amérique rurale à la masculinité toxique et violente, John est gay, marié, a adopté une petite fille, vote démocrate et vit en Californie. Ces quelques jours passés ensemble voient les vieilles blessures se rouvrir.

C'est en rendant récemment le dvd de Green book à la médiathèque, que le bibliothécaire m'a fait connaître ce film, le premier de Viggo Mortensen. Il y incarne un fils qui a des relations très compliquées (euphémisme) avec ce père dont l'esprit divague souvent, mais dont les valeurs centrales restent tenaces: homophobie, misogynie, virilisme etc. Mortensen met face à face deux Amériques qui ne se comprennent pas, l'une (la rurale) en fin de vie, s'accrochant à ses principes dépassés quitte à en crever et détestant cordialement l'autre. L'autre, urbaine, qui tente de s'en faire aimer, de supporter les tombereaux d'insultes qui lui sont envoyés.
Honnêtement, de ce point de vue, ce film est assez déplaisant à regarder, car Willis est tout bonnement une personne abominable. Si certaines (rares) scènes lui apportent un peu d'humanité, il est très difficile de le regarder cracher ses insultes à tous les membres de la famille (John a aussi une soeur, Sarah (Laura Linney), un neveu et une nièce - et tous en prennent pour leur grade).

Surtout, ce qui reste pour moi incompréhensible c'est la persévérance de John et Sarah à endurer sans broncher ou presque les abominations que Willis déblatère sur eux, leur mère traitée de pute à la moindre occasion. Ce genre de comportement sacrificiel (sûrement à cause du sacro-saint lien du sang) me hérisse. Une telle toxicité, une telle violence sans jamais un mot d'excuse de quelque sorte, c'est insupportable. C'est vraiment le principe du "tends l'autre joue" à son paroxysme. Le seul qui se rebelle un peu, c'est le fils de Sarah, qui dit son fait au grand-père.

Sur un plan plus formel, je trouve le film trop ronronnant, reposant sur une structure alternant flashback/engueulade sans jamais s'en départir. On perd en dramaturgie, et même la scène où John/Viggo perd son sang froid semble surfaite, comme un passage obligé. Le film a probablement 15 minutes de trop.

On regrette un peu la vision très clichée d'un couple gay qui pour les sorties en famille le week-end va voir une exposition cubiste avec leur fille de 10 ans (et donc le grand-père...vous imaginez bien ce qu'il en pense!).

Cependant, il faut reconnaître le travail de direction/choix des acteurs actrices, tous excellents. Un visionnage en demi-teinte donc.

En aparté: en lisant des articles sur le film avant d'écrire ce billet, j'ai été consternée de voir la présentation faite par J. Garcin sur Inter, présentant John et son mari comme deux médecins proctologues, sachant que John a été dans l'Air Force et est désormais pilote de ligne (son père revenant nombre de fois sur son incrédulité qu'on l'ait laissé dans l"armée avec son orientation sexuelle) et son mari est infirmier. Rien à voir. Franchement assez lamentable.

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D
Bonjour Choup, le proctologue que va voir le père est interprété par David Cronenberg. A part ça, je n'avais pas trop aimé ce film. Trop long et le sujet n'est vraiment pas distrayant. Et pourtant j'aime beaucoup Viggo Mortensen. Bonne journée.
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A
J'ai souris : pourquoi le journaliste a choisi le métier de proctologue ?!
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C
je pense à cause de la scène où le père est ausculté (sans aucun respect pour sa pudeur d'ailleurs) devant son fils et le mari de celui-ci.
A
Je l'ai regretté, mais à lire ton billet je ne le regrette pas tellement. (j'ai lâché le Masque et la Plume, que j'écoutais pourtant depuis toujours. C'est devenu n'importe quoi).
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C
pareil... ils sont devenus inécoutables.
A
Je voulais dire, je l'ai raté, mais je ne regrette pas etc ...

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