Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Y'a d'la Joie!

Y'a d'la Joie!

Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


La leçon d'allemand - Christian Schwochow

Publié par Choup sur 9 Février 2022, 08:09am

Catégories : #Petit & grand écran

leçon d'allemand Christian schwochow

A la fin des années 1950, Siggi se trouve dans un centre pour délinquants. Il doit rédiger une rédaction sur le thème "les joies du devoir". Il rend une feuille blanche, et se voit mis à l'isolement, dont il ne sortira qu'une fois sa rédaction finie.

Il s'y attèle, et se souvient de la guerre, son père officier de police dans un hameau sur les bords de mer, obéissant sans faute et sans scrupule aux ordres du pouvoir nazi. Siggi se retrouve alors pris entre deux feux: son père, et l'ami d'enfance de celui-ci, Max, peintre considéré comme "dégénéré" par les Nazis. Bien malgré lui, Siggi sera l'outil de son père pour piéger Max.

Je suis mitigée à l'égard de ce film tiré du roman éponyme de Siegfried Lenz (chroniqué chez Brize récemment). Les thèmes abordés autour du devoir, de la soumission obsessionnelle et maladive à celui-ci, le libre arbitre, l'amour et la loyauté (filial ou amical) sont très intéressants. On observe comment le père, alors même qu'il fut sauvé de la noyade étant jeune par le peintre, n'a de cesse de le scruter, de l'espionner pour le prendre en faute. Père humilié, il donnera son fils aîné, blessé et déserteur, aux autorités. Au coeur de l'histoire, nous suivons les tourments de Siggi, pauvre gosse, pris entre son amour (et sa peur) pour son père et pour son parrain, et qui a de multiples reprises est l'instrument du policier pour piéger ce dernier. Il est terrible d'observer ce jeune enfant, pas encore adolescent, tenter vainement de sauver Max ou ses tableaux.

Christian Schwochow filme la folie du devoir. Pendant un temps, je me suis dit que le père n'était qu'un pauvre gars, qui ne voulait pas faire de mal mais dont le sentiment du devoir était tellement imprégné en lui, qu'il ne pouvait aller contre. Mais au fil du film, se révèle une sauvagerie dans cette obsession du devoir à accomplir, de la soumission totale aux ordres des supérieurs, qui ne reculera devant rien, qui ira jusqu'à la destruction, y compris de sa famille. Une métaphore à n'en pas douter du peuple allemand, pas plus mauvais qu'un autre, mais qui petit à petit se fit enfermer (plus ou moins volontairement) dans ce cercle mortifère du fascisme.

Tous les personnages de ce film, autour du père, sont traumatisés ou soumis (par la peur d'être à leur tour dans le viseur du policier), Siggi plus que tous, bien entendu.

En toile de fond de ce huis clos à ciel ouvert, les paysages somptueux de l'Allemagne du nord, en bord de mer. Paysages qui donnent une impression surréelle, comme hors du temps à ce petit hameau dont on ne voit finalement pas grand chose, ni grand monde. Christian Schwochow n'a d'ailleurs pas du tout montré (hormis sur l'uniforme du policier) de symboles nazis: pas de drapeau, pas de portrait d'Hitler (il n'est d'ailleurs jamais cité, on ne dit que "Berlin", jamais Hitler, la gestapo ou que sais-je). Comme si il souhaitait décontextualiser son film. D'ailleurs, cela appuie un propos en creux du film: l'obsession du devoir et de l'obéissance n'est pas morte avec le nazisme en Allemange, ainsi qu'en témoigne le traitement infligé à Siggi dans son incarcération.

Tout cela est bien montré, bien interprété, mais je n'ai pas réussi à vraiment rentrer dans ce film. Je l'ai trouvé trop long. il y a quelque chose qui ne fonctionne pas tout à fait pour moi.

 

Commenter cet article

A
J'hésitais à aller le voir. Merci pour ton avis.
Répondre
C
c'est particulier comme film...il m'a manqué quelque chose.
A
Peut-être que le roman t'aurait davantage enthousiasmée ? J'avais commencé à m'y intéresser en lisant ton billet mais en voyant pavé plus haut, je me suis dit que ce ne serait pas pour tout de suite.^^
Répondre
C
pareil!! ;)
C
J'aime beaucoup Siefried Lenz, mais je n'ai pas lu celui-ci, qui pourtant est son classique. Du coup j'hésite un peu à voir le film.
Répondre
C
il vaudrait mieux alors lire le livre, j'imagine... d'autant qu'apparemment, il y a des différences avec le roman.
I
J'ai beaucoup aimé le roman, qui est lui-même un peu long ... je ne suis pourtant pas vraiment tentée par ce film.
Répondre
C
c'est ce que j'ai vu chez Brize, c'est un bon pavé! pas sûre de m'y mettre de sitôt.

Nous sommes sociaux !