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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Compartiment n°6 - Juho Kuosmanen

Publié par Choup sur 24 Novembre 2021, 09:22am

Catégories : #Petit & grand écran

compartiment n°6 kuosmanen film

Dans les années 80 ou 90 (ce n'est pas précisé), une jeune Finlandaise, Laura, prend un train à Moscou pour se rendre sur un site archéologique en mer arctique et y voir des pétroglyphes*. Elle est contrainte de partager son compartiment avec un inconnu, Lioha. Cette cohabitation et d’improbables rencontres vont peu à peu rapprocher ces deux êtres que tout oppose.

La première rencontre n'est pas franchement enthousiasmante: Lioha est saoul, très grossier avec Laura. Elle pensera même à descendre définitivement lors de l'arrêt du train à Saint Petersbourg. Mais le peu d'intérêt que lui porte sa compagne restée à Moscou, Irina, professeure à l'université, la refroidit, et elle reprend le voyage. Finalement, la relation avec Lioha va évoluer au fil des nombreux kilomètres et des quelques jours que durera le voyage.

Compartiment n°6 est un film singulier, avec une caméra au plus proche des visages de ses deux personnages principaux. Chez ces deux êtres, on sent beaucoup de fêlures. Elle est très amoureuse d'Irina, qui manifestement la prend plus comme une bonne occasion de s'amuser qu'autre chose. Lui, manifestement d'un milieu beaucoup plus modeste et n'ayant vraisemblablement pas fait d'études, travaille à Mourmansk (destination du train) dans une immense mine, et derrière son aspect grossier, il y a du bon, comme en témoigne le passage chez sa grand-mère où ils passent la nuit (le train s'est aussi arrêté pour la nuit). On sent que, petit à petit, les deux s'attirent, mais le sentiment d'infériorité qui taraude Lioha par rapport à Laura ne leur permet pas d'aller plus loin.

Les différentes saynètes qui forment le film semblent parfois innocentes, sans grand intérêt, et pourtant elles tissent un univers d'émotions, une peinture de cette Russie (URSS?) tout en contrastes : la débrouille, la promiscuité du train, l'entraide, le fossé entre les classes. Mais aussi la potentialité de la rencontre malgré les différences, par l'empathie et la volonté de se rejoindre.

La scène où Laura et Lioha s'amusent dans la tempête de neige est comme une bulle: au coeur de ce phénomène climatique potentiellement mortel, ils jouent comme des enfants, libres et heureux, hors du temps. De cette scène, et de ce film, ressort beaucoup de douceur, de chaleur. Tellement, que lorsque je rentrais après la séance en transport en commun, je n'ai pas pu lire le roman que j'avais avec moi (La mer noire dans les grands lacs), en contradiction totale (ça parle beaucoup de haine) avec les émotions qui m'habitaient. J'ai donc refermé le livre et prolongé cette sensation de douceur. En bande originale, la célébrissime chanson de Dersireless : Voyage, voyage !

*Le terme pétroglyphe (du grec : petros, « pierre » et gluphê, « gravure ») est généralement réservé aux figures rupestres les plus rudimentaires. En France, les plus connus sont ceux du massif de Fontainebleau et du mont Bego (Alpes-Maritimes)

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A
J'avais vu la bande-annonce il y a quelques semaines et les premières images, je n'étais pas très convaincue mais petit à petit, j'ai eu l'impression que ça pourrait être un film qui me plairait bien, simple mais qui sort quand même de l'ordinaire. J'irai peut-être le voir.
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C
honnêtement je n'tais pas spécialement partie pour, mais j'avais envie d'un ciné, et ce jour-là, à cette heure-là, c'était le seul film...et le hasard a très bien fait les choses.

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