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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Tout s'est bien passé - François Ozon

Publié par Caro sur 27 Septembre 2021, 15:05pm

Catégories : #Petit & grand écran

tout s'est bien passé andré dussolier sophie marceau françois ozon

A 85 ans, André (André Dussolier) est victime d'un infarctus cérébral. Très diminué, paralysé d'un côté, il demande à sa fille Emmanuèle (Sophie Marceau) de l'aider à "en finir". Ancien industriel, amateur d'art, il ne supporte pas sa situation. Face à lui, Emmanuèle et sa soeur Pascale (Géraldine Pailhas) finissent par accepter son souhait.

Tiré du récit autobiographique d'Emmanuèle Bernheim (qui a été apparemment en relation professionnelle étroite pendant longtemps avec le réalisateur F. Ozon), Tout s'est bien passé évoque donc le suicide assisté. Sujet on ne peut plus délicat, où il est très facile de tomber dans le larmoyant et le pathos à n'en plus finir. Nous suivons donc cette drôle de famille (on ne peut pas dire que les relations entre père et filles soient faciles, l'épouse (jouée par Charlotte Rampling) est dépressive et semble ne pas s'intéresser à son mari (elle a aussi peur de la mort elle-même), qui le lui rend bien) depuis l'AVC en septembre jusqu'au mois d'avril et le voyage à Berne.

Si j'ai trouvé quelques passages un peu forcés, démonstratifs, un peu trop de portes claquées, je trouve que globalement Tout s'est bien passé est un métrage qui a su garder la bonne distance. Avec l'histoire, avec les individus (difficile de dire personnage quand c'est autobiographique). André est un homme complexe, qui a pu être psychologiquement maltraitant avec ses enfants, qui fabule pour se donner le beau rôle ou se dédouaner (ce qui entraînera des problèmes d'ailleurs, mais qui nous émeut dans sa détresse, nous questionne dans sa volonté farouche d'en finir, même quand ses facultés physiques s'améliorent. Ozon montre à quel point l'approche de la mort révèle les êtres, la complexité de leurs relations. Des faits passés qui remontent à la surface, des blessures et des joies ravivées.

Je trouve cependant que c'est plus en fait un film sur la fin de vie que vraiment sur le suicide assisté. Car finalement, les deux soeurs acceptent très vite le choix du père. Je ne dis pas que c'est une mauvaise chose (au contraire), mais cela me semble un peu léger pour un film qui est décrit dans les médias comme étant sur le suicide assisté. Finalement, on passe très vite à "comment on s'organise", sans vraiment passer par la case "est-ce qu'il n'y a pas d'autres possibilités, pour bien vivre avec ce handicap?". Évidemment, vu que c'est une adaptation, si cela s'est passé comme ça, pas de raison de travestir la réalité. 

Je chipote peut-être me direz-vous. Tout s'est bien passé est très bien interprété, Dussolier est comme à son habitude excellent de complexité, de nuance. Un film émouvant, qui nous pousse à nous questionner sur nos propres convictions, car cela pourrait nous arriver...quelle que soit notre position: celle/celui qui demande ou celle/celui qui reçoit la demande. A voir donc.

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A
Pfiou, sujet bien trop chargé pour moi pour envisager d'aller le voir au cinéma où je suis plutôt en mode grosse détente mais il mérite d'être exploré, c'est sûr.
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C
Oui, c'est lourd, donc si tu veux te détendre, ce n'est clairement pas le film à voir...;le prochain OO7 peut-être?? ;)
A
Je n 'irai pas le voir parce que j'ai lu le livre et que je préfère rester sur cette impression là. D'autant plus que j'avais assisté à une rencontre avec Emmanuelle Bernhein, femme lumineuse et sensible. Je ne peux pas imaginer une actrice à sa place .. Dans le livre les deux filles n'acceptent pas si facilement que ça l'idée du suicide assisté.
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C
Donc Ozon a fait une ellipse, parce que clairement ce n'est pas comme cela que je l'ai ressenti à la vue du film...

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