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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Antigone - Sophie Deraspe

Publié par Caroline sur 15 Septembre 2020, 08:27am

Catégories : #Petit & grand écran, #coups de coeur

antigone sophie deraspe film nahéma ricci québec

Québec de nos jours. Antigone est une adolescente brillante au parcours sans accroc. Originaire de Kabylie, elle habite désormais avec sa grand-mère et ses frères et soeur, les parents ayant été assassinés en Algérie, juste avant leur départ, alors qu'elle avait trois ans.

Un jour, un de ses frères, Etéocle, est tué par un policier, l'autre, Polynice, se jette sur ce-dernier et est donc emprisonné. Mais ayant 18 ans, étant "défavorablement connu des services de police", selon la formule consacrée et surtout n'étant pas de nationalité canadienne, il doit être déporté en Algérie. En aidant Polynice à s'évader de prison, Antigone agit au nom de sa propre justice, celle de l'amour et la solidarité.

Ce qui m'a fait aller voir ce film, c'est Antigone, car je garde une impression de lecture formidable de la pièce de Jean Anouilh quand j'avais une quinzaine d'années. J'étais donc curieuse de voir une autre réécriture, québécoise celle-là. EH bien, c'est un film dont on peut dire qu'il a des défauts, mais qui est très fort, et porté par une actrice, Nahéma Ricci habitée.

Sophie Deraspe, que je ne connaissais pas mais qui semble être une réalisatrice de talent, transpose donc la tragédie grecque de Sophocle au Québec de nos jours. Antigone et sa famille vivent dans un quartier où sévit un gang, les Habibis, et Polynice en fait partie. Sophie Deraspe travaille tous les thèmes de notre époque: violences policières (le frère tué avait juste un téléphone dans la main), la place des personnes immigrées dans la société québécoise, trajectoire de ces immigrés au sein de la société, etc.

Au centre, Antigone, qui se bat pour sa famille, bientôt soutenue par la jeunesse. Qui refuse de mentir, qui veut assumer jusqu'au bout son acte, sa défiance vis à vis de la société, de la justice. Je le disais Nahéma Ricci crève l'écran. Le film en lui-même est une spirale implacable, mettant le spectateur sous tension. j'ai aimé par exemple l'idée de faire de la communauté des réseaux sociaux le choeur, de partager parfois l'écran.

La fin est déchirante. Magnifique.
Maintenant il me faut remettre la main sur la pièce d'Anouilh.

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A
Tu me donnes envie d'aller voir cette adaptation. Merci.
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C
Un beau film, très fort.

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