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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Wadjda - Haifaa Al-Mansour

Publié par Caroline sur 2 Avril 2020, 12:08pm

Catégories : #Petit & grand écran

wadjda film arabie saoudite vélo féminisme misogynie

Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. Ado pleine de vie, elle porte jeans et converses, adore le rock. Wadjda a un rêve: faire du vélo. Mais en Arabie Saoudite, c'est non. Niet. Nada.  Les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles. Sa mère refusant de lui donner la somme nécessaire à l'achat du beau vélo vert, Wadjda décide alors de participer au concours de récitation coranique organisé par son école, avec pour la gagnante, 1000 rials. Suffisamment pour acheter le vélo.

Voilà un film qui m'a fichu en boule, m'a fait rire aussi parfois (car Wadjda a un sacré caractère, et de la filouterie), et m'a mis les larmes aux yeux. Si la misogynie vous rend malade, ne regardez pas ce film, sous peine de mal le vivre. Ce fut mon cas, en partie. Haifaa Al-Mansour, la réalisatrice, nous montre dans quasiment chaque scène, toutes les discriminations dont son victimes femmes et filles. Du voile, à l'interdiction du vélo, en passant par l'interdiction de la conduite bien sûr (film tourné avant la nouvelle loi de MBS permettant aux femmes de conduire une voiture), polygamie, ou encore soupçon permanent du péché et j'en passe. 

Dans les petits détails de tous les jours, Wadjda et sa mère son victimes: de leur père et mari, de la société patriarcale qui invisibilise totalement les femmes, les infantilise. Une élève de la classe de Wadjda est mariée. Je rappelle qu'elles ont 12 ans! Sur un panneau peint, l'arbre généalogique de la famille du père est dessiné: que des noms d'hommes. Wadjda écrit son prénom sur un bout de papier et l’agrafe à côté de celui de son père. Elle retrouve le papier jeté en boule quelques jours plus tard, après le passage dudit père (qui n'habite pas avec elles).

Wadjda est une maline, je le disais plus haut: elle retourne les règles, déjoue les interdits. Haifaa Al-Mansour montre, comme Wadjda, les autres filles qui usent de stratagèmes pour contourner les règles.

Comme Haifaa Al-Mansour, j'ai envie d'espérer. Le dernier plan, où l'on voit Wadjda regarder à droite, puis à gauche pour décider où aller, est un plan de l'espoir. Mais j'ai bien peur qu'il soit tué dans l'oeuf. C'est terrible ce que vivent ces femmes confinées à vie dans leur maison, sous leurs voiles. Tributaires des hommes pour tout.

A noter: c'est le premier film d'Arabie Saoudite de l'histoire du cinéma, apparemment. Et c'est une femme qui l'a tourné. Je me demande quels obstacles Haifaa Al-Mansour a dû surmonter pour y parvenir...

FIlm visible en replay sur Arte.

Commenter cet article

B
On l'a regardé ce matin : un très beau film, très bien filmé et joué !
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D
Bonjour Choup, très joli film avec une histoire touchante Mais il ne donne pas envie de vivre en Arabie Saoudite. Bonne journée.
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C
ah ça, non!!! bonne journée à toi!
U
Je VEUX absolument le voir !!!
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C
il faut!! :)
A
Un film magnifique et fort.
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C
absolument! un film fort et tout en subtilité.

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