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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Jojo Rabbit - Taika Waititi

Publié par Caroline sur 28 Février 2020, 08:19am

Catégories : #Petit & grand écran

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En Allemagne, durant les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, Johannes « Jojo » Betzler (Roman Griffin Davis), âgé de 10 ans, est maltraité par ses camarades alors qu'il participe à un camp des jeunesses hitlériennes (Deutsches Jungvolk). Incapable de tuer un lapin (le rabbit du titre), il est traité de lâche et surnommé Jojo Rabbit. Il se console avec son ami imaginaire, Adolf Hitler. Amoureux de la « nation » et grand partisan du Führer, il voit sa vie remise en cause lorsqu'il découvre que sa mère, Rosie, cache dans le grenier de leur maison une jeune fille juive nommée Elsa (Thomasin McKenzie).

De ce point de départ, le réalisateur néo-zélandais Taika Waititi (dont la mère est d'origine juive ashkénaze russe par son père) fait un film loufoque, foutraque et réjouissant, dans la lignée tarantinesque façon Inglorious basterds. Un projet sacrément casse-gueule, car faire d'Hitler (incarné par le réalisateur lui-même) l'ami imaginaire d'un enfant, c'est ultra risqué. Et de fait, c'est parfois limite. On en viendrait presque à oublier la perversité meurtrière du chef de l'Allemagne nazie. 
Ceci dit, Taika Waititi montre toute la bêtise folle et mortifère des nazis et l'on rit plus d'une fois, avant d'avoir le coeur serré dans la scène suivante.

La mère de Jojo (Scarlett Johansson) tente de lui faire entendre raison à force d'amour, mais se désespère de le voir ânonner bêtement le catéchisme nazi. Avec Elsa, la jeune fille juive, Jojo assène les leçons bien apprises de la propagande antisémite nazie,  mais au fil des discussions, le garçon commence à vaciller dans ses convictions.

Jojo Rabbit c'est l'horreur à hauteur d'enfant, un enfant qui grandit, et apprend en aimant, avec le coeur, la dure réalité. Lui qui ne comprend pas grand chose de ce qu'on lui raconte. Ce film m'a fait penser à un documentaire absolument remarquable sur les Hitler Jungen, qui relatait les ravages terrible de l'endoctrinement des enfants.

Taika Waititi réalise un film doux-dingue, déchirant par moments (la scène des chaussures!), qui porte un message d'espoir (les mauvaises langues diront naïf et gnangnan) tout en reconnaissant la réalité paradoxale de la nature humaine. Un bon casting aussi, avec en plus des noms précités, Sam Rockwell ou encore Rebel Wilson, excellents tous les deux.

 

Commenter cet article

U
J'ai vraiment beaucoup aimé ce film, les acteurs sont bons et c'est décalé... j'adore les films décalés. Une belle surprise.
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C
oui, d'autant plus sur des sujets comme celui-là. c'est rafraichissant, et au moins, on n'en sort pas avec le moral dans les chaussettes!
A
Si c'est dans l'esprit "Toto le héros", ça peut être vraiment bien... Mais j'hésite encore. Et en plus, il y a S Johansson que je n'aime pas beaucoup alors ça n'aide pas.
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C
Je n'ai pas vu Toto le héros que tu cites...(ça m'intrigue!), donc il va m'être difficile de te conseiller. S. Johansson est assez inégale je trouve. Dans certains films elle est vraiment bien, dans d'autres, transparente. Ici, honnêtement, elle n'est pas à son meilleur. Mais on ne la voit pas tant que ça.
A
Ce film m'intrigue beaucoup mais je n'arrive pas à me résoudre à aller le voir, pour cause de projet un peu casse-gueule comme tu dis. Enfin, ton billet me fait hésiter maintenant. Ça a l'air de quand même bien valoir le détour.
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C
J'ai beaucoup aimé, j'ai lu cependant des critiques assez sévères...ça ne t'aide pas beaucoup, hein?? ;)

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