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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Le ciel par-dessus le toit - Nathacha Appanah

Publié par Caroline sur 3 Septembre 2019, 08:59am

Catégories : #Ma bibliothèque, #coups de coeur

nathacha appanah le ciel par dessus le toit gallimard roman

Le titre de ce nouveau roman de Nathacha Appanah emprunte à un poème de Verlaine. Et ici,le point de départ est un adolescent en prison.

On rentre l’histoire d’un trio familial par l’un des enfants, Loup, 17 ans, incarcéré après avoir provoqué un accident sur la route. Loup qui est un peu ailleurs, différent. Qui a besoin de courir pendant des heures pour évacuer toutes les pensées qui agitent son esprit (sa mère a même fait damer un chemin tout autour de la maison pour lui). Ce presque adulte avait, une nuit, pris la voiture de sa mère pour retrouver sa sœur Paloma, qu’il n’avait pas vue depuis 10 ans.

Le ciel par-dessus le toit nous parle d’une famille éclatée, explosée par les accrocs du passé. Il y a Paloma, la sœur, donc, qui avait plus ou moins fui sa mère et leur maison (les deux enfants en ont peur de cette bicoque, et surtout du creux dans le jardin). La mère, femme sublime à l’enfance volée, s’était elle-même enfui de chez ses parents pour échapper au rôle qu’ils lui avaient assigné : jolie petite fille (ou plutôt poupée mécanique) à la voix d’ange donnée en spectacle, en pâture aux regards parfois pervers. D’Eliette, elle s’était rebaptisée Phénix. Ses enfants, elle les voulait libres et forts, d’où leurs prénoms : la colombe pour Paloma, le loup fort et agressif pour son fils.

Et cette femme imaginée par Nathacha Appanah n’a pas su aimer ses enfants. Trop distante, trop froide, trop prompte à rabrouer. Mais jamais elle ne juge Nathacha Appanah. Au fil des souvenirs de Phénix, de Paloma, elle explore les tentatives de parents pour élever leurs enfants, avec leur forces, leurs faiblesses, leurs illusions et leurs rêves. Elle nous parle des silences lourds,  des erreurs qui se paient cash, parfois pendant des années.
Et malgré cela, Le ciel par-dessus le toit n’est pas un roman noir. Étonnamment, même si il parle de noirceur, de drames, Nathacha Appanah nous conte dans une langue magnifique, empathique, ces vies cabossées. Elle s’interroge sur ce que nous transmettons à nos enfants, parfois à notre corps défendant. Elle nous parle d’enfermement, dans une prison, mais aussi dans un carcan émotionnel nourri des douleurs du passé, ou dans une certaine éducation.

J’ai été extrêmement touchée par l’histoire de ce trio, Phénix, Loup, Paloma. J’ai eu l’impression qu’Appanah me chuchotait cette histoire à l’oreille, il y a un contraste saisissant entre sa plume légère et la violence des évènements. L'avant-dernier chapitre m'a retournée.

Mais jamais elle ne se départit de l’espoir. J’ai refermé ce livre avec la sensation d’avoir vécu avec ces personnages et l’envie qu’ils retrouvent tous la paix. Une très belle langue au service de personnages complexes, terriblement attachants. Un roman à la fois délicat et puissant.

Le ciel est, par-dessus…
Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu’on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l’arbre qu’on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
– Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?
Paul Verlaine, Sagesse (1881)
 

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A
Il me tente de plus en plus, malgré le sujet difficile qui m'avait rebuté au départ.
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C
Je n'en savais rien quand je l'ai choisi pour mes chroniques de la rentrée, mais il se trouve qu'elle passe dans une librairie de ma ville donc je me devais d'en parler. Je ne l'avais jamais lue, c'était l'occasion!
A
Coucou, je note ce roman. De la même auteure, j'avais beaucoup aimé 'la noce d'Anna'.
Répondre
C
Il me semblait bien que tu avaiq un roman d'elle et que tu avais aimé. Je tele prêterai si tu veux. Il est trs court en plus. Tu as fini Et mon luth constellé ?

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