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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Les carnets de guerre de Louis Barthas - Fredman

Publié par Caroline sur 27 Mars 2019, 08:33am

Catégories : #album, #coups de coeur

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Louis Barthas, tonnelier originaire de Peyriac-Minervois  dans l’Aude, a rédigé des carnets tout au long de la guerre. Il fut au cœur des combats dès l’été 1914. Cet album dessiné par Fredman est préfacé par l'historien Rémy Cazals, qui a publié récemment chez Privat des témoignages sur le 11 novembre 1918 (La fin du cauchemar, 11 novembre 1918). C’est d'ailleurs l'historien mazamétain qui découvrit et fit publier ces carnets.

Cet album de Fredman ne reprend pas la totalité des écrits de Barthas. Il y a eu une sélection de passages représentatifs, mais cela n’entrave absolument pas la cohérence de la lecture. Et ce sont des carnets remarquables en effet, Louis Barthas y décrit la guerre dans ce qu’elle a de plus effroyable et de plus banal. Il nous parle de l’attente effroyable sous l'assaut des canons qui mitraillent sans relâche, la pluie et la boue. L’absence d’abri, les rations faméliques.  Et les errements des officiers. Voire la méchanceté, la couardise aussi, la bêtise enfin, qui est peut-être la pire. On est effaré par le traitement qui est réservé au soldats de l'infanterie, obliger de travailler sans arrêt, entre deux assauts... On ne peut qu'être révolté à la lecture de certains passages.

Il faut dire que Louis Barthas était un fervent militant socialiste, et anti-militariste et il passa près de la cour martiale.

Louis Barthas était caporal, mais on lui retira ses galons, qu’il finit par regagner. Victime d’officiers vindicatifs, autoritaristes, il n’hésite pas à refuser des ordres, à mentir pour protéger ses hommes. Le caporal n’est pas seulement un homme de valeurs, il a aussi un sacré humour qui parsème son œuvre. De l’humour noir souvent, de l’ironie aussi:  Les sections qui se battent pour ramener le plus de prisonniers possibles, et se disputent des soldats allemands qui se demandent bien ce qui se passe; le choc de voir des habitants à l’arrière vivre comme si de rien n’était, les mensonges des journaux.

Ces carnets nous parlent aussi de fraternisation, d’amitié. Barthas souligne à chaque fois ce qu’il appelle les « âmes d’élite », des hommes bons et généreux. Il conte également les moments de fraternisation avec les Allemands, dont les tranchées sont parfois à quelques mètres seulement. Mais aussi le désarroi commun à beaucoup, car ils se savent chair à canon.

Fredman signe un album qui rend hommage à l’œuvre de Louis Barthas et aux poilus de la première guerre mondiale

Avec son dessin semi-réaliste, aux teintes sépia, Fredman a réussi à recréer pour nous les souvenirs de Barthas sans jamais trahir l’esprit. Une très belle lecture, qui est un indispensable sur cette effroyable conflit.

Vous pouvez retrouver sur le site de l'auteur une vidéo sur la genèse de cet ouvrage. Et son récit de la "fabrication" de cette adaptation des carnets de L. Barthas.

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