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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


La fin du cauchemar, 11 novembre 1918 - Rémy Cazals

Publié par Caroline sur 11 Novembre 2018, 13:33pm

Catégories : #Ma bibliothèque

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Rémy Cazals est historien, né à Mazamet, professeur à l’université de Toulouse Jean-Jaurès. Il a déjà consacré plusieurs ouvrages à la Première guerre mondiale dont les célèbres Carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier.

Dans La fin du cauchemar, Rémy Cazals compile des témoignages sur cette date synonyme de libération et de soulagement pour tout le continent européen, et plus encore.

Ici, il nous livre les écrits de gens ordinaires. Ce sont des carnets et des lettres. On lit les récits de soldats sur le front ou de civils, des prisonniers de guerre en Allemagne également.

Des témoignages  très contrastés: on constate de grandes différences : certains soldats racontent le silence, la stupéfaction, presque l'hébétude, quand d’autres parlent d’une liesse incroyable dans les tranchées. Même  les soldats Allemands chantent de joie. Un patron briquetier d’Albi relate la lassitude, l’impatience de la démobilisation.

A l'arrière, bombardements, occupations, privations en tout genre ont été le lot des populations. Quelles soient proches ou loin du front d'ailleurs. Quatre notables de Larrazet, dans le Tarn-et-Garonne ont tenu un carnet de guerre de près de 3000 pages, y évoquent un général allemand à Grisolles, appelé espion, qui était venu sur place en 2013 pour observer des manoeuvres, mais victime d'un accident été resté sur place en convalescence. Les hommes se trompent et annoncent en avance l'armistice!

Un soldat originaire de Villemur sur Tarn se souvient du cas d’un homme mort « au champ d’honneur » comme on dit une heure avant la signature de l’armistice. Il y a un nombre conséquent de témoignages dans ce genre d'ailleurs. Il semble ahurissant que des attaques aient été mis en oeuvre par les commandements, alors même qu'ils savaient l'armistice signé.

Les villes et villages sont tout pavoisés

Les foules mettent les drapeaux, comme en témoigne une habitante de Carcassonne. Parfois même il y a des bougies aux fenêtres....mais c'est plus rare car très cher. Un autre raconte comment un civil est décédé je cite « d’une congestion en serrant la main aux premiers Français qu’il vit arriver. C’est bien triste mourir de joie ». On lit également le témoignage d’un Toulousain prisonnier en Allemagne, qui relate l’ennui, son désarroi de ne pas avoir vu grandir sa petite fille.

En Turquie, un pasteur est dépité de voir les marins qui se désolent de ne pouvoir aller à Constantinople plutôt que se réjouir de la victoire. A Monastir en Macédoine, un soldat imagine les foules en délire au pays, alors que lui se demande quand il reverra son pays. Un autre à Arkhangelsk dans le grand nord russe  raconte les batailles contre les Bolcheviks bien après le 11 novembre. Car il faut se souvenir que le 11 novembre est la fin de la guerre, mais que les combats continuent: les Bolchéviks sont les nouveaux ennemis à combattre.

La fin du cauchemar est agrémenté de photos : photos de soldats, de femmes, mais aussi dessin de presse de La Dépêche en occitan, des cartes également localisent les témoins. Un récit passionnant et émouvant.

Commenter cet article

A
En fait, le 11 Novembre n'est qu'un armistice. La fin des combats n'était pas certaine.
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A
Des témoignages précieux ; on peine aujourd'hui à imaginer ce moment où les survivants voient la fin d'un tel cauchemar.
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C
Complètement...je crois d'ailleurs que c'est là que les témoignages, mais aussi l'art peuvent nous aider à appréhender cette horreur...s'en souvenir et éviter de retomber dans les mêmes écueils.

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