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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Le bureau des jardins et des étangs - Didier Decoin

Publié par Caroline sur 30 Septembre 2018, 13:31pm

Catégories : #Ma bibliothèque, #chroniques radio, #coups de coeur

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Didier Decoin, prix Goncourt 1977, nous invite à découvrir le Japon du 12ème siècle. Katsuro, pêcheur de carpes pour les plans d’eaux impériaux, vient de mourir. Miyuki, malgré le deuil, doit partir à pieds pour livrer au Maître du bureau des jardins et des étangs les superbes poissons d’ornement.

Comme Miyuki, qui n’est jamais sortie de son village, nous découvrons la vie des japonais au XIIème siècle, une société féodale, extrêmement hiérarchisée, patriarcale, avec la vie à la campagne, triviale, proche de la nature, avec ses brigands notamment, d’un côté, et l’extrême raffinement de la cour impériale de l’autre.

C’est un roman qui décrit d’une langue particulièrement évocatrice une société qui nous est totalement étrangère. Les femmes de la haute société portent une laque noire sur les dents, empilent les kimono, 12 au total pour quasiment 20kg. Si certains détails des us du Japon de l'époque ne me sont pas inconnues grâce à ma lecture de l'excellentissime roman de Lisa Dalby, Le dit de Murasaki, j'ai appris beaucoup de choses.  Une immersion dépaysante et érudite qui n'alourdit jamais alourdir le récit. Decoin possède totalement le Japon de l’époque.

Au-delà du côté historique passionnant, nous découvrons une belle histoire d'amour au fil des souvenirs qu’égrène Miyuki pendant son long et périlleux périple. L’occasion de nous raconter les rites de la séduction et du mariage chez le petit peuple japonais. Un couple uni d’un bel amour, d’une complicité. Et forcément, cela nous parle du deuil : deuil social avec une fois de plus ses rites, mais aussi le deuil intime de Miyuki.

Le bureau des jardins et des étangs est un roman hautement sensuel, charnel , mais aussi sensoriel. En ce sens il m’a beaucoup fait penser au Parfum de Patrick Süskind (dans un style totalement différent évidemment!). Car Didier Decoin décrit le Japon à travers ses odeurs, ses couleurs. Il y a même un concours de parfum à la cour impériale. Et décrire les odeurs c’est probablement ce qu’il y a de plus difficile. Et il y réussit magnifiquement. Un superbe, poétique voyage.

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M
J'avais lu un roman de Decoin ( est-ce ainsi que les femmes meurent ?) que j'avais beaucoup aimé et je devais continuer ma découverte de l'auteur. Celui-ci me tente bien. Le Japon du XIIeme siècle ? Je ne connais pas du tout et ton billet me tente beaucoup.
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C
c'est absolument passionnant à lire, même pour une lectrice pas forcément spécialement attirée par le Japon comme moi. Je relirai l'auteur, car j'aime beaucoup sa plume, et sa faculté à faire passer beaucoup d'infos sans alourdir le récit.
A
J'ai beaucoup aimé les senteurs dans ce roman. Moins l'histoire.
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C
ah bon? pourquoi? qu'est-ce qui t'a gênée?

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