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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


La légèreté - Catherine Meurisse

Publié par Caroline sur 23 Mai 2018, 11:10am

Catégories : #BD, #Ma bibliothèque, #coups de coeur

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Le hasard, parfois, fait bien ou mal, les choses. Pour Catherine Meurisse, ce jour de janvier 2015, il l'a fait se réveiller tard, arriver en retard à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo...Elle entend les coups de feu, voit la voiture des terroristes, et se cache.

La légèreté est le récit de sa convalescence psychologique, de sa lutte pour revenir à la vie, retrouver du sens. Un combat long, ardu, au centre duquel se trouve l'art, la beauté.

Le hasard fait donc parfois bien les choses. C'est grâce à lui que j'ai découvert ce magnifique album de cette dessinatrice qui rêvait de faire du dessin de presse mais n'imaginait pas entrer si vite (elle n'avait pas 30 ans) à Charlie. Catherine Meurisse croque sa remontée vers la vie avec humour, pudeur, délicatesse...mais sans faux-semblants. Beaucoup d'honnêteté, de lucidité. Elle conte le choc, l'anéantissement, l'incompréhension qui ont suivi les attaques. A quoi se rattacher pour aller de l'avant.

C'est par l'art qu'elle remontera la pente. Elle ira à Rome et la prestigieuse Villa Medicis (à visiter, c'est vraiment superbe) pour rechercher le fameux syndrome de Stendhal. Qu'elle n'aura pas.

La légèreté c'est un album émouvant, prenant, sur la capacité de résilience de l'humain, sur la place de l'art dans notre vie, dans nos sociétés. Ce qu'il dit de nous, ce qu'il déclenche, ce qu'il inspire. Beaucoup d’œuvres connues sont convoquées dans cette recherche d'un nouvel élan de vie par Catherine Meurisse, mais on retrouve aussi tout l'humour d'une dessinatrice de talent.

« Quand je déambulais dans les musées – je le raconte dans l’album-, je ne voyais d’abord que les sculptures démembrées (des Vénus sans bras, des Apollons sans tête). J’étais attirée par ces représentations qui me rapprochaient des corps de la rédaction de Charlie et ceux du Bataclan, les attentats du 13 novembre venant de se produire. Mais étrangement, mon imaginaire insufflait à ces corps de pierre de la beauté… Certainement pour adoucir, inconsciemment, l’idée même de la mort ? C’est en tout cas ce processus de symbolisation à travers l’art, qui, je pense, m’a conduite vers l’apaisement, la « guérison », une renaissance ».

Superbe et nécessaire.

 

La légèreté - Catherine Meurisse

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A
J'aurais dit que le syndrome de Stendhal était à Florence.
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C
c'est exact mais la villa Medicis est à Rome...et pour un artiste c'est là qu'il faut aller.
D
Bonjour choup, très bel album en effet que j'ai aimé et qui été chroniqué par mon ami Ta d loi du cine sur mon blog dans le cadre de son hommage "je suis Charlie". Bonne après-midi.
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