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My sweet pepper land - Hiner Saleem

Dans un Kurdistan irakien nouvellement indépendant, Baran, anciennement résistant et devenu policier, quitte sa fonction après une pendaison sinistre. Mais de retour chez lui, il se trouve face à une mère qui veut absolument le marier...il décide donc de reprendre du service. Mais surtout très loin de sa mère. Donc direction un village à la frontière iranienne. Mais là-bas, Aziz Aga règne en seigneur et maître. Sa loi. Pas celle de l'Etat Kurde que Baran doit faire respecter. Affrontement en perspective. Baran, comme Govend, la jeune et idéaliste institutrice est en butte à la méfiance des villageois, et leur crainte de Aziz Aga: ils sont tous deux étrangers.

My sweet pepper land, c'est un western en Kurdistan, avec tous les archétypes et tous les codes du genre.

Avec en plus, bien sûr, tous les enjeux sociaux et politiques de la région. Le réalisateur Hiner Saleem utilise le genre pour parler d'une société encore largement pétrie de traditions, une société qui a vécu dans la clandestinité, coupée de l'extérieur, selon ses propres règles. De ce point de départ somme toute banal, voilà un film à la fois brutal dans ce qu'il dit, mais aussi plein d'humour (parfois très noir comme la scène d'ouverture) et de poésie. D'espoir, malgré tout.

J'ai surtout été émue par l'actrice iranienne Golshifteh Farahani, bannie de son pays par les religieux, qui allie fragilité et force avec un talent éblouissant. Je crois que c'est la première fois que je visionne un film avec elle, et vraiment, cette actrice à un énorme talent...En proie aux doutes pour son futur dans le village en tant qu'institutrice, Govend doit aussi faire face à ses frères...et vous voyez venir le truc: l'honneur de cette fille unique au milieu de 6 frères (si j'ai bien compté) est en jeu. Car bien sûr sa relation avec Baran fait jaser...et si son honneur est questionné, c'est la honte sur sa famille.

My sweet pepper land c'est aussi et surtout le portrait d'une jeunesse qui est enfermée dans les traditions sclérosées et sclérosantes. Un très beau film, porté par le son mystérieux du hang.

 

 

Tag(s) : #Petit & grand écran, #coups de coeur
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